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CHAPITRE XX
Mariage de George Fox et Service dans le Midi
1669-1671
Il Y avait déjà longtemps que le Seigneur m'avait montré que je devrais prendre Margaret Fell pour femme. Quand je lui en fis part pour la première fois, elle perçut le même appel de la part de Dieu. Mais, si Dieu m'avait révélé son dessein, Il ne m'avait pas encore ordonné de l'accomplir, quoique les gens en parlassent depuis longtemps et qu'un certain émoi se fût produit à ce sujet. C'est pourquoi je laissai la chose en suspens, jusqu'à ce que, étant à Bristol et découvrant que Margaret Fell y était aussi, il me fût révélé de la part du Seigneur que la chose devait s'accomplir. Après en avoir discuté avec elle, je lui dis que, si elle était disposée à donner suite à ce projet, elle devrait commencer par faire venir ses enfants; ce qu'elle fit. Quand ses filles furent arrivées, je leur demandai à toutes deux, ainsi qu'à leurs maris, leur avis à ce sujet. Chacun, pris en particulier, m'exprima son approbation. Je demandai alors à Margaret si elle avait exécuté les volontés de son mari à l'égard de ses enfants. Elle me répondit que les enfants pouvaient répondre sur ce point. Sur quoi je demandai s'ils perdraient quoi que ce fût du fait du mariage de leur mère. Et je demandai à Margaret si elle avait pris une disposition quelconque pour dédommager ses enfants. Ceux-ci déclarèrent qu'elle avait fait deux fois plus qu'il ne fallait, et qu'ils ne voulaient plus entendre parler de cela. Je leur répondis que je parlais tout uniment et que je désirais agir aussi en toute droiture ; car ne cherchais aucun avantage matériel pour moi même. Ainsi, après avoir fait connaître nos intentions aux enfants, nous en fîmes part aux Amis, en particulier et publiquement ; ils en furent très satisfaits, beaucoup d'entre eux exprimèrent leur conviction que cette union était voulue de Dieu. Après cela, une réunion ayant été convoquée à cet effet, à Broad-Mead, nous nous unîmes l'un à l'autre (27 du 8e mois 1669) par les liens d'un mariage honorable, que le Seigneur sanctionna Lui-même, nous faisant participer à son alliance éternelle et à sa Semence immortelle de vie. On donna alors lecture d'un certificat (Le certificat fut signé par quatre-vingt-dix Amis) relatif au mariage et à sa procédure. Cette pièce fut dûment signée par les parents et par la plupart des anciens Amis de la cité, ainsi que par un grand nombre d'autres Amis, venus de différents côtés.
Nous restâmes environ une semaine à Bristol. Après quoi, prenant congé l'un de l'autre dans le Seigneur, nous nous séparâmes pour vaquer à nos services respectifs, Margaret retournant chez elle dans le nord, et moi travaillant comme auparavant à l'œuvre du Seigneur.
POUR FAVORISER L'APPRENTISSAGE
Etant à Londres, je me sentis poussé à écrire à tous les Amis au sujet de l'apprentissage d'un métier pour les enfants pauvres. J'écrivis donc une lettre à toutes les assemblées trimestrielles pour leur dire « que chaque assemblée trimestrielle fasse une enquête pour connaître les veuves, membres de notre Société ainsi que les autres, qui ont des enfants susceptibles d'être mis en apprentissage. »
Après avoir visité des Amis, j'allais dans le Leicestershire, espérant y retrouver ma femme, mais en arrivant j'appris qu'on avait été la chercher dans sa maison pour la jeter de nouveau dans la prison de Lancaster, d'après un ancien mandat d'arrêt pour lequel elle avait déjà été mise en prison l'année précédente, puis libérée légalement. Apprenant cela, après avoir visité des Amis, je retournai à Londres.
Aussitôt que j'y fus arrivé, je dépêchai Mary Lower et Sarah Fell (deux des filles de ma femme) auprès du Roi, pour l'informer de la façon dont on traitait leur mère, et tâcher d'obtenir qu'elle fût libérée sans condition. Ce fut assez difficile, mais leurs efforts persévérants finirent par aboutir.
Le Roi donna ordre à un nommé Sir John Otwayde faire savoir par lettre au sheriff et à d'autres que tel était son bon plaisir.
Sarah Fell, accompagnée de son frère et de sa sœur Rous, alla apporter la lettre de libération à Lancaster; j'écrivis à ma femme par leur entremise la lettre suivante :
« Mon cher cœur, dans la Vérité et dans la Vie qui ne changent pas :
Je n'ai pas pu faire autrement que de demander à Mary Lower et à Sarah d'aller trouver le Roi ainsi que Kirby au sujet de ta captivité, afin que la puissance du Seigneur fût manifestée aux yeux de tous par ta délivrance. Elles y sont allées, et elles songeaient à revenir ; mais je les ai engagées à demeurer un peu plus longtemps pour poursuivre l'affaire jusqu'à son achèvement; résultat qui a été obtenu comme tu peux le constater. La déclaration que j'ai faite récemment a été très utile et on en a été satisfait d'une façon générale. Je n'ajoute rien que mon amour, en la sainte présence.
George Fox »
La déclaration ci-dessus mentionnée était une feuille imprimée, rédigée à l'occasion d'une nouvelle persécution. Une loi avait passé contre les réunions séditieuses et avait été tournée contre nous, peuple paisible et pacifique.
RENOUVELLEMENT DE LA LOI SUR LES CONVENTICULES
Comme je m'étais efforcé d'apaiser les magistrats et de les amener à user de modération dans leur façon d'appliquer la « Loi sut les Conventicules » j'eus à cœur d'écrire quelques lignes aux Amis pour les fortifier et les encourager à persévérer dans leur témoignage et à supporter, avec la patience et la résignation du chrétien, les souffrances qui les attendaient. C'est ce que je fis daris l'épître qui suit :
« Mes chers Amis, - Demeurez dans la foi de Dieu qui domine toutes les choses extérieures, et dans Sa puissance qui vous à donné la victoire sur toutes choses. La même puissance de Dieu est avec vous pour vous délivrer comme autrefois ; car Dieu et Sa puissance ne changent pas; Sa vie est au-dessus de tout et avant toutes choses ; elle demeurera quand ce qui nous fait souffrir aura disparu. Ayez donc confiance car, quoiqu'ils puissent faire contre la vérité, 'c'est sur eux que cela retombera, comme une meule sur leur tête. Si le Seigneur permet que vous soyez éprouvés, abandonnez- Lui toutes choses; regardez au Seigneur et à Sa puissance, qui dominent tout l'univers, et qui subsisteront quand tout le reste aura disparu. Dans la puissance et dans la vérité du Seigneur, réjouissez-vous de tout ce que vous avez à souffrir, car la vie, la vérité et la puissance de Dieu sont au-dessus de toua Demeurez-y tous; et si vous avez à souffrir, c'est pour le Seigneur.
Amis, le Seigneur vous a bénis dans les choses extérieures; et maintenant le Seigneur vous éprouve pour voir si vos esprits appartiennent aux choses extérieures ou au Seigneur qui vous les a données. C'est pourquoi, demeurez dans la Parole, par qui toutes les choses extérieures ont été faites, et qui est au-dessus de tout... »
George Fox »
Londres, le 12e jour du second mois, 1670.
Le Premier jour de la semaine, qui suivit l'application de la Loi, j'allai à la réunion à Gracechurch-Street, car c'était là que l'orage me paraissait devoir éclater tout d'abord.
En arrivant, je trouvai la rue pleine de monde, et des sentinelles postées pour empêcher les Amis d'entrer. La cour était pleine de monde, un Ami parlait dans la foule. Quand il eut fini, je me levai et je fus poussé à dire: « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. » Je montrai alors que c'est la nature de Saul qui se manifeste, aujourd'hui encore, dans les persécutions, et que ceux qui persécutent le Christ dans Ses membres, par lesquels Il se révèle, regimbent contre ce qui les aiguillonne. Lorsque j'eus parlé dans ce sens pendant quelques instants, un officier arriva avec un groupe de mousquetaires, et comme ils me faisaient descendre avec violence, je leur dis : « Heureux ceux qui procurent la paix. » Le commandant me plaça au milieu des soldats, leur recommanda de me garder sûrement et me dit: « Vous êtes l'homme que je cherchais. »
Tandis que nous traversions les rues, les gens criaient: « Gardez-le bien, c'est un des chefs.» Quand nous arrivâmes à la maison du maire, on nous amena dans sa chambre, devant la table où il était assis. Les officiers m'ôtèrent alors mon chapeau, et le maire me dit avec douceur : « M. Fox, vous êtes un homme éminent parmi ceux de votre confession; je vous en prie, voudriez-vous vous employer à les dissuader de se réunir en si grand nombre ? En effet, puisque le Christ a promis, que là où deux ou trois seraient réunis en Son nom, Il serait au milieu d'eux, et puisque le Roi et le Parlement daignent permettre à quatre personnes de se réunir pour adorer Dieu, pourquoi ne voulez-vous pas vous contenter et de la promesse que le Christ a faite à deux ou trois, et de la permission que le Roi accorde à quatre ? » « Le Christ, dis-je, était toujours entouré de ses douze apôtres et de soixante-dix disciples ; et il réunissait souvent des centaines d'auditeurs venus écouter sa parole .... Si cette loi avait été promulguée dans son temps, pensez-vous qu'on la lui aurait appliquée? Je vous fais remarquer de plus que cette loi ne nous concerne nullement; elle ne s'applique qu'aux réunions séditieuses, de celles qui, sous prétexte de religion, provoquent le désordre et des insurrections. Nous avons été suffisamment mis à l'épreuve, notre caractère pacifique est si connu qu'il est impossible de nous confondre avec ces coupables: cette Loi ne nous concerne pas, nous continuerons à tenir nos réunions, comme nous l'avons toujours fait: d'ailleurs, ajoutai-je, je suis convaincu que vous êtes persuadés en votre for intérieur, de notre innocence.» L'entretien se prolongea encore quelques instants, puis, ayant pris nos noms et nos adresses, il nous remit en liberté.
Les Amis me demandèrent alors où je voulais aller. « A la réunion de Gracechurch-Street dis-je; elle n'est pas encore finie. » Quand nous y arrivâmes, la plupart des gens étaient partis; quelques-uns seulement se tenaient à la porte. Nous entrâmes donc dans la maison de Gerrard Robert, et je demandai des nouvelles des réunions qui avaient eu lieu dans la Cité. J'appris que dans certaines assemblées les Amis avaient été empêchés d'y assister; à d'autres, ils avaient été arrêtés, mais relâchés au bout de peu de jours. Ce fut une époque glorieuse, car la puissance du Seigneur fut sur tous, et Sa vérité éternelle proclamée hautement. En effet, aussitôt qu'on arrêtait quelques-uns de ceux qui parlaient, d'autres étaient poussés par le Seigneur à se lever et à parler, et ils excitaient l'admiration de la foule par ce qu'ils disaient. L'impression était d'autant plus grande que beaucoup de Baptistes et des membres d'autres sectes assistaient à nos réunions pour voir comment les Quakers se comportaient.
Au bout de quelque temps, l'ardeur des persécutions commença à décroître à Londres, et les réunions devinrent plus tranquilles. Me sentant ainsi libéré vis-à-vis de la Cité, j'allai visiter des Amis à la campagne. A Reading, la plupart des Amis étaient en prison et j'allai les voir. Quand j'eus passé un moment avec eux, les Amis qui étaient en prison se réunirent, et plusieurs autres se joignirent à eux ; j'eus ainsi une belle occasion d'annoncer la Parole de Vie, les exhortant à persévérer dans la vérité; ils furent réconfortés, sentant la Présence et la Puissance du Seigneur parmi eux. Quand la réunion fut finie, le geôlier ayant appris que j'étais là, les Amis se demandèrent anxieuse ment si je pourrais sortir librement. Quand je fus demeuré un moment avec eux, et que nous eûmes soupé ensemble, je descendis; trouvant le geôlier à la porte, je mis la main à la poche; il me regardait si attentivement, dans l'espoir de recevoir de l'argent, qu'il en oublia de m'interroger. Je lui remis donc quelque argent et l'engageai à se montrer bon et courtois envers les amis que je venais de visiter dans leur prison; puis je m'en allai.
Nous passâmes devant Rochester. Je mis pied à terre pendant le trajet, et, tandis que je gravissais à pied une colline, je me sentis oppressé par un grand poids; je remontai à cheval, mais le poids était si lourd que je pouvais à peine continuer ma route. Nous arrivâmes enfin à Rochester; j'étais épuisé; les puissances du monde: m'oppressaient et m'accablaient à tel point qu'elles attentaient à ma vie.
MALADIE DE GEORGE FOX
J'arrivai avec difficulté à Gravesend et descendis à l'auberge; mais je ne pus ni manger ni dormir. Dans cet état de malaise, je me rendis à cheval à Stratford, dans la maison d'un Ami, nommé Williams, qui avait été autrefois capitaine. Je demeurai là dans une faiblesse extrême, et finis par perdre l'ouïe et la vue. Plusieurs Amis vinrent me voir de Londres; je leur dis que je serais un signe pour ceux qui ne voulaient pas voir, et pour ceux qui refuseraient d'entendre la vérité. Je restai assez longtemps dans cet état. Plusieurs vinrent s'informer de moi; et, quoique je ne pusse pas voir leurs traits, je sentais et je discernais leurs esprits, je savais ceux qui étaient honnêtes et ceux qui ne l'étaient pas. Plusieurs Amis qui étaient docteurs vinrent me voir ; ils auraient voulu me donner des remèdes, mais je refusai; je sentais que je devais passer par un « travail» de l'âme. La jeune Margaret Rous restait près de moi; je sentais sa tendresse et son dévouement. Je demeurai ainsi plusieurs semaines, en proie à de grandes souffrances. Je gémissais, triste, accablé intérieurement, et j'arrivai à un état de faiblesse et de dépression tel qu'on désespérait de me voir en réchapper. Quelques-uns s'en allèrent, disant qu'ils ne voulaient pas me voir mourir ; le bruit courut à Londres et dans le pays que j'étais décédé; mais je sentais la puissance du Seigneur qui me soutenait intérieurement. Quand ceux qui m'entouraient allaient m'abandonner à la mort, je leur dis de me procurer une voiture pour me conduire chez Gerrard Robert, à environ vingt milles de là ; car je voyais que c'était là que je devais être. Je demandai mes habits, ce qui augmenta leurs craintes et leur trouble, car ils savaient que les malades demandent souvent, à l'approche de la fin, à changer de linge. Ils dirent donc que tous les symptômes faisaient prévoir une mort prochaine, et, sauf deux ou trois, tous perdirent espoir. Quand ils essayèrent de m'abuser au sujet des vêtements et cherchèrent des prétextes pour ne pas me les donner, je m'en aperçus et le leur dis. Enfin ils m'apportèrent mes habits et me les mirent.
Je parlai donc au maître et à la maîtresse de maison et je regagnai une lueur de vue qui me permit d'apercevoir la femme d'Edward Mann, tandis qu'elle me mettait mes habits; je sentais que la puissance du Seigneur était sur toutes choses. Je descendis une couple de marches jusqu'à la voiture, et quand j'y arrivai, je faillis tomber, tant j'étais faible. Mais je montai dans la voiture, accompagné de quelques Amis; je pus discerner les gens et les champs sur notre route, et ce fut tout.
Quand j'eus passé là trois semaines environ, je sentis que je devais aller à Enfield. Les Amis avaient peur pour moi du transport; mais je leur assurai que je pouvais partir en sécurité. J'allai chez la veuve Dry où je demeurai couché tout l'hiver, en lutte avec tous les mauvais esprits du monde, et je ne pouvais supporter l'odeur d'aucune viande. La persécution faisait rage et de méchants espions étaient à l'œuvre, en sorte que c'est à peine si un Ami pouvait dire quelques mots chez des particuliers, au moment de s'asseoir à table, sans qu'il se trouvât là quelqu'un pour le dénoncer
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À Droitwich, J. Cartwright entra dans la demeure d'un Ami; étant conduit par le Seigneur à prononcer quelques mots juste avant de s'assoir pour le souper, au même moment, un informateur vînt et se tînt discrètement sous la fenêtre afin d'entendre. Quand il eût entendu parler l'Ami, espérant obtenir un certain profit pour lui-même, il s'en alla et puis les dénonça; et obtînt un mandat de saisie de la propriété des Amis en prétendant qu'il y avait eu une réunion à sa maison; alors que ce jour là il n'y avait, personne d'autre à la maison que l'Ami, l'homme de la maison, sa femme, et leur domestique. Le même soir cet homme vicieux, en revenant avec son mandat à la main, tomba de son cheval et se cassa le cou. Donc ce fût la misérable fin d'un informateur méchant, qui avait espéré s'enrichir en pillant la propriété personnel des Amis; mais le Seigneur l'en empêcha, et le retrancha avec sa méchanceté.
Ce fut un temps de persécutions sanglantes et cruelles, mais quand le calme commença à revenir, je sortis peu à peu de mon état de souffrance. Beaucoup de très précieux Amis vinrent me voir de près et de loin et me soignèrent ; vers le printemps je commençai à me rétablir et à aller et à venir, à l'étonnement des Amis et de beaucoup d'autres.
Quand je fus remis, je quittai Enfield pour retourner chez Gerrard Robert; de là je me rendis à Londres où, quoique je fusse encore faible, la puissance du Seigneur me soutint et me rendit capable d'annoncer Sa Parole éternelle de vie.
Vers cette époque, je fus poussé à prier le Seigneur, comme suit:
« 0 Seigneur Dieu Tout-puissant ! Fais fructifier la vérité et protège la justice et l'équité ! Anéantis toute injustice et toute iniquité, toute oppression et tout mensonge, toute cruauté et toute méchanceté dans ce pays ; afin que la miséricorde et la paix puissent fleurir !
0 Seigneur Dieu ! Etablis et affermis la vérité, èt maintiens-là « parmi nous. Anéantis dans le pays le vice et la débauche, la prostitution et la fornication, et cet esprit de rapine qui fait que les hommes ne font pas cas de Toi, ô Dieu, pas plus qu'ils ne se soucient de leurs propres âmes ou de leurs corps, ni du christianisme, de la modestie ou de l'humanité.
Et puis, ô Seigneur ! mets dans le cœur des magistrats la volonté d'anéantir toute cette impiété, cette violence, cette « cruauté, cet esprit profane, ces blasphèmes et ces jurons; de supprimer ces maisons de prostitution et ces établissements de jeu, qui corrompent la jeunesse et la population, et les éloignent du royaume de Dieu où rien d'impur ne peut entrer et n'entrera jamais! Ces choses-là conduisent le peuple à l'enfer! Que le Seigneur, dans sa miséricorde les anéantisse à travers tout le« pays, afin, ô Dieu, que ta colère ne s'allume pas contre ce peuple.
George Fox »
Cette Prière a été écrite le soir, le dix-septième jour du second mois en l'année 1671.
Pendant que j'étais en proie à la souffrance et aux tribulations, j'eus une vision: je marchais dans les champs accompagné de beaucoup d'Amis. Je leur dis de faire un trou dans la terre; ils le firent. Je descendis dans la fosse et il y avait là une grande cave, pleine de gens qui étaient retenus sous la terre, sous les rochers et sous les pierres. J'ordonnai aux Amis d'ouvrir les entrailles de la terre pour les faire sortir; ils obéirent et tous ces captifs furent libérés. C'était grandiose.
Quand ils eurent fini, je leur dis de creuser encore. Ils le firent et ils trouvèrent une autre grande cave pleine de gens. Je leur dis de renverser les murs et de laisser sortir tout le monde, ce qu'ils firent.
Je leur dis encore une fois de se remettre à creuser, et les Amis me dirent : « George, tu découvres toutes choses. » Ils creusèrent, je descendis et me promenai le long de la cave. Une femme vêtue de blanc était assise là, observant la marche du temps. Une femme me suivit tandis que je descendais dans la cave, où le trésor se trouvait. Elle posa sa main sur le trésor, à ma gauche, alors le temps se mit à marcher très vite. Mais je la frappai doucement en disant: « Ne touche pas le trésor. » Et le temps ralentit sa marche.
* * *
Ceux qui veulent comprendre ces choses doivent être dépouillés de leur nature terrestre, ils verront alors comment les pierres et la terre se sont accumulées sur l'homme depuis le commencement, depuis que sa chute l'a privé de sa ressemblance avec le Dieu de justice et de sainteté.
Je pourrais m'étendre longtemps sur ces choses, mais je les livre à la réflexion et à l'intelligence des lecteurs éclairés.
Malgré l'ordre du Roi, ma femme n'avait pas été remise en liberté, car la persécution soufflait avec violence. Comme il y avait maintenant un peu d'accalmie, je fus poussé à dire, à Martha Fisher et à Hannah Stringer, d'aller de nouveau demander au Roi sa liberté. Elles y allèrent avec foi, et la puissance du Seigneur leur fit trouver grâce auprès du Roi, qui, non seulement la libéra, mais donna ordre de lui rendre tous ses biens. Je chargeai immédiatement John Stubbs d'aller porter cet ordre et lui remis en même temps, une lettre pour ma femme, contenant des instructions sur la façon dont elle devait s'y prendre pour faire parvenir l'ordre aux juges; je l'informais en outre que le Seigneur m'avait mis au cœur d'aller au delà des mers pour visiter les plantations d'Amérique; je la priais de se hâter de venir à Londres dès que sa mise en liberté le lui permettrait, car le navire était déjà en train d'appareiller. Quant à moi, je me rendis à Kingston, chez John Rous, pour y attendre l'arrivée de ma femme. Mais comme l'Assemblée annuelle était proche, je retardai mon départ pour y assister. Beaucoup d'Amis s'y rendirent, venant de toutes les directions, et ce fut une très grande et très précieuse réunion ; car la puissance du Seigneur fut sur tous, et Sa glorieuse Semence de vie, bénie éternellement, fut exaltée au-dessus de tout.
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