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Les pages suivantes texte d'intérim fourni de : Le Journal de George Fox
Traduit de l'anglais par Madame P. Bovet
Editions " JE SERS " Paris
S. C. E. L. 1935
Copyright 1935 by Société Commerciale d'Edition et de Librairie
CHAPITRE II
Service et souffrances dans les Midlands 1649-1651
Le matin d'un « Premier jour », je me rendis avec des Amis à une réunion à Nottingham. En arrivant sur le sommet d'une colline d'où l'on voyait la ville, j'aperçus la grande maison à clocher, et le Seigneur me dit: « Tu dois aller là-bas protester contre cette idole, et contre tous les adorateurs qui y sont rassemblés. » Je ne dis rien aux Amis qui m'accompagnaient et j'allai avec eux à la réunion, où la puissance du Seigneur se fit sentir parmi nous; puis je me dirigeai vers la maison à clocher. Quand j'y arrivai, l'auditoire me fit l'effet d'un champ en friche dont le prêtre (semblable à un gros bloc de terre) se tenait dans la chaire au-dessus d'eux. Il prit pour texte cette parole de Pierre (2 Epíste de Saint Pierre, 1:19) : « Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole des prophètes, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à luire et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs. » Et il dit aux fidèles qu'il s'agissait des Écritures, pierre de touche de toutes doctrines, toutes religions, toutes opinions. La puissance du Seigneur fut si forte en moi que je n'y pus tenir et que je me sentis poussé à m'écrier: « Oh ! non, ce ne sont pas les Écritures qui sont la vraie pierre de touche ! »
C'est le Saint-Esprit, c'est lui qui a inspiré aux saints hommes de Dieu les Ecritures, car il donne ainsi la connaissance de toute Vérité. Les Juifs avaient les Ecritures, et cependant ils ont résisté à l'Esprit-Saint et ils ont rejeté le Christ, l'étoile brillante du matin. Ils ont persécuté Christ et ses apôtres, et ils ont prétendu éprouver leurs doctrines par les Ecritures, mais leur jugement a erré, et leur examen a été faux, parce qu'ils l'ont fait sans le secours du Saint-Esprit.
PREMIER EMPRISONNEMENT
Tandis que je parlais ainsi, les gendarmes vinrent et m'emmenèrent. Ils me mirent dans une vilaine prison empestée.
Mais ce jour-là, la puissance du Seigneur résonna à leurs oreilles, et pendant quelque temps, continua à se faire entendre en eux. Le soir, on m'emmena devant le maire, les conseillers et les shérifs de là ville. Quand je fus introduit devant eux, le maire était irrité et de mauvaise humeur; mais la puissance du Seigneur l'adoucit. Ils m'examinèrent à fond; et je leur dis comment j'avais été inspiré par Dieu. Au bout de quelques minutes d'entretien, ils me renvoyèrent en prison.
Un peu plus tard, le shérif principal, dont le nom était John Reckless, me fit venir dans sa maison. Sa femme vint à ma rencontre dans le corridor et dit : « Le salut est entré dans notre maison. » La puissance du Seigneur était à l'œuvre en elle, et agissait dans son mari, ses enfants et ses domestiques. Je logerai chez eux et nous eûmes de grandes réunions dans sa maison. Quelques personnes de haute condition vinrent, et la puissance de Dieu agit en elles.
Ainsi ce shérif fit appeler l'autre shérif, qui était son associé ainsi qu'une femme avec laquelle ils avaient été en relations d'affaires; et il lui dit qu'ils lui avaient tous deux fait tort dans ses affaires et qu'ils devaient réparer ce tort. Il disait cela gaîment. L'autre shériff nia, et la femme dit qu'elle ne savait rien de cette affaire. Mais le bon shériff insista, affirma que l'autre savait fort bien à quoi s'en tenir; et ayant expliqué ce dont il s'agissait et évalué le tort fait à la femme, il lui restitua son dû et exhorta son associé à en faire autant, et la puissance de Dieu opéra en lui un tel changement qu'il eut, lui aussi, de grandes révélations et prêcha au peuple, dans les rues, la repentance.
Plusieurs autres dans la ville furent également poussés à parler au maire, aux magistrats, au peuple. Sur quoi les magistrats furent très irrités; ils me firent chercher chez le shériff et me remirent dans la prison commune. Quand vint le jour des Assises, un assistant se leva et offrit de prendre ma place.
La puissance du Seigneur était à l'œuvre parmi les Amis; mais les gens commencèrent à se montrer grossiers et le gouverneur du château envoya des soldats pour les disperser. Mais, les prêtres et le peuple étaient étonnés de la merveilleuse puissance qui se déployait; plusieurs des prêtres furent touchés, et quelques-uns rendirent témoignage à la puissance du Seigneur.
Après avoir été relâché de la prison, je travaillai comme auparavant à l'œuvre du Seigneur. Arrivant à Mansfield Woodhouse, je vis une femme démente entre les mains d'un docteur; elle avait les cheveux dénoués et il était sur le point de la saigner, après l'avoir liée; beaucoup de gens étaient autour d'elle, la maintenant de force; mais il ne parvenait pas à la saigner. Je les priai de défaire ses liens et de la laisser tranquille, car ils n'avaient aucune puissance sur son esprit, siège de la maladie qui la tourmentait. Ils obéirent. Alors mû par l'Esprit de Dieu je lui parlai et lui commandai au nom du Seigneur de se calmer, ce qu'elle fit. Quelque temps après elle fut guérie, et plus tard elle reçut la vérité et y persévéra jusqu'à sa mort. Beaucoup de choses grandes et merveilleuses furent accomplies par la puissance céleste, en ces jours-là.Et le Nom du Seigneur fut honoré; celui à qui appartient la gloire de ses oeuvres.
Plusieurs grandes et merveilleuses choses furent produite par la puissance céleste en ces jours ; car le Seigneur fit découvrir son bras omnipotent, et manifesta sa puissance au grand étonnement de plusieurs; À travers la vertue guérissante de sa puissance, Beaucoups furent guérit de leurs maladies graves, et les démons furent amenés à se soumettre à son nom; dont certains exemples qui pourraient être donnés, sont au delà de ce que cet age incrédule est capable de recevoir ou de supporter. Que soit béni pour toujours le nom du Seigneur, et puisse t-il être honoré à jamais, et au dessus de toute exaltation et d'amplitude par son bras puissant et glorieux par lequel Il a accompli glorieusement: Que l'honneur et la louange de tous ces oeuvres soit à Lui seul.
Pendant que j'étais à Mansfield Woodhouse, je fus poussé à aller dans la maison à clocher, un Premier-jour, en revenant de la réunion de Mansfield, et à annoncer la vérité aux prêtres et aux fidèles; mais ceux-ci tombèrent sur moi avec furie, me renversèrent et faillirent m'étouffer; je fus cruellement battu et meurtri par les coups qu'ils m'assénaient avec leurs mains, leurs Bibles et leurs cannes. Alors ils me traînèrent dehors, bien que je pusse à peine me tenir debout; et ils me mirent au pilori pendant quelques heures ; ils apportèrent alors des cravaches et des fouets, menaçant de me battre, et me jetèrent des pierres. Au bout de quelque temps, ils m'amenèrent devant le juge, dans la maison d'un chevalier, où se trouvaient beaucoup de personnes de rang élevé, qui, voyant combien j'avais été maltraité, après beaucoup de menaces, me remirent en liberté. Mais ces gens brutaux me chassèrent à coups de pierres, et me menacèrent de leurs pistolets pour leur avoir annoncé la parole de vie. Je pouvais à peine me tenir debout et bouger par suite des mauvais traitements que j'avais subis; cependant, j'arrivai, au prix de grands efforts, à m'éloigner de la ville d'environ un mille; là, je rencontrai des personnes qui me donnèrent un remède pour me soulager; car j'avais des contusions internes; mais la puissance du Seigneur fut sur moi et me guérit. Ce jour-là, quelques personnes crurent à la vérité du Seigneur, et obéirent à Sa loi, ce dont je me réjouis.
Il y avait quelques Baptistes dans ce pays, avec qui je désirais avoir rencontre afin de parler, parce qu'ils s'étaient séparés de l'adoration publique. Ainsi Oats, un de leurs chefs enseignants, et les autres qui étaient à leur tête, également accompagnié de plusieurs, vinrent nous rejoindre à Barrow, où nous avons discuté avec eux. L'un d'entre eux déclara, “ce qui n'est pas de la foi, est péché.” Sur cela je leur demandai, qu'est-ce que la foi? et comment fût-elle crée dans l'homme? Mais ils se détournèrent du sujet, et parlèrent de leur baptême dans l'eau. Alors je leur demandai, si leur montagne de péché avait été réduite, et si elle avait diminuée en eux? Et si leurs voies rudes et tordus étaient redressés et aplanit en eux? Ils regardèrent dans les écritures afin d'y trouver la signification extérieure de mountagnes et de voies; Mais je leur ai dit qu'ils devaient trouver cela dans leurs propres coeurs; mais ils semblaient ne pas comprendre. Nous leur avons demandé, qui avait baptisé Jean le Baptiste? qui baptisa Pierre, Jean, et le reste des apôtres? Et nous leur avons demandé de prouver cela par les écritures, que ceux-ci furent baptisés dans l'eau: mais ils restèrent silencieux.
En partant de là, j'entendis parler de gens qui étaient en prison à Coventry pour des motifs religieux. Comme je me dirigeais vers la prison, la parole du Seigneur me fut adressée en ces termes: « Tu as toujours été l'objet de mon amour, et tu es dans mon amour. » Je fus transporté de joie et mon être intérieur en fut grandement fortifié. Mais quand j'arrivai à la maison où étaient les prisonniers, des ténèbres me saisirent. Je demeurai tranquille, laissant mon esprit se recueillir dans l'amour de Dieu. A la fin, ces prisonniers commencèrent à pérorer, à se vanter et à blasphémer, ce qui m'affligeait grandement.
« PAS SON PAREIL EN ANGLETERRE »
De Coventry, j'allais à Atherstone. Tandis que j'étais à deux milles de la ville, j'entendis la cloche sonner et j'en eus un coup au cœur; et je me senti poussé à aller dans la maison à clocher. Quand j'y arrivai, je trouvai un homme qui parlait. Tandis que j'étais debout au milieu de l'assemblée, la gloire et la vie divines brillèrent sur nous tous, et j'en fus illuminé. Quand le prêtre eut fini, je lui annonçai ainsi qu'au peuple la vérité et la lumière, qui leur feraient connaître leurs fautes et le Guide intérieur qui était en eux ; je leur dis comment le Seigneur était venu pour les enseigner Lui-même, et cela les irrita et les mit en rage. Quelques-uns dirent que j'étais fou et conseillèrent à mes parents de me lier, mais la vérité brilla sur eux tous.
Alors, j'allai à Market-Bosworth, et là aussi il y avait une assemblée. Celui qui prêchait ce jour-là était Nathanael Stephens, qui était prêtre dans ma ville natale. Il se mit dans une grande colère quand je parlai, à lui et au peuple, et il leur dit que j'étais fou (quoiqu'il eût dit auparavant à un certain Colonel Purefoy, qu'il n'existait pas mon pareil en Angleterre), et il dit aux gens de ne pas m'écouter. Ainsi le peuple, excité par ce prêtre déloyal, se jeta sur nous et nous chassa de la ville à coups de pierres.
En traversant les marchés, les foires et autres lieux, je voyais la mort et les ténèbres qui régnaient sur tous les hommes que la puissance du Seigneur n'avait pas saisis. En passant dans le Leicestershire, j'arrivai à Twy-Cross, où se trouvaient des collecteurs d'impôts. Je me sentis poussé par le Seigneur à leur parler, les exhortant à ne pas opprimer les pauvres, et les gens ne furent très frappés. Il y avait dans cette ville un grand homme, qui était depuis longtemps malade, et que les médecins avaient abandonné. Quelques Amis de la ville me prièrent d'aller le voir. J'allai vers lui dans sa chambre, et lui annonçai la parole de vie, et je priai avec lui et suppliai le Seigneur de lui rendre la santé.
Quand je fus descendu dans une chambre au rez-de-chaussée, tandis que je parlais aux domestiques et à quelques personnes qui se trouvaient là, un des domestiques de la maison arriva d'une chambre voisine en médisant de moi; il avait une épée nue à la main, et avant que j'eusse pu me rendre compte de ce qui se passait, il se précipita vers moi et chercha à me frapper au côté. Je le regardai en face et lui dis: « Pauvre homme! Que me veux-tuavecton arme charnelle ( En anglais : « carnal weapon » ) ? Elle n'estqu'unbrin de paille pour moi. » Les assistants furent très impressionnés, et il s'en alla plein de rage. Ainsi la puissance du Seigneur me préserva et elle eleva le malade, selon ce que j'avais demandé et attendu pour lui; il devint ensuite très attaché aux Amis et, quand je retournai dans cette ville, lui et sa femme vinrent me voir.
Après cela, je fus poussé à aller en Derbyshire, où la puissance de Dieu agissait parmi les Amis. Et j'allai à Chesterfield, où se trouvait un prêtre du nom de Britland. Il était plus éclairé que la plupart des prêtres, car il avait rendu témoignage à la Vérité avant de devenir prêtre dans cette ville ; mais quand le titulaire de la paroisse de Chesterfield mourut, il lui succéda et cela le perdit. Je me sentis poussé à lui parler, ainsi qu'aux fidèles, afin qu'ils puissent renoncer à tout enseignement humain pour être enseignés par Dieu. Mais ils me traduisirent devant le maire et je fus envoyé, avec d'autres, à la Maison de détention. Cependant les jugements de Dieu s'exercèrent peu après sur ce prêtre: il fut retranché des vivants et mourut. Dans la nuit, les officiers de police, avec les hommes de garde, nous firent sortir de la ville et nous laissèrent libres.
SIX MOIS DE PRISON POUR BLASPHÈME
A Derby, je logeai chez un docteur dont la femme fut convertie ainsi que plusieurs autres personnes de cette ville. Tandis que j'allais et venais dans ma chambre la cloche de l'église sonna, j'en eus un coup au cœur. Je demandai à la femme la cause de cette sonnerie. Elle me dit qu'il devait y avoir une grande réunion ce jour-là, que beaucoup d'officiers de l'armée, de prêtres et de prédicateurs devaient y assister, entr'autres un colonel qui y prendrait la parole. Alors je fus poussé par le Seigneur à aller leur parler; quand le prêtre eut fini, je dis ce que Dieu m'avait inspiré. L'assemblée se tint assez calme, mais un officier survint et me prit par la main, afin de me mener, moi et mes deux compagnons, devant les magistrats. Il était environ une heure aprèsmidi, quand nous comparûmes. Les magistrats nous demandèrent pourquoi nous étions allés là-bas; je leur répondis que « Dieu nous y avait envoyés » ; et j'ajoutai: « Dieu ne demeure pas dans les temples faits de main d'homme. » Je leur dis aussi que toutes leurs prédications, leurs baptêmes et leurs sacrifices ne les sanctifieraient pas; qu'ils devaient regarder à Christ en eux mêmes, et non pas aux hommes, car c'est Christ qui sanctifie. » Alors ils se mirent à discourir longuement. Je leur dis qu'ils ne devaient pas disputer sur Dieu et sur Christ, mais lui obéir. La puissance de Dieu se manifesta au milieu d'eux, et ils furent dispersés comme des fétus de paille. Ils me firent entrer et sortir plusieurs fois de la chambre, ils passèrent huit heures à m'examiner. Parfois ils me disaient, d'un ton sarcastique, que j'étais en proie à des transes. Enfin ils me demandèrent si j'étais sanctifié. Je leur répondis : « Sanctifié? oui, certes ! » car j'étais à ce moment-là dans le paradis de Christ. Alors, ils me demandèrent si j'étais sans péché. Je répondis : « Le péché! Christ, mon Sauveur a ôté mon péché, et, en lui, il n'y a pas de péché. » Ils nous demandèrent, pour nous tendre un piège, si l'un de nous était le Christ. Je répondis: « Non, nous ne sommes rien, Christ est tout. » Ils dirent: « Si un homme vole, n'est-ce pas un péché? » Je répondis: « Toute injustice est un péché. » Enfin, quand ils furent fatigués de m'examiner, ils me condamnèrent moi et un autre comme blasphémateurs, à passer six mois dans la Maison de détention de Derby.
Au bout de quelque temps, celui qui avait été condamné avec moi, cessant d'être fidèle à son témoignage, s'arrangea avec le geôlier, et, par son canal, obtint des juges la permission d'aller voir sa mère; ainsi fut-il mis en liberté. Le bruit courut alors qu'il prétendait que je l'avais ensorcelé et induit en erreur; mais après son départ je fus fortifié en esprit. Les prêtres et les soidisant hommes pieux, les magistrats et le geôlier étaient tout remplis de rage contre moi. Le geôlier surveillait mes actes et mes paroles et me posait souvent des questions pour me tendre un piège; et quelquefois il me demandait des choses stupides, par exemple si la porte était verrouillée ou non, pensant tirer de moi quelque réponse malavisée et irréfléchie pour me prendre en faute; mais Dieu veillait sur moi; en sorte qu'ils ne purent me trouver en défaut et ils s'en étonnèrent.
Peu de temps après ma condamnation, je me sentis poussé à écrire aux prêtres et aux magistrats de Derby, ainsi qu'au maire de Derby qui, bien qu'il n'eût pas signé le mandat de dépôt, avait aussi contribué avec les autres, à m'envoyer en prison.
J'écrivis aussi au Comte de Derby comme suit:
« Je suis poussé à vous écrire, vous priant de veiller à ne pas opprimer les pauvres dans vos tribunaux, à ne pas mettre sur eux des fardeaux qu'ils ne peuvent porter; à ne pas leur imposer de faux serments, en leur faisant prendre des engagements qu'ils ne peuvent tenir. Le Seigneur a dit: « Mon jugement s'approche, il s'exercera promptement contre les sorciers, ceux qui prêtent de faux serments, les idolâtres, et ceux qui oppriment les veuves et les orphelins. »
Pendant que j'étais en prison, beaucoup de gens vinrent discuter avec moi; et avant qu'ils eussent parlé je sentais qu'ils étaient venus plaider pour le péché. Je leur demandai s'ils étaient des croyants, s'ils avaient la foi. Ils me répondirent que oui. « En qui? » Et ils dirent: « En Christ. » Je continuai: « Si vous croyez véritablement en Christ, vous avez passé de la mort à la vie; vous avez donc aussi échappé au péché qui mène à la mort. Et si votre foi est véritable, elle vous donnera la victoire sur le péché et sur le Démon, elle purifiera vos cœurs et vos consciences (car la vraie foi repose dans une conscience pure), elle vous amènera à plaire à Dieu, et vous donnera accès auprès de Lui. » Mais ils ne pouvaient supporter d'entendre parler de pureté, de victoire sur le péché et sur le Démon; car ils ne croyaient pas qu'on pût être affranchi du péché ici-bas. Je les priai dene point parler aussi légèrement des Ecritures, - qui étaient les paroles d'hommes saints, - tout en plaidant pour le péché.
LA VISION DU GEOLIER
Le geôlier, qui était un homme très pratiquant, il s'irrita fortement et parla très méchamment de moi, mais il plut un jour au Seigneur de le frapper de tel manière, qu'il fût très désemparé, de même que son esprit devînt terrifié. Comme je marchais dans ma chambre, j'entendis un bruit dolent, je restai tranquille, je l'entendis dire à son épouse, 'Femme, j'ai vu le jour du jugement; et j'y ai vu George , et j'avais peur de lui, car je lui ai fait beaucoup de mal et j'ai dit tant de mal de lui aux prêtres, aux gens pieux et aux juges dans les tavernes et dans les auberges!' Après cela, vers le soir, il monta dans ma chambre et me dit, ' J'ai été contre vous, comme un lion; mais je viens comme un agneau, semblable au geôlier qui est venu tremblant vers Paul et Silas.' et me demanda la permission de loger avec moi; Je lui dit que j'étais sous sa garde, qu'il pouvait faire ce qu'il voulait: mais il me dit non, car il voulait me relacher; et qu'il désirait pouvoir demeurer toujours avec moi, mais non pas comme son prisonnier.' Il me dit, 'qu'il avait été frappé d'un fléau, et que toute sa maison avait été d'un fléau à cause de moi.' Je lui permis donc de loger avec moi. Et il m'ouvrit tout son cœur. Il me dit croire tout ce que j'avais dit de la foi et de l'espérance véritables; et il s'étonna que mon compagnon de captivité ne croyait pas et qu'il lui ait dit; '' que je n'avais pas raison, mais que j'étais un honnête homme.'' Il me confia aussi, toutes ces fois où je lui avais demandé de me laisser aller afin que j'aille porter la Parole du Seigneur aux gens, qu'il refusait de me laisser aller, que je déposais un poids sur lui, qu'il fût très troublé, étonné, et parfois presque confus, dans une condition telle que ses forces l'avait abandonné. Quand le matin vint, il alla vers les magistrats et leur dit que lui et sa maison avaient été frappés d'un fléau à cause de moi; et l'un des juges lui répondit (comme il me le raconta ensuite), que le châtiment reposait sur eux aussi pour m'avoir maintenu en prison. C'était le juge Bennett, de Derby, celui qui fut le premier à nous appeler « Quakers » , parce que nous les faisions trembler (To quake = trembler. Voir également. ) en leur annonçant la Parole du Seigneur. Cela se passait en 1650.
Après cela, les juges me permirent de me promener à peu près un mille autour de ma prison, espérant que je m'évaderais. Mais je n'étais pas homme à agir ainsi. Ce geôlier avait une sœur, une jeune femme maladive. Elle vint me visiter dans ma chambre, et après qu'elle fut restée quelques moments, et que je lui eus annoncé la parole de Vérité, elle descendit et dit que non seulement nous ne faisions de tort à personne, mais, qu'au contraire, nous faisions du bien même à ceux qui nous haïssaient, et elle poussa à se montrer indulgents envers nous.
Comme, par suite de mon incarcération, je ne pouvais voyager pour annoncer et répandre la Vérité dans les campagnes, j'eus l'idée d'écrire un article et de le faire distribuer parmi les Amis et les gens bien disposés, pour développer en eux l'intelligence de la Vérité et les conduire au Maître véritable.
C'était écrit ainsi :
LE Seigneur montre à l'homme les pensées de celui-ci, et dévoile toute choses secrètes se trouvant dans l'homme . Et l'homme peut ainsi voir ses mauvaises pensées, son esprit vagabond, et ses imaginations futiles, et ainsi s'efforcer à les maîtriser, et garder son esprit pur; mais il ne peut les surmonter, ni garder sa pensée dans le Seigneur. Dans cet état et cette condition soumise à l'Esprit du Seigneur qui leur montre, et qui les amènera à s'attendre au Seigneur ; et Et celui qui les a dévoilé les détruira . Par conséquent demeurez dans la foi du Seigneur Jésus-Christ, (Lui qui est le véritable auteur de la véritable foi), occupez vous de Lui ; car Il dévoilera la racine des désirs, des mauvaises pensées, et des imaginations futiles ; et la manière dont elles sont engendrés, conçut, et reproduit ; et comment elles sont ainsi amenés, et comment chacun des mauvais membres oeuvre. Il dévoilera chaque principes de leur nature et racine.
Ainsi obéissez à la foi de Christ, et à l'onction qui est en vous, afin d'être enseigner par elle , qui dévoilera tous ce qui oeuvre en vous. Alors qu'Il vous enseigne, obéissez et repentez-vous ; autrement vous ne grandirez pas dans la foi, ou dans la vie de Christ, là où l'amour de Dieu est reçu. Maintenant l'amour crée l'amour, sa propre nature et image : et lorsque la miséricorde et la joie se rencontrent , quelle joie il y a! La Miséricorde triomphe du jugement ; et l' amour et la miséricorde supportent le jugement du monde avec patience. Ce qui ne peut supporter le jugement du monde n'est pas l'amour de Dieu; car l'amour supporte toute chose, et est au dessus du jugement du monde ; car le jugement du monde n'est que folie. Bien que cela est le jugement du monde et la pratique de rejeter la souillure qu'il y a aux milieux d'eux sur les saints, leur jugement est faux. Les vierges chastes suivent Christ l'agneaux qui enlève les péchés du monde ; mais ceux qui sont de cet esprit qui n'est pas chaste, ne suivront pas les traces de Christ l'agneaux, mais ils sont désobéissants envers lui dans ses commandements . La pensée charnelle s'occupe de ce qui est charnel, a des propos charnels, et sa connaissance est charnelle, et non pas spirituelle ; la saveur de la mort plutôt que , l'esprit de vie. Certain hommes ont la nature d'un porc se vautrant dans la boue. Certain ont une nature de chien, et mordent l'agneaux et se mordent entre eux. Quelques uns ont la nature d'un lion, pour effrayer, dévorer et détruire. Certains ont une nature de loup, dévorant les agneaux et les brebis de Christ : et certains ont une nature de serpent, (ce vieil adversaire), pour piquer, envenimer, et empoisonner. "Que celui qui a une oreille pour entendre, qu'il entende," et qu'il apprenne ses choses en lui-même. Certains hommes ont des natures de d'autres bêtes, ne désirant rien d'autre que les choses terrestres et visibles, se nourrissant sans avoir la crainte de Dieu. Certains ont la nature d'un cheval, pour se pavaner et s'évaporer dans leur force, et être prompt à faire ce qui est mal. Quelques uns ont la nature d'un grand chêne robuste, pour fleurir et se répandre en sagesse et en force, qui sont forts dans le mal, qui doit périr et venir au feu.
Ainsi le mal n'est rien d'autre qu'un pour tous , mais il oeuvre de différente manières; et quelque soit la nature extérieure à laquelle l'homme ou la femme est associé, le mal les revêtira, et favorisera sa nature et son appétit, pour garder son esprit dans ses invention et dans les créatures , qui viennent du créateur. Oh! Par conséquent ne laissez pas la pensée s'éloigner de Dieu ; car si cela se produit, elle sera entaché, envenimé, et corrompu. Si l'esprit s'éloigne du Seigneur, il est difficile de le ramener à nouveau: par conséquent prenez garde à l'ennemie, et gardez la foi de Christ. Oh! Par conséquent ayez à l'esprit ce qui est éternel et invisible, et celui qui est le Créateur et qui fait mouvoir toute choses : car les choses qui sont fait, ne sont pas fait de choses qui sont apparentes; car ce qui est visible couvre la vision de l'invisible en vous. Mais comme le Seigneur, qui est invisible, vous ouvre par sa puissance et son Esprit invisible, et défait l'esprit charnel qui est en vous ; de sortes que les choses qui sont immortelles et invisibles sont amenés à la lumière en vous. Oh! Par conséquent vous qui connaissez la lumière, marchez dans la Lumière ! Car il y a des fils des ténèbres qui parleront de la lumière, et de la vérité, mais qui n'y marchent pas ; mais l'enfant de la lumière aime la lumière, et marche dans la lumière. Mais le fils des ténèbres marche dans les ténèbres, et méprise la Lumière. En eux la convoitise mondaine et l'esprit charnel étouffe la semence de la foi, qui apporte l'oppression sur la semence ainsi que la mort sur eux-mêmes. Oh! Par conséquent consacrez vous à l'Esprit pur du Dieu Éternel, qui vous enseignera à utiliser les bonnes créatures à leurs vraies places, et qui juge le mal. À Toi, Oh Dieu, soit toute Gloire et honneur, toi qui est le Dieu de tous ce qui est visible et invisible! À toi seul appartient toute louange, sortit hors des profondeurs de toi-même , Oh Dieu tout-Puissant! Toi qui est digne de toute gloire! Car le Seigneur qui créa toutes choses, et qui donne la vie et la force à toutes choses, est au dessus de tous et miséricordieux envers tous. Ainsi Toi, qui a fait toutes choses, et qui est au dessus toute choses, à Toi soit toute gloire! En toi est ma force, mon rafraîchissement, est ma vie, ma joie et mon bonheur, ma réjouissance et gloire à jamais ! Vivre et marcher dans l'Esprit de Dieu c'est joie, paix et vie ; mais la pensée qui s'en va ainsi dans les créatures, ou à l'intérieur de toute chose évidente loin du Seigneur, ceci amène la mort. Lorsque l'esprit entre dans la chair, et dans la mort, l'accusateur se retrouve au dedans, et la loi du péché et de la mort entre dans la chair. Alors la vie souffre en vertu de la loi du péché et de la mort, et alors il y a des rectitude et des faiblesses. Car alors le bien est interrompu, et le pharisaïsme est mit de l'avant. Alors l'homme oeuvre dans la loi extérieure ; et ne peut se justifier lui-même de par la loi, mais il est condamné par la lumière :parce qu'il ne peut pas sortir de cette condition, excepté en demeurant dans la Lumière, se reposant dans la miséricorde de Dieu, et croyant en Lui qui est la source de toute miséricorde. Car la paix se trouve dans le repos dans le Seigneur Jésus. Ceci est le chemin étroit conduisant à lui, la vie; mais peut demeureront en cela. Par conséquent continuez dans l'innocence, et soyez obéissant à la foi en Lui. Prenez garde de ne pas vous conformer au monde, et de ne pas résonner avec la chair et le sang, car cela apporte la désobéissance ; et alors les imaginations et les questionnements se lèvent, pour nous éloigner de notre obéissance à Christ. Mais l'obéIssance de la foi détruit les imaginations, les questionnements et les résonnements, avec toutes les tentations de la chair, les vibrations, regardant en l'avant, et recherchant les choses du passé. Mais, en ne restant pas dans la vie et la lumière, en ne traversant pas par la puissance de Dieu, la volonté la volonté corrompu, la nature mauvaise grandi dans l'homme ; alors les fardeaux viendront, et l'homme sera souillé par cette nature. Mais la montagne d'Ésaü sera dévasté, et deviendra un désert, où se trouvent les dragons ; Mais Jacob, le deuxième né , sera fructueux et il se lèvera. Car Ésaü est haït, et ne doit pas être seigneur; mais Jacob, le deuxième né, qui est parfait et qui se distingue , sera seigneur; car il est bien aimé de Dieu.
George Fox
Pendant que j'étais dans la Maison de détention, mes parents vinrent me visiter. Affligés de me voir en prison, ils allèrent trouver les juges et demandèrent à m'emmener avec eux, se portant caution pour une somme de cent livres, que je n'irais plus prêcher dans cette ville contre les prêtres ; et d'autres gens de Derby se joignirent à eux pour offrir cinquante livres, chacun dans le même but.
Mais, traduit devant les juges, je refusai de consentir à ce que ni ma famille ni personne se portât garant pour moi (car j'étais innocent de tout acte délictueux et leur avais au contraire annoncé la parole de vie et de vérité). Le juge Bennett se leva alors en furie. Comme je m'agenouillais pour prier le Seigneur de lui pardonner, il courut à moi, et me frappa de ses deux mains, criant: « Emmenez-le, geôlier, emmenez-le. » Là-dessus, je fus renvoyé en prison, et j'y restai jusqu'à ce que le délai de six mois fût expiré. Mais j'avais la permission de me promener l'espace d'un mille et j'en usais librement. Quelquefois, j'allais au marché et dans les rues, et j'exhortais les gens à se repentir de leur méchanceté; après quoi je retournais en prison.
G. FOX ET LE MILITAIRE
Pendant que j'étais encore à la Maison de Détention, je vis venir à moi un militaire qui me raconta que tandis qu'il était assis dans une maison à clocher, écoutant un prêtre, il s'était senti profondément troublé parce qu'il avait entendu la voix du Seigneur lui dire: « Ne sais-tu pas que mon serviteur est en prison? Va vers lui et demande-lui de te diriger. » Alors je lui parlai conformément à son état, et son intelligence fut ouverte. Je lui dit alors que Celui là même qui lui a montré ses péchés, et pour lesquels il fut troublé, lui montrerait son salut; car celui qui montre à l'homme ses péchés, c'est celui là même qui les lui enlève. Tandis que je lui parlais, La puissance du Seigneur ouvrit son entendement de sorte qu'il puisse avoir une bonne compréhension dans la vérité du Seigneur, et afin de le sensibiliser à la miséricorde de Dieu.
IL EST INVITÉ A ENTRER DANS L'ARMÉE
Le temps de ma peine à la Maison de détention étant presque écoulé, comme l'on cherchait à faire beaucoup de nouvelles recrues, les officiers recruteurs auraient voulu que je fusse nommé capitaine; et les soldats eux-mêmes crièrent qu'ils n'en voulaient pas d'autre que moi. On m'offrit donc, comme une faveur, d'entrer dans l'armée au service de la République, contre Charles Stuart. Je leur dis que je savais que « toutes les guerres venaient de la convoitise, selon la doctrine de (saint) Jacques; et que je vivais sous une puissance qui supprime la cause de toute guerre.» Mais ils insistèrent pour que j'accepte leur offre, croyant que je faisais des façons. Je leur dis que j'étais entré dans l'alliance de paix qui existait avant toutes les guerres et toutes les luttes et que si c'était là leur amour et leur bonté, je les foulais aux pieds!
Alors ils se mirent en rage, et me firent jeter dans le donjon, avec les criminels et les félons; un endroit puant, plein de vermine, sans lit, en compagnie de trois félons. Ils m'y retinrent presque six mois, avec la certitude que je n'en sortirais pas vivant; mais j'avais foi en Dieu, et pensais que je serais délivré quand Dieu le jugerait bon. Le Seigneur m'avait, en effet, dit à l'avance que je ne sortirais pas encore de cet endroit, et que j'avais là une mission à remplir.
G. FOX ET LA JUSTICE
Pendant ce temps d'emprisonnement, je fus extrêmement préoccupé de la procédure des juges et des magistrats dans leurs tribunaux ; de leur façon de condamner les gens à mort, pour des vols de bétail, d'argent et de choses sans importance; Dieu m'inspira de leur écrire pour leur montrer combien c'était contraire à la loi de Dieu dès les anciens temps. Je souffrais grandement en pensant à cela, et je me sentais triste jusqu'à la mort; mais comme je demeurais dans la volonté de Dieu, un souffle céleste s'éleva dans mon âme,je me réjouis et rendis grâces à Dieu!
Je vis deux hommes, condamnés pour des fautes légères; je fus poussé à les reprendre pour leurs larcins, et à les encourager à subir la peine qui leur avait été imposée, et qui était contraire à la loi de Dieu. Quelque temps après, tandis que je marchais, je les vis en esprit, et sus que tout allait bien pour eux ...
Je démontrai, en outre, aux juges combien il était déplorable de laisser les prisonniers si longtemps en prison; car ils s'y corrompaient mutuellement en se racontant leurs mauvaises actions: j'étais plein de compassion pour l'humanité et je demeurais dans la crainte du Seigneur. Les gens s'étonnaient que je fusse ainsi préservé et gardé; car ils ne purent se servir d'aucune de mes actions ni d'aucune de mes paroles comme arme contre moi. Pendant tout le temps que je passai en prison, la puissance infinie du Seigneur me soutint et me préserva. Que la louange et la gloire lui en soient à jamais rendues !
Il y avait également en prison une jeune femme qui avait dérobé quelque argent à son maître. Comme elle allait être condamnée à mort, j'écrivis au juge et au jury à son sujet, leur montrant combien il avait toujours été contraire à la loi de Dieu de mettre les gens à mort pour des vols, et je les pressai de se montrer miséricordieux. Cependant elle fut tout de même condamnée à mort, et une fosse fut creusée pour elle, et, le jour fixé, elle fut conduite au lieu du supplice. J'écrivis alors quelques mots, exhortant tous les hommes à craindre le Seigneur, à éviter toutes les convoitises terrestres et à bien utiliser le temps qui nous est donné et je remis cette lettre pour qu'on la lût à la potence. Quoique cette jeune femme fût déjà montée sur l'échelle la tête couverte d'un linge, prête à être exécutée, ils ne la mirent cependant pas à mort et la ramenèrent à la prison ; un peu plus tard, elle fut gagnée à la vérité éternelle de Dieu.
Lorsque je vis que la visitation de l'amour de Dieu allait prendre fin dans le lieu où j'étais, je sus que ma captivité ne serait plus longue, mais je compris que, lorsque le Seigneur me ferait sortir, ce serait comme si on lançait un lion hors de son repaire parmi les bêtes sauvages de la forêt. Car les représentants de toutes les religions étaient animés d'un esprit charnel et grossier, plaidant pour le péché, et prétendant être asservis au mal etàl'imperfection, tout le temps de leur vie. Et tous se débattaient, hurlaient, tempêtaient, rageaient et luttaient contre la vie de l'Esprit qui a inspiré les Ecritures, auxquelles ils faisaient profession de croire.
Il y eut un grand jugement sur la ville, et les juges étaient ennuyés à mon sujet, mais ils ne pouvaient se mettre d'accord sur ce qu'il fallait faire de moi ; un moment ils songeaient à me citer devant le Parlement; d'autres fois, ils auraient voulu IJi'exiler en Irlande. D'abord, ils me traitèrent d'imposteur, de séducteur, de blasphémateur; ensuite, quand Dieu les eut frappés de ses fléaux, ils dirent que j'étais un homme honnête et vertueux. Mais leurs jugements, bons ou mauvais, ce qu'ils pouvaient dire en bien ou en mal, ne comptait pas pour moi; je n'en étais ni élevé ni abaissé : grâces en soient rendues à Dieu ! Enfin, ils durent me sortir de prison, vers le commencement de l'hiver, en l'an 1651, après que j'étais demeuré près d'un an à Derby, six mois à la Maison de Détention, et le reste du temps à la prison commune, dans le donjon.
« MALHEUR A LICHFIELD ! »
Ayant été mis en liberté, je me livrai comme auparavant à l'œuvre du Seigneur. Marchant un jour dans un enclos avec quelques Amis, j'aperçus tout à coup trois clochers. J'en eus un coup au cœur Loo Je leur demandai le nom de cet endroit; ils me dirent : « Lichfield. » Immédiatement, je reçus du Seigneur l'ordre de m'y rendre. Etant arrivé à la maison vers laquelle nous nous dirigions, je les laissai entrer sans moi, sans leur dire pourquoi. Dès que je fus seul, je m'éloignai, et marchai par-dessus les haies et les fossés dans la direction de Lichfield, jusqu'à un grand champ, à un mille de la ville, où des bergers gardaient leurs moutons.
... Soudain je reçus l'ordre du Seigneur d'ôter mes souliers, de les donner aux bergers en leur disant de ne les remettre à personne, à moins d'en faire payer le prix. Je demeurais certes stupéfait, car c'était l'hiver, mais la parole de Dieu était comme un feu en moi. J'obéis .... Les pauvres bergers étaient confondus et tremblants ...
Je marchai environ un mille jusqu'à la ville et dès que j'y fus entré, la parole du Seigneur résonna encore en moi et me fit crier: « Malheur à la cité sanglante de Lichfield ! » C'était jour de marché, j'allai sur la place et la traversai de long en large, en tous sens, m'arrêtant par moments pour crier : « Malheur à la cité sanglante de Lichfield ! » Personne ne mit les mains sur moi; mais tandis que j'allais ainsi par les rues en criant, il me semblait voir courir des ruisseaux de sang, et la place du marché m'apparaissait comme une mare sanglante.
Quand j'eus annoncé ce qui m'avait été dicté et que je me fus ainsi déchargé, je sortis paisiblement de la ville, et retournant vers les bergers, je leur donnai quelque argent et leur repris mes souliers. Mais le feu du Seigneur était tellement dans mes pieds et dans mon être, que je ne me souciais pas de mettre mes souliers ; et j'hésitais sur ce que je devais faire, attendant que le Seigneur me donnât la liberté d'agir; j'arrivai enfin à une mare où je me lavai les pieds et remis mes souliers.
LES MARTYRS DE LICHFIELD
Après cela, je tombai dans une méditation profonde, me demandant pourquoi, pour quelle raison j'avais été envoyé vers cette cité, pour lui jeter l'anathème et l'appeler « cité sanglante ». Car bien que la cathédrale eût été à une époque entre les mains du Parlement, à une autre entre les mains du Roi, et que beaucoup de sang eût été versé dans la ville lors des guerres qui s'y étaient livrées, cependant la ville n'en était pas responsable.
Plus tard, j'appris qu'au temps de l'empereur Dioclétien, un millier de chrétiens avaient subi le martyre à Lichfield; c'est pourquoi j'avais dû traverser le ruisseau de sang, et la mare de sang de la place du marché, sans mes chaussures, pour dresser le mémorial du sang des martyrs qui avait été répandu mille ans auparavant, et qui s'était refroidi dans les rues. Ainsi la vision de ce sang m'avait été donnée, et j'avais obéi à la parole du Seigneur. D'anciennes chroniques attestent combien sont nombreux les chrétiens britanniques qui ont souffert là. Je pourrais écrire longtemps au sujet de la vision que j'ai eue de ce sang des martyrs qui ont été mis à mort dans ce pays pour le nom de Christ, soit pendant les dix persécutions, soit depuis; mais je laisse cela au Seigneur et à Son Livre par lequel tous les hommes seront jugés; car Son Livre est la plus vraie des chroniques, et Son Esprit le plus sûr des chroniqueurs.
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