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CHAPITRE XI
Après avoir passé deux Premier jours à Swarthmoor et visité des réunions d'Amis dans les environs, et dans le Westmoreland, j'arrivai chez John Audland où avait lieu une Assemblée générale. La nuit précédente, j'avais vu en songe un pauvre désespéré venu pour me tuer, mais j'étais arrivé à m’en rendre maître. Le lendemain, pendant la réunion arriva un nommé Otway et quelques grossiers personnages. Il chevauchait avec son épée nue, cherchant à s'approcher de moi-; mais l'assemblée étant nombreuse, les Amis se serrèrent autour de moi et l'en empêchèrent. Après plusieurs tentatives enragées, mais inutiles, il finit par se retirer. Ce fut une glorieuse réunion qui s'acheva paisiblement, et la puissance éternelle du Seigneur vint sur nous tous. Cet homme violent rentra chez lui, perdit la raison et mourut peu après. J'allai de là à une Assemblée générale à Langlands dans le Cumberland; elle fut très nombreuse; la plupart des gens avaient abandonné les prêtres, de sorte qu'en quelques endroits les maisons à clocher étaient vides. . Et John Wilkinson,un prédicateur, dont j'ai souvent mentionné le nom auparavant, qui avait trois maisons à cloché, avait si peu d'auditeurs que, renonçant à y prêcher, il fonda une réunion dans sa maison et c'est là qu'il prêcha aux fidèles qui lui restaient. Plus tard il organisa une réunion silencieuse (comme les Amis), et quelques-uns y vinrent. Il continua ainsi jusqu'à ce qu'il ne lui en restât plus qu'une demi-douzaine, les autres l'ayant abandonné pour se joindre aux Amis. A la fin, il venait à Pardshaw Crag (où les Amis avaient une réunion de plusieurs centaines de membres qui venaient se faire instruire par le Seigneur Jésus-Christ) et se promenait autour de la réunion, le Premier jour, comme une âme en peine à la recherche de brebis. A cette époque, j'allai à la réunion de Pardshaw Crag ; Et lui accompagné de ses trois ou quatre fidèles qui lui restaient, vinrent à la réunion ce jour là, et furent tous convaincu. Après la réunions, John Wilkinson me posa deux ou trois questions, auxquelles je répondis à son entière satisfaction; à partir de ce jour, il se rattacha aux Amis, devint un ministre capable, prêcha gratuitement l'évangile et en amena beaucoups à l'enseignement gratuit de Christ. Après avoir persévéré plusieurs années dans le ministère gratuit de Christ-Jésus, il mourut dans la Vérité en l'année 1675. Depuis quelque temps, je me sentais poussé vers l'Ecosse; j'avais envoyé un message au Colonel William Osburn, d'Ecosse, le priant de venir me rencontrer ; il vint avec quelques amis et je partis avec eux, accompagné de Robert Widders, un « vrai fils du tonnerre » contre l'hypocrisie et la pourriture des prêtres. Le premier jour nous eûmes une grande réunion, et plusieurs Professeurs étaient là. Maintenant les Prêtres avaient effrayés avec la doctrine de l'élection et de la réprobation, leurs disant que Dieu avait destiné le majorité des hommes et des femmes à l'enfer. Et que s'ils étaient destinés à l'enfer, peu importe les prières, les prédications, les chants et les bonnes oeuvres qu'ils feraient, tout cela ne servait à rien. Que Dieu en avait élus un certain nombre pour le Paradis; et quoiqu'ils fassent, ils iraient quand même au Paradis,' i.e. David un adultère, et Paul un persécuteur; pourtant tous deux ont été élus pour le ciel. Ainsi ce n'était pas du tout la faute des gens, ni plus ni moins; mais Dieu qui en avait décidé ainsi. Je fus conduit à démontrer aux gens la folie et la fausseté des doctrines de leurs Prêtres, et je leurs montrai que leurs Prêtres abusaient ainsi des écritures, qu'ils amenaient et qu'ils citaient! (Comme dans Jude, et autres endroits) Car puisqu'ils disaient, "il n'y a pas de faute du tout dans une personne ;” Je leurs montrai que la faute était dans Caïn, Koré, et Balaam qui furent, comme il est dit dans Jude, destinés à la condamnation. Car Dieu n'avait-il pas avertit Caïn and Balaam, et n'avait-il pas amené la question à Cain, "Si tu fais bien, ne serait-tu pas accepté?" Et le Seigneur ne fît-il pas sortir Koré hors de l'Égypte, lui et ses compagnons? Malgré qu'il eût été en désaccord contre la Loi de Dieu, et contre son Prophète Moïse? Donc il y eût faute en Caïn, Koré, et Balaam, tout comme il y a faute dans ceux qui s'écartent des voies de l'Éternel pour marcher dans leurs propres voies. Car si ceux qui se nomment Chrétiens: résistent à l'Évangile tout comme Koré résista à la Loi, et errant loins de l'Esprit de Dieu tout comme Balaam, et faire le mal tout comme Caïn ; n'y a t'il pas de faute? La faute est en eux-mêmes, et elle est la cause de leurs réprobation, et ce n'est pas la faute de Dieu. Christ n'a t'il pas dit, "Allez, prêchez l'Évangile du salut à toute les nations?" Il ne les aurait pas envoyés à toutes les nations, afin de prêcher la doctrine du salut, si la majorité des hommes avait été voué à l'enfer. Christ ne fût-il pas l'expitiation pour les péchés du monde entier, pour ceux qui sont réprouvés [rejetés, perdu dans le péché], aussi bien que pour les saints? Il est mort pour tout homme, l'injuste aussi bien que le juste, tel que mentionné dans l'écriture par l'apôtre. 2 Cor 5:15 et Rom 5:6. Et "Il éclaire chaque homme qui vient au monde," afin que par lui tous puissent croire. Et Christ leurs a dit de croire à la lumière; mais tous ceux qui haïssent la lumière, celle dont Christ nous a demandés de croire, sont réprouvés. Encore, "La manifestation de l'Esprit de Dieu est donné à tout homme avec profit;" mais ceux qui vexent, éteignent, et attristent l'Esprit, sont dans la réprobation; et la faute est en eux, ainsi qu'elle est dans ceux qui détestent Sa lumière. L'Apôtre a dit , "La grâce de Dieu, source de salut pour tous ls hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété." Tite 2:11-12. Maintenant tous ceux qui vivent dans l'impiété, et dans la convoitise de ce monde, qui changent cette grâce de Dieu en négligeant de se contenir, et marchent aigrement contre elle, et renient ainsi Dieu, et le SeigneurJesus-Christ qui les a racheté, la faute est dans tous ceux qui tournent la grâce de Dieu en négligeant de se contenir, et qui marchent aigrement contre e qui amène leurs salut, et les sauvent de la réprobation. Mais il semblerait que les prêtre ne voient pas de faute dans le fait de renier Dieu et le Seigneur Jésus-Christ qui les a rachetés, ni de faute dans le fait de renier Sa lumière; la lumière en laquelle ils doivent croire, et en Sa grâce, ce qui les enseignerait à vivre pieusement, et leurs apporteraitleur salut. Maintenant tous ceux qui croient en la lumière de Christ, tel qu'Il a ordonné, font parti de l'élection; et s'asseoient sous l'enseignement de la Grâce de Dieu, qui leur apporte le salut. Mais ceux qui se retournent contre la grâceen rejetant l'autorité sont rejetés par Dieu(la réprobation); et ceux qui haïssent la lumière son dans la condamnation. Par conséquent Je les exhortai tous à croire en la lumière, tel que ordonné par Christ, et de posséder la grâce de Dieu qui enseigne gratuitement; et assurément cela leur amènera le salut: car cela est suffisant. Plusieurs autres écritures furent ouvertes concernant la réprobation, et les yeux des gens s'ouvrirent; puis une source de ve jaillirent du millieux d'eux. Le bruit se répandit en Ecosse, parmi les prêtres, que j'étais venu; ils se mirent à pousser les hauts cris et à prédire que j'allais tout gâter; car ils prétendaient que j'avais déjà corrompu tous les honnêtes gens d'Angleterre; en sorte que, à les en croire, il n'y avait plus que du mal en eux. Là-dessus, ils réunirent de grandes assemblées de prêtres, et firent lire dans leurs diverses maisons à clocher, une série de « Dénonciations » auxquelles l'assemblée devait répondre: « Amen »… Il y avait deux églises indépendantes en Écosse, dans l'une beaucoups furent convaincu; mais le Pasteur de l'autre était dans une grande colère contre la Vérité et les Amis. Ils avaient leurs anciens, qui quelquefois exerçaient leurs dons parmi les membres de l'église, et qui parfois étaient vraiment sensibles; mais leur Pasteur parlait tellement contre la Lumière, et contre nous, les Amis de Christ, il obscurcit ses auditeurs; de sorte qu'il firent aveuglés et les sèches, et ils perdirent leurs sensibilités. Il persista à prêcher contre les Amis, et contre la Lumière de Christ-Jesus, trouvant cela naturel; un jour à la fin de sa prédication il maudit la lumière, et tomba comme mort sur son pupitre. Les gens le portèrent dehors, l'étendirent par terre l'aspergèrent fortement d'eau, ce qui le ramena à la vie; et ils le transportèrent à sa maison, mais il était déprimé. Après un moment il se dépouilla de ses vêtements, mit un tartan Écossais et alla dans le pays parmi les filles de laiteries. Après qu'il eût été parti pendant près de deux semaines il revînt à la maison, et revînt au pupître à nouveau. Sur quoi les gens s'attendaient à quelque grande manifestation ou révélation venant de lui; mais, au lieu de cela, il commença à leur raconter le divertissement qu'il eût; comment une femme lui donna du lait écrémé, une autre du petit lait, et une autre du bon lait: tellement que les gens furent obligés de l'ôter encore une fois de son pupitre, et de l'amener à la maison. Celui qui m'a présenté ce rapport, c'était Andrew Robinson, l'un de ses auditeurs en chef, qui vînt peu après et fût convaincu, et reçu la vérité. Il n'entendit jamais parler qu'il ait pu retrouvé à nouveau ses esprits. Par cela les gens peuvent voir ce qui arrive à celui qui méprisent la Lumière, cette Lumière qui est la vie en Christ, la Parole; et qui est un avertissement pour tous les autres qui profèrent des méchancetés contre la Lumière de Christ. La fureur des prêtres était telle qu'ils écrivirent au Grand Conseil qu'Olivier Cromwell tint à Edimbourg, pour lui présenter des pétitions contre moi. Après avoir exposé les principes des prêtres écossais et les souffrances des Amis, et avoir solidement établi les Amis sur leur fondement qui est Christ, j'allai à Edimbourg, et m'arrêtai en passant à Linlithgow ; la femme de l'aubergiste chez qui je logeais était aveugle; elle reçut la parole de vie et se soumit à l'enseignement de Jésus-Christ son Sauveur. Le soir, il vint une quantité de soldats et d'officiers avec lesquels nous nous entretînmes longuement; quelques-uns furent grossiers avec nous. Après être resté quelque temps à Edimbourg, je me rendis à Leith, où un grand nombre d'officiers vinrent avec leurs femmes, et beaucoup furent convaincus. Après cela nous retournâmes à Edimbourg où s'étaient assemblées des milliers de personnes parmi lesquelles un grand nombre de prêtres, à propos d'une sorcière qu'il était question de brûler. Je leur annonçai le jour du Seigneur. Quand j'eus fini, j'allai à notre réunion où vinrent beaucoup de Baptistes et de gens grossiers. Les Baptistes commencèrent à se vanter, à grand renfort de logique et de syllogismes; mais, fouaillant ces esprits légers et superficiels comme on bat le blé pour en ôter la paille, je fis voir que, d'après leurs fallacieux procédés de discussion, on rendrait blanc ce qui était noir et noir ce qui était blanc; comme si on soutenait, par exemple, que parce qu'un coq est un bipède et que tous les assistants étaient des bipèdes, il s'en suivait qu'ils étaient tous des coqs. On pourrait, de cette façon, rendre vaines toutes les choses sérieuses. Mais ce n'est pas ainsi que Christ et Ses apôtres avaient l'habitude d'enseigner, de parler ou de raisonner. Sur quoi ces Baptistes s'en allèrent, et nous eûmes alors une réunion bénie dans la puissance du Seigneur, qui fut sur nous tous. DEVANT LE GRAND CONSEIL ÉCOSSAIS J'ai déjà indiqué que beaucoup des prêtres écossais, très inquiets de voir les progrès de la vérité et la diminution du nombre de leurs auditeurs qui en résultait, étaient allés à Edimbourg pour présenter une pétition contre moi devant le Grand Conseil. Quand je regagnai mon auberge, un officier m'apporta le message suivant:
Après m'avoir remis cet ordre, il me demanda si j'avais l'intention de me présenter ou non. Je me bornai à lui demander s'il n'avait pas forgé lui-même cette pièce; il soutint que non, que cet ordre émanait bien du Conseil qui l'avait chargé de me le remettre.
Ils me demandèrent alors pourquoi j'étais venu dans ce pays. Ils me demandèrent si j'étais retenu dans ce pays par des affaires. Je répondis: « Non. » Combien de temps je comptais y rester? Je répondis que je ne comptais pas rester longtemps, mais qu'étant libre dans le Seigneur, je restais à la disposition de Celui qui m'avait envoyé. Ils me dirent de me retirer, et le concierge me prenant par le bras me conduisit dehors. Au bout d'un moment, ils me rappelèrent pour me signifier que je devais quitter l'Ecosse dans le délai d'une semaine. Je leur demandai quelle était ma transgression, pour être ainsi banni du pays. Ils répondirent qu'ils n'avaient pas à discuter avec moi. Alors, je les priai de m'écouter, ils refusèrent. Je dis alors qu'Hérode avait bien entendu Jean-Baptiste; ils ne devraient pas se conduire plus mal que lui. Mais ils hurlèrent : « Sortez, sortez. » Le concierge me prit par le bras et me fit sortir. Je restai pourtant à Edimbourg, visitant des Amis dans les environs et les fortifiant dans le Seigneur. Au bout de quelques jours, j'écrivis au Cor:seil pour leur montrer combien ils s'étaient conduits d'une façon peu chrétienne envers moi, en me bannissant, moi, un homme inoffensif qui ne cherchait que leur bien et leur salut éternel... Après avoir passé quelque temps parmi les Amis d'Edimbourg et des environs, je retournai à Heads, où les Amis avaient été soumis à de grandes souffrances; car les prêtres Presbytériens les avaient excommuniés, et avaient interdit à quiconque de leur vendre ou leur acheter quoi que ce soit, non plus que de manger ou de boire avec eux. Ainsi ils ne pouvaient ni vendre leurs marchandises ni acheter ce dont ils avaient besoin, car s'ils avaient réussi à se procurer du pain ou des vivres quelconques chez un de leurs voisins, celui-ci était tellement persécuté et menacé par les prêtres qu'il courait redemander les marchandises aux Amis. Ainsi la vie de ceux-ci était-elle très dure. Heureusement, le colonel Ashfield, juge de paix de cette région, mit un terme aux agissements de ces prêtres. De là, j'allai à Glasgow où une réunion était organisée; mais pas un habitant de la ville n'y vint. Au moment où j'entrai dans la cité, le garde à la porte m'arrêta et me conduisit chez le gouverneur; c'était un homme superficiel mais doué de quelque bon sens; quand j'eus longuement causé avec lui, il me mit en liberté; j'allai donc à la réunion. Voyant que personne ne s'y rendait de la ville, nous annonçâmes la vérité dans les rues; après quoi nous partîmes; et, ayant été voir les Amis dans les environs, nous retournâmes vers Badcow. G. FOX ET LES VOLEURS Nous passâmes ensuite à Stirling où les soldats nous arrêtèrent et nous amenèrent au corps de garde. Après que nous eûmes échangé quelques mots avec les officiers, la puissance du Seigneur vint sur eux et ils nous mirent en liberté. Nous traversâmes ensuite plusieurs autres localités et nous nous arrêtâmes à Johnstons où se trouvaient plusieurs Baptistes qui se montrèrent pleins d'amertume et vinrent discuter avec nous : c'étaient des gens querelleurs et amateurs de disputes oiseuses. Quand ils virent qu'ils ne pouvaient avoir le dessus sur nous dans la discussion, ils allèrent porter plainte contre nous devant le gouverneur; le lendemain, on leva toute une compagnie de soldats et on nous bannit de la ville, Alexander Parker et moi, ainsi que James Lancaster et Robert Widder. Tandis qu'ils nous conduisaient à travers la ville, James Lancaster se mit à chanter d'une voix mélodieuse tandis que j'étais poussé à annoncer au peuple le jour du Seigneur et le glorieux évangile éternel. Les gens s'assemblèrent de telle façon que les rues furent bientôt pleines; les soldats étaient tellement honteux qu'ils déclarèrent qu'ils auraient mieux aimé aller à la Jamaïque que de nous conduire ainsi. Cependant, on nous mit dans un bateau avec nos chevaux, et après avoir traversé l'eau, nous poursuivîmes notre route. UN SERMON SUR LA PLACE DU MARCHÉ Alexander Parker se rendit à la Croix du marché. Il s'y tint debout, une Bible à la main et annonça la vérité, mais les Ecossais étaient des gens ignorants et charnels et ils n'y firent pas attention. Au bout d'un moment, poussé par le Seigneur, je me levai et commençai à annoncer d'une voix sonore la vérité éternelle et le jour du Seigneur qui allait venir sur ceux qui se livraient au péché et à l'iniquité. Sur quoi les gens sortirent en courant de l'hôtel de ville et ils s'assemblèrent en si grand nombre que nous finîmes par avoir une grande réunion; leur séance n'avait été qu'un prétexte pour empêcher la nôtre. RETOUR A EDIMBOURG De cette ville, nous nous rendîmes à Leith, encourageant et exhortant les gens sur notre route, à se tourner vers le Seigneur. A Leith, l'aubergiste m'informa que le Conseil avait donné l'ordre de m'arrêter, parce que je n'avais pas quitté le pays dans le délai de sept jours qui m'avait été imposé. Plusieurs personnes bienveillantes vinrent me dire la même chose; je leur répondis : « Comment ! vous venez me parler de leurs mandats d'arrêt ? Quand il y en aurait une charretée, je n'en aurais cure, car la puissance du Seigneur est sur eux tous.» J'allai de Leith à Edimbourg et de là le Seigneur me commanda de retourner à Johnstons (la ville dont nous venions d'être expulsés) pour manifester au milieu de cette population la puissance et la vérité de Dieu. J'arrivai à Johnstons juste au moment où on levait les ponts; ni officiers ni soldats ne me posèrent de question. Je suivis la rue à cheval jusqu'à la maison du Capitaine Davenport d'où nous avions été expulsés. Il y avait là beaucoup d'officiers; quand ils me virent, ils firent un geste de surprise devant cette apparition inattendue; mais je leur dis que le Seigneur Dieu m'avait envoyé au milieu d'eux, et ils s'en allèrent. Les Baptistes m'envoyèrent une lettre, par manière de provocation, me défiant de discuter avec eux le jour suivant. Je leur fis dire que je les rencontrerais à une telle heure, dans telle maison, à environ un demi mille hors de la ville. Je réfléchis en effet que, si je restais en ville pour discuter avec eux, ils pourraient prendre prétexte de cet entretien pour faire comme précédemment. Le jour fixé, je me rendis au rendez-vous, accompagné par le Capitaine Davenport et par son fils; j'y attendis pendant plusieurs heures, mais personne ne vint. Ce Capitaine Davenport était alors attaché aux Amis; mais plus tard, ayant fait des progrès dans l'obéissance à la Vérité, il fut renvoyé de sa place parce qu'il gardait son chapeau sur la tête et tutoyait les gens. Personne n'étant venu nous partîmes; Alexander Parker voulut retourner à la ville où nous avions tenu une réunion à la Croix du marché. Je me rendis seul aux quartiers du Lieutenant Foster, où je trouvai plusieurs officiers qui furent convaincus. De là, j'allai à la ville où nous avions laissé les deux autres Amis et nous retournâmes ensemble à Edimbourg. Robert Widder était avec moi; nous franchîmes les trois portes sans être examinés et, gagnant les faubourgs, nous nous arrêtâmes avec nos chevaux dans une auberge. C'était le septième jour de la semaine. Je compris alors que nous avions marché contre la gueule des canons et la pointe d'une épée; mais la puissance du Seigneur nous fit tout surmonter. Ce fut une glorieuse réunion où la puissance de Dieu et la gloire de son Fils furent manifestées. Le lendemain, nous repartîmes pour l'Angleterre. Voyageant à travers le pays, j'aperçus de loin la maison à clocher de Dunbar; j'en eus un coup au cœur. Dès mon arrivée, je me dirigeai vers la maison à clocher avec un ou deux amis . Un des principaux personnages de la ville était en train de se promener dans la cour. Je dis à l'un des amis d'aller vers lui et de lui dire que, le lendemain matin, se tiendrait là une réunion de ces gens de Dieu qu'on appelait par dérision « Quakers»; et que nous le priions de l'annoncer aux gens de la ville. Il me fit dire que si nous le désirions, nous pourrions tenir notre réunion à huit heures. Nous acceptâmes. En conséquence, le matin suivant, pauvres et riches arrivèrent; un capitaine de cavalerie qui était en garnison dans la ville vint avec sa troupe, en sorte que nous eûmes une grande réunion où la puissance du Seigneur fut sur tous. Au bout d'un moment, le prêtre arriva et entra dans la maison à clocher; comme nous étions dans la cour, la plupart des gens restèrent avec nous. Les Amis avaient le cœur si plein et ils parlaient d'une voix si haute dans la puissance de Dieu que le prêtre, dans sa maison à clocher, rie put pas faire grande chose ; il sortit vivement, resta debout un moment sur le seuil et se retira. Je montrai aux gens la voie vers Jésus-Christ, je les dirigeai vers la lumière qu'Il avait déjà allumée en eux, afin qu'à cette lumière, ils pussent voir Christ, mort pour eux, se tourner vers Lui et voir en Lui leur Sauveur, leur Maître gratuit. Voyant que les Amis qui m'accompagnaient étaient remplis de la puissance et de la parole du Seigneur, je descendis pour leur laisser annoncer ce que le Seigneur leur avait donné à dire au peuple. Ce fut ma dernière réunion en Ecosse; la vérité et la puissance de Dieu furent manifestées dans ce pays; beaucoup, par la puissance et l'Esprit de Dieu, se tournèrent vers Jésus-Christ, leur Sauveur et leur Maître, qui avait versé son sang pour eux; la vérité a fait depuis lors et continuera à faire de grands progrès en Ecosse. De Newcastle, nous voyageâmes dans les campagnes environnantes, tenant des réunions et visitant des Amis sur notre passage dans le Northumberland et le Bishoprick. LE VÉRITABLE MINISTRE DE L'EVANGILE J'arrivai à Durham, où un homme était venu de Londres pour fonder un Collège destiné à former des « ministres du Christ », comme ils disaient. J'allai, avec quelques compagnons, discuter avec lui et lui montrer qu'enseigner à des hommes l'hébreu, le grec et le latin et les sept arts, c'était insuffisant pour faire d'eux des ministres du Christ. Cet homme reconnut la vérité de ce que nous lui disions. Nous lui fîmes voir ensuite que Christ avait choisi ses ministres Lui-même, qu'Il leur avait accordé ses dons, qu'Il leur avait commandé de prier le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers. Pierre et Jean, quoique incultes et ignorants (pour ce qui est de l'instruction scolaire) ont prêché Jésus-Christ, la Parole qui était au commencement, avant Babel. Paul aussi a été fait apôtre, non de l'homme ni par l'homme (pas plus qu'il n'a reçu l'évangile d'un homme), mais de Jésus-Christ, qui est le même aujourd'hui qu'alors, et dont l'évangile aussi est resté le même. Quand nous nous fûmes ainsi entretenus avec cet homme, il se montra plein de douceur et d'affection; et après y avoir réfléchi, il renonça à ouvrir son collège. |
