La Croix Manquante pour la Pureté


 



CHAPITRE IV

Jugement à Lancaster
et emprisonnement à Carlisle 1552-1553


Le temps où devait avoir lieu la session à Lancaster étant arrivé, je m'y rendis avec le Juge Fell; il me dit qu'il n'avait jamais eu à s'occuper d'une affaire de ce genre et qu'il ne savait pas ce qu'il devait faire.
 
Le Juge Thompson et le Juge Sawrey m'avaient envoyé un mandat d'arrêt; l'ayant appris, j'allai me présenter à la session, bien que le mandat ne me fût pas parvenu. Environ quarante prêtres se trouvaient là pour m'accuser. Ils avaient choisi comme porte-parole un nommé Marshall, prêtre de Lancaster, et ils avaient trouvé pour témoigner contre moi un jeune prêtre et deux fils de prêtre qui avaient juré avant les débats que j'avais blasphémé. Quand les juges eurent pris place, ils entendirent tout ce que les prêtres et leurs témoins avaient à dire contre moi : leur porte-paroles Marshall se tenant là, prêt à expliquer et à commenter leurs témoignages; mais les témoins furent confondus et, se retranchant l'un derrière l'autre, prouvèrent eux-mêmes qu'ils étaient de faux témoins; car, quand la Cour eut interrogé l'un d'entre eux, après qu'il avait prêté serment et qu'elle commença à en interroger un second, celui-ci fut si embarrassé qu'il ne put répondre.

Il y avait alors à la Cour plusieurs personnes qui avaient assisté à la réunion où les témoins juraient m'avoir entendu prononcer ces paroles blasphématoires dont m'accusaient les prêtres ; ces hommes; connus dans la contrée pour leur intégrité, déclarèrent et affirmèrent devant la Cour que les témoins avaient prêté un faux serment contre moi , et qu'à cette réunion, je n'avais mentionné aucune de ces paroles dont ils avaient juré m'avoir entendu dire. En effet, la plupart des hommes sérieux de ce coté du pays, qui étaient alors aux sessions, avaient été à cette réunion, et m'avaient également entendu au autres réunions. Ceci fût pris en note par le Colonel West qui, étant un juge de paix, siégeait alors; et étant demeuré longtemps infirme dans son corps, il bénit le Seigneur, et dit, ce jour là le Seigneur m'a guérit; puis il ajouta qu'il n'avait jamais vu autant de personnes sobres et de bonne figure ensemble de toute sa vie. Alors se tournant vers moi il me dit en session publique, « George, si tu as quoi que ce soit à dire au peuple, tu peux parler librement dans cette Cour de justice. »
Je fus conduit par le Seigneur à parler; et dès que je commencai, le prêtre Marshall, le porte-paroles des autres prêtres, se retira. Je fus conduit à déclarer ceci: “Que les saintes écritures furent ainsi données par l'Esprit de Dieu; et que tous doivent premièrement venir vers l'Esprit de Dieu en eux-mêmes, et qu'ainsi ils puissent connaître Dieu et Christ, par qui les prophètes et les apôtres furent enseignés; et par le même Espritconnaître les saintes écritures. Car de même que l'Esprit de Dieu était dans ceux qui amenèrent les écritures, ainsi le même Esprit doit être en tous ceux qui viennent pour connaître et comprendre les écritures. Par cet Esprit ils puissent avoir la communion avec le Père, avec le Fils, avec les écritures, et les uns les autres; et sans cet Esprit ils ne peuvent connaître Dieu, ni Christ, ni les écritures, non plus avoir le droit de communion les uns avec les autres.” A peine avais-je prononcé ces mots qu'une demi-douzaine de prêtres qui se trouvaient derrière moi se mirent en colère; l'un d'eux, nommé Jackus, entre autres paroles contraire à la vérité, dit que l'Esprit et la lettre étaient inséparables. A peine avais-je prononcé ces mots qu'une demi-douzaine de prêtres qui se trouvaient derrière moi se mirent en colère; l'un d'eux, nommé Jackus, entre autres paroles contraires à la vérité, dit que l'Esprit et la lettre étaient inséparables. Je répondis : «Alors tous ceux qui ont la lettre ont l'Esprit; et ils pourraient acheter l'Esprit avec la lettre des Ecritures. » Cette preuve flagrante d'obscurité qu'il y avait dans ce prêtre poussa le Juge Fell et le Colonel West à le reprendre publiquement. Ils lui dirent que, d'après cette manière de voir, ils pourraient porter l'Esprit dans leur poche, comme leur Bible. Là-dessus, les prêtres, étant confondus et réduits au silence, se mirent en colère contre les juges, parce qu'ils voyaient que les projets sanguinaires qu'ils avaient conçus contre moi ne se réaliseraient pas. Les juges m'aquittèrent, voyant que les témoins ne s'entendaient pas, que c'était la jalousie des prêtres qui les avait suscités et que leurs témoignages n'avaient pas une valeur juridique suffisante pour étayer l'accusation. Et après que juge Fell ait parlé au juge Sawrey et au jugeThompson concernant l'autorisation qu'ils avaient publié contre moi,et après leur avoir montré les erreurs, lui et le Colonel West permit que l'on fit un correctif afin de stopper tout cela. Ainsi je fûs dégagé en sessions publique de toutes ces accusations mensongères dont ces prêtres malveillants m'avaient accusé; et une multitude de gens louèrent Dieu ce jour là, car pour beaucoups ce fût un jour joyeux. Le juge Benson de Westmoreland fût convaincu ainsi que le major Ripan, maire de la ville de Lancaster. Ce fût un jour de salut éternel pour des centaines de personnes; car le SeigneurJesus-Christ, le chemin menant au Père, celui qui enseigne gratuitement, fût exalté et établi; Son évangile d'éternité fût prêché, et la parole de la Vie éternelle fût déclarée à des tas de prêtres, et à tous ceux là qui prêchaient pour de l'argent. Car le Seigneur ouvrit plusieurs bouches ce jour là afin d'amener la parole aux prêtres, et beaucoups de gens et de professeur amicaux réprimandaient les prêtres dans leurs auberges, ainsi que dans les rues, tellement qu'ils se sentirent comme une vieille maison en ruine; et on entendaient crier parmi les gens, que les Quakers l'avaient remporté, et que les prêtres étaient tombés. Beaucoups furent convaincu ce jour là, dont Thomas Briggs. Auparavant il avait été si défavorable envers les Amis et la vérité que lorsqu'il discutait à propos de la perfection avec John Lawson, un des Amis, Thomas lui dit, “ Détenez-vous la perfection?” Et il leva sa main comme pour vouloir donner une gifle à notre Ami. Mais Thomas, ce jour là fût convaincu, et se déclara contre son propre prêtre Jackus; et devînt bientôt un fidèle ministre de l'évangile, et le demeura jusqu'à la fin de ses jours.
A ce moment-là, je jeûnais; et je ne voulais pas manger jusqu'à ce que cette œuvre de Dieu dont la puissance m'oppressait, fût accomplie. Mais la puissance du Seigneur s'était déployée d'une façon merveilleuse sur toutes choses et m'avait permis de les dominer à Sa gloire. Son évangile avait été annoncé librement ce jour-là, par dessus la tête d'environ quarante prêtres mercenaires ! Je passai ensuite deux ou trois jours à Lancaster et j'y tins quelques réunions ; les éléments les plus grossiers et les plus vils de la population complotèrent ensemble de me jeter par-dessus le pont de Lancaster, mais le Seigneur les en empêcha.

Cependant les prêtres, irrités de s'être vus battus à la session de Lancaster, réussirent à s'assurer le concours de quelques juges envieux. Et aux Assises suivantes, à Lancaster, ils portèrent plainte contre moi devant le juge Windham. Là-dessus, le juge ordonna au Colonel West, greffier aux Assises, de lancer contre moi un mandat d'arrêt. Le Colonel West refusa, disant que j'étais innocent et qu'il se déclarait prêt à offrir en garantie pour moi son domaine et sa vie même s'il le fallait. C'est ainsi qu'il tint tête au juge et la puissance du Seigneur fut sur eux tous, de sorte que les prêtres et les juges ne purent pas exécuter leur vengeance. Ce même soir, j'arrivai à Lancaster, pendant la session des Assises, et, entendant parler d'un mandat contre moi, je jugeai préférable de me présenter de moi-même plutôt que de me faire chercher par mes adversaires ; mais il ne m'arriva rien.

Je restai dans la ville jusqu'au départ du juge, j'allai et je vins par la ville, mais personne ne s'occupa de moi ni ne me posa aucune question. Ainsi la puissance bénie du Seigneur, qui est par-dessus toutes choses, me fit traverser et surmonter cette épreuve, me donna la victoire sur ses ennemis et me permit de continuer à travailler à son œuvre glorieuse et à son service pour l'amour de son saint nom.

 « J'ÉTAIS SÛREMENT UN SORCIER »

Je partis de Lancaster pour retourner chez Robert Widders, et de là j'allai voir le Juge West; Richard Hubberthorne faisait route avec moi. Ne connaissant pas le chemin, ignorant les dangers de ces sables mouvants, nous allâmes à cheval là, où, comme on nous le dit plus tard, aucun cavalier n'était jamais allé, faisant nager nos chevaux dans un endroit très périlleux. Quand nous fûmes arrivés, le Juge West nous demanda si nous n'avions pas vu deux hommes à cheval dans les sables. « On va m'apporter leurs habits », dit-il, « car ils se noieront infailliblement. » Mais quand nous lui dîmes que nous étions ces deux cavaliers, il fut étonné et se demanda comment nous ne nous étions pas noyés. Là-dessus, les prêtres et les soi-disant gens pieux firent courir à mon sujet des bruits calomnieux, prétendant que l'eau ne pouvait pas me noyer et qu'on n'avait pas pu me tirer du sang; que j'étais donc sûrement un sorcier. Mais toutes ces calomnies ne m'atteignaient aucunement pour mon compte personnel; ce qui m'importait, c'était la Vérité, dont ils essayaient de détourner le peuple par ce moyen.

Ayant fait visite au Juge West, j'allai à Swarthmoor pour voir les Amis; la puissance du Seigneur fut sur tous les persécuteurs de cette région. Dieu m'inspira d'écrire plusieurs lettres aux magistrats, aux prêtres et aux pratiquants qui avaient été les instigateurs de la précédente persécution. Ce qui, d'après le Juge Sawrey, était la chose à faire:

Ami,

C'est toi qui as commencé toutes les persécutions dans le Nord. Tu en fus l'instigateur, et l'agitateur du peuple. Tu fus le premier qui les poussa contre la semence de la justice, et contre la vérité de Dieu; le premier qui a renforcé les mains des malfaiteurs contre l'innocent et l'inoffensif, et tu ne prospèreras pas. Tu fus le premier qui agita les cogneurs, les lapideurs, les persécuteurs, les empoisonneurs, les moqueurs , et les emprisonneurs dans le nord, et les ravisseurs, les calomniateurs, les râleurs,  et les faux accusateurs et diffamateurs. Ceci fût ton oeuvre, et tu as agité tout cela. Donc tes fruits démontre ton esprit. Au lieu d'avoir encouragé la pureté de l'esprit du peuple, tu as agité leurs méchancetés, leurs malices et leurs envies; et pris part avec les méchants. Tu as mis l'avidité dans l'esprit des gens d'un bout à l'autre du pays; cela fût ton oeuvre. Mais Dieu a écourté tes jours, les a délimité, Il en a fixé la limite, et brisé tes machoire, dévoilé ta religion au simple et aux nouveaux nés , et amené tes actions à la lumière. C'est ainsi qu'est devenu ta maison, une habitation de démons. Que ta beauté s'est perdu, et que ta gloire s'est défraichie! La méchanceté dont tu as fait preuve, que tu ne sert Dieu que du bout des lèvres, mais que ton coeur se tient loin de Lui, et que tu es hypocrite! comment ta méthode d'enseignement se révéla être la marque des faux prophètes, dont les fruits se déclarent d'eux mêmes! Car à leurs fruits vous les reconnaîtrez. Comment les hommes sages se sont retournés! Regarde tes voies! Remarque ceux avec qui tu as été associé. C'est ce que Dieu dans ta conscience te dira. L'Ancient des jours te réprimandera. Comment ton ardeur se révéla être l'ardeur d'un persécuteur aveugle que Christ et ses Apôtres interdirent aux Chrétiens d'imiter! Comment as-tu pu fortifier les mains des malfaisants, et avoir été une louange pour eux, et non pour ceux qui font le bien! Tel un fou et un homme aveugle tu retournas ton épée contre les saints, contre lesquels il n'y a aucune loi! Comme seras-tu rongé et brulé, le jour où tu sentiras les flammes,et que tu auras les fléaux de Dieu déversés sur toi, et que tu commenceras à te ronger la langue de douleur, à causes des fléaux! Tu auras la récompense selon tes oeuvres. Tu ne peut y échapper; le juste jugement du Seigneur te trouvera, et le témoin de Dieu en ta conscience en répondra. Comment as-tu pu amener les païens à blasphémer, aller avec la multitude afin de faire le mal, et être main dans la main avec les malfaiteurs! Comment ta fin peut-elle être pire que ton commencement, tu arriva en chien qui mord, et tu es devenu comme un loup dévorant les brebis! Comment as-tu pu t'avérer être un homme davantage sujet à être gardé dans un endroit pour y être éduqué, plutôt que pour y éduquer! Comment as-tu pu t'exalter et te gonfler d'orgueil! Et maintenant n'est-tu pas tombé dans la honte, de sorte que tu en es couvert,celle que tu as remué et que tu as crée. Ne laissez-pas John Sawrey avoir la parole de Dieu dans sa bouche avant qu'il ne soit réformé. ne le laissez pas prendre son nom, jusqu'à ce qu'il s'écarte de l'iniquité. ne laissez ni lui ni son enseignant professer les paroles saintes, à moins qu'ils aient l'intention de se proclamer eux-mêmes des hypocrites, leurs vies étant contraire à celles des saints; toi, dont l'église est devenu manifestement une cage pour oiseaux impurs Tu as une forme de piété, mais tu en as pas la puissance, tu as fait de ceux qui en ont la puissance, l'objet de ta dérision, de par tes mots, et ton propos lors de tes banquets. Ton mauvais arôme, John Sawrey, le pays autour l'a senti, et tous ce qui craint Dieu a eu honte de ton attitude infidèle; et pour eux tu as été un malheur; au jour du jugement vous connaîtrez cela, même au jour de votre condamnation. Tu es monté haut pour faire ton nid dans les hauteurs, mais tu n'est jamais parvenu aussi haut que les oiseaux des cieux. Mais maintenant que tu as couru parmi les bêtes de proies, et que tu as tombé dans le monde; alors la mondanité et la convoitise t'as engloutis. Ta vanité ne t'en fera pas sortir; le principe égoïste en toi a aveuglé tes yeux. Ton dos doit toujours être incliné; car ta table est déja ton piège.

George Fox

Une autre lettre était adressée à William Lampitt, le prêtre d'Ulverstone, et à ses adeptes ainsi qu'aux habitants d'Ulverstone en général. J'écrivis beaucoup d'autres épîtres ou mémoires à cette époque, selon que le Seigneur m'y poussait.

Parmi les chefs entendeurs et les fidèles du prêtre Lampitt, il y avait Adam Sands, un homme très méchant et faux, qui aurait détruit la vérité et ses fidèles s'il avait pu. À lui je fus amené à lui écrire de cette façon:

Adam Sands,

À la lumière de ta conscience j'en appelle, toi enfant du diable, toi l'ennemi de la justice; le Seigneur va te renverser, quoique tu continu encore quelques temps à régner dans ta méchanceté. Les fléaux de Dieu te sont dues, toi qui t'endurcit dans ta méchanceté contre la pure vérité de Dieu. Avec la pure vérité de Dieu, à laquelle tu as résisté et que tu as persécuté, tu es sur le point d'être battu, par celui qui est éternel, et tu devras lui rendre compte. Et par cette Lumière que tu méprises tu es vu, et c'est ta condamnation. Toi comme une brute, et ton épouse comme une hypocrite, et tous deux comme les meurtriers du juste, par celui qui est éternel vous êtes vu et compris; et ton coeur est recherché, éprouvé, et condamné par la lumière. Et la lumière dans ta conscience te témoignera de la vérité et te laissera voir que tu n'est pas née de Dieu, mais que tu es en dehors de la vérité, dans la nature bestiale. Si jamais vous voyez la repentance, vous me témoignerez à moi l'ami de votre âme, et le chercheur de votre bien éternel.
       
George Fox

Peu après ce Adam Sands mourut misérablement.

Un prêtre vint une fois à une réunion et soutint que les «Ecritures étaient la parole de Dieu ». Je lui répondis qu'elles étaient les paroles de Dieu car c'est Christ qui est la Parole, selon (Saint) Jean.

Au commencement de l'année 1653 je retournai à Swarthmoor. J'y eus de grandes révélations du Seigneur, non seulement au sujet des choses spirituelles et divines, mais aussi concernant les affaires extérieures, le gouvernement civil, etc .


 « GEORGE ÉTAIT UN VÉRITABLE PROPHÈTE »

Je me trouvais à Swarthmore hall un jour où le Juge Fell et le Juge Benson parlaient des nouvelles , qu'il y avait dans le livre des nouvelles, et du parlement qui siégeait alors qu'on appelait alors, «Long Parlement » ; je fus poussé à leur dire qu'avant que deux semaines soit écoulées, le Parlement serait dissous, et le président serait jeté en bas de son siège. Deux semaines plus tard, jour pour jour, le Juge Benson, revenant à Swarthmoor, dit au Juge Fell qu'il voyait maintenant que George était un véritable prophète; car Olivier Cromwell avait dissous le Parlement.
J'eus un grand nombre .de révélations concernant différentes choses, qu'il serait trop long de raconter ici.

Vers cette époque j'observai un jeûne de dix jours. J'étais, en effet, grandement éprouvé en esprit au sujet de la Vérité car James Milner et Richard Meyer s'étaient abandonnés à leurs imaginations, et un groupe de gens les avaient suivis. Ce James Milner et quelques-uns de ses amis avaient eu d'abord de vraies révélations; mais, tombant dans l'orgueil et l'exaltation, ils s'étaient éloignés de la Vérité. Je fus envoyé vers eux et poussé par le Seigneur à leur montrer leurs erreurs; ils furent amenés à reconnaître leur folie, à la condamner, et ils restèrent dans le chemin de la Vérité. Quelque temps après j'allai à une réunion à Arnside où se trouvait Richard Meyer. Il avait, depuis longtemps, un bras dont il pouvait à peine se servir. Le Seigneur m'inspira de lui dire devant tous : « Tiens-toi debout sur tes jambes» (car il était assis) ; il se leva et étendit son bras, qui avait été immobilisé depuis longtemps et dit : « Sachez, vous tous, qu'aujourd'hui je suis guéri. » Ses parents pouvaient à peine le croire. et après que la réunions fût terminée, se plaça à l'écart, enleva son veston, et alors ils virent que c'était vrai. Il vînt ensuite à la réunions de Swarthmore et raconta comment le Seigneur l'avait guéri. Pourtant après cela le Seigneur lui commanda d'aller à York, avec un message de sa part, et il désobéït au Seigneur; et le Seigneur le frappa encore, de sorte qu'il en mourût environs neufs mois après.



A cette époque, on publia à Cumberland, de grandes menaces à mon sujet, déclarant que, si jamais je retournais là-bas, on m'ôterait la vie. Quand cela parvint à mes oreilles, je fus attiré vers Cumberland, j'allai chez Miles Wennington, dans la paroisse même d'où venaient les menaces; mais ils n'eurent pas le pouvoir de me toucher.

C'est alors qu'Anthony Pearson, qui avait été adversaire des Amis, fut convaincu. Il vint à Swarthmoor, et, comme j'étais alors chez le colonel West, on me fit chercher. Le Colonel West dit : « Va, George, car cela pourra être très utile à cet homme. » J'y donc et la puissance du Seigneur l'atteignit.

Je retournai alors à Cumberland; Anthony Pearson, sa femme et plusieurs Amis allèrent avec moi à Bottle où Anthony Pearson me laissa pour aller à la session de Carlisle, car il était juge de paix dans trois comtés.

J'allai, un Premier jour, dans la maison à clocher de Bottle. La prêtre de la paroisse, apprenant ma venue, avait appelé à la rescousse un prêtre de Londres. Je fus poussé à parler en même temps que lui, au risque de faire de la prison pour ma peine, tant les choses qu'il disait étaient mauvaises. Mais les gens furent extrêmement grossiers ; ils me battirent et me frappèrent devant la maison à clocher. L'un d'eux me donna un coup très violent sur le poignet avec un pieu, en sorte qu'on crut qu'il m'avait mis la main en pièces. Cependant, je ne ressentis aucun mal, car la puissance du Seigneur me guérit. L'officier de police était très désireux de rétablir la paix et il aurait fait arrêter quelques-uns de ceux qui m'avaient frappé si j'y avais consenti.

L'après-midi, je retournai dans la maison à clocher avec quelques amis. Je m'assis et j'écoutai le prêtre jusqu'à ce qu'il eût fini, quoique plusieurs Amis parlassent en même temps que lui. Il avait rassemblé tous les textes qu'il avait pu trouver où il était question de faux prophètes, d'antéchrists et d'imposteurs, et il nous les jeta à la tête; mais quand il eut fini, je lui rappelai tous ces passages en les lui appliquant à lui-même. Les gens se jetèrent alors brutalement sur moi, mais l'officier de police leur commanda, au  nom de la République, de se tenir tranquilles.

Tout se passa tranquillement ensuite, pendant que je parlais; mais quand j'eus fini et que je fus sorti, les deux prêtres étaient dans une telle rage contre moi que l'écume leur venait à la bouche. Le prêtre de cet endroit fit un discours au peuple devant la maison à clocher et dit: «Cet homme a réussi à grouper tous les honnêtes gens, hommes et femmes de Lancashire; et maintenant, continua-t-il, il vient faire la même chose ici  » . Alors je lui dis : «Qu'est-ce qui te restera et qu'est-ce qui restera aux prêtres, sinon leurs semblables ? Car si ce sont les honnêtes gens qui reçoivent la vérité et se tournent vers Christ, alors il faut que ceux qui te suivent soient des gens malhonnêtes, des gens comme toi. »

Je fus poussé ensuite à charger James Lancaster d'organiser une réunion à la maison à clocher de John Wilkinson, près de Cockermouth ; c'était un prêtre très réputé, il était à la tête de trois paroisses.

Le jour suivant, nous allâmes à la maison à clocher où James Lancaster avait convoqué la réunion. Il y avait à cette réunion douze soldats qui étaient venus de Carlisle avec leurs femmes; les gens de la campagne entraient comme s'il s'était agi d'une foire. Je logeais dans une maison à quelque distance, en sorte que beaucoup d'Amis arrivèrent avant moi. Quand j'arrivai, je trouvai James Lancaster qui parlait sous un if; tant de gens s'étaient installés dans ses branches que j'avais peur qu'elles ne cédassent sous eux. Je cherchai une place où je pourrais m'installer pourparler au peuple; car ils étaient tous dispersés dans tous les coins, tels des gens qui investiraient une place forte. Quand on m'eut découvert, un homme s'approcha de moi et me demanda si je ne voulais pas entrer dans l'église; ne voyant pas d'autre endroit convenable pour parler au peuple, je répondis : « Oui  » ; sur quoi la foule se précipita à l'intérieur en sorte que, quand j'entrai, la nef et la chaire étaient si pleines que c'est à grand' peine que je pus y pénétrer ; ceux qui ne pouvaient entrer se tenaient près des portes. Quand tout le monde fut entré, je me mis debout sur un siège; et le Seigneur ouvrit ma bouche pour que j'annonce Sa vérité éternelle ...

Ainsi, quand j'eus annoncé à tous la parole de vie pendant environ trois heures, je les quittai et ils se retirèrent parfaitement satisfaits.

L'un d'entre eux me suivit en m'adressant des paroles élogieuses mais elles furent pour moi comme une épine. Je me retournai enfin et lui dis de craindre le Seigneur; sur quoi, le prêtre Larkham de Cockermouth, (car plusieurs prêtres s'étaient rassemblés sur le chemin en sortant de la réunion), me dit: « Monsieur, pourquoi jugez-vous ainsi? Il ne faut pas juger. » Mais je me retournai vers lui et lui dis: « Ami, est-ce que tu ne distingues pas une exhortation d'un jugement? Je l'ai exhorté à craindre Dieu: pourquoi dis-tu que je le juge? » Ce fut le commencement d'une discussion entre ce prêtre et moi; je lui montrai qu'il appartenait aux faux prophètes et aux mercenaires stupides. Comme plusieurs se sentaient poussés à lui parler, il se retira bientôt avec deux ou trois autres prêtres. Quand ils furent partis, John Wilkinson, qui était le prédicateur de cette paroisse et de deux autres paroisses de Cumberland, s'embarqua dans des raisonnements, parlant contre sa propre conscience pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que la plupart des assistants se tournèrent contre lui. Il croyait m'exténuer, mais la puissance du Seigneur l'exténua lui-même et la vérité du Seigneur fut sur lui et sur nous tous. Des centaines de gens furent convaincus ce jour-là et reçurent le Seigneur Jésus-Christ et son enseignement gratuit avec joie. Quelques-uns d'entre eux sont morts dans la Vérité et beaucoup en sont encore de fidèles témoins. Les soldats aussi furent convaincus, ainsi que leurs femmes, et restèrent avec moi jusqu'au Premier jour suivant.


« UN ESPRIT DE DISCERNEMENT »

Comme j'étais assis dans une maison pleine de monde, annonçant la parole de vie, je jetai les yeux sur une femme et je discernai en elle un esprit impur. Je fus poussé par le Seigneur à lui parler sévèrement et à lui dire qu'elle était une sorcière. sur quoi elle sortit de la chambre. Comme j'étais étranger dans ce pays et que je ne savais rien de cette personne, les gens furent étonné que je l'eût ainsi appelé une sorcière et me dirent après que j'avais fait une grande découverte car tout le village croyait qu'elle était une sorcière. Le Seigneur m'avait donné un esprit de discernement, par lequel plusieurs fois je pus voir l'état et la condition des gens,et que je pouvait éprouver les esprits. En effet, peu de temps auparavant, en allant à une réunion, voyant quelques femmes dans un champ, je discernai qu'elles étaient des sorcières; je fus poussé à sortir du chemin pour aller leur parler dans le champ et je leur déclarai leur condition, leur disant à quel point elles étaient oint d'un esprit de sorcellerie. Une autre fois, il vint une autre sorcière à Swarthmoor Hall, au moment de la réunion; et je fût conduit à lui parler sévèrement, et je lui dit qu'elle était une sorcière; et les gens me dirent par après, qu'elle croyait généralement en être une. Un autre jour, une femme vint et se tint à quelque distance de moi; je jetai les regards sur elle et je lui dis : «  Tu as été une prostituée  » ;’ car j'ai vu parfaitement la condition et la vie de cette femme. La femme me répondit que beaucoup de gens pouvaient lui parler de ses péchés extérieurs, mais personne de son état intérieur. Alors je lui dit, que son coeur n'était pas droit devant le Seigneur; et que la condition extérieur dépandait de la condition intérieur. Plus tard, cette femme fût convaincue de la vérité de Dieu et devînt une Amie. ...

Arrivé à Carlisle, j'allai au Château parmi les soldats, qui battirent du tambour et convoquèrent la garnison. Je prêchai la vérité au milieu d'eux, cherchant à les amener à prendre le Seigneur Jésus-Christ pour Maître, à recevoir en eux Son Esprit, qui les ferait passer des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu. Je leur recommandai de n'user de violence envers personne, mais de mener une vie chrétienne; les avertissant que Celui qui devait être leur Maître deviendrait leur condamnateur s'ils lui désobéissaient. Je les quittai alors, sans avoir excité de leur part aucune opposition, excepté chez les sergents qui, plus tard, furent convaincus.


« NE ME PERCE PAS AVEC TES YEUX »

Le jour du marché, je me rendis à la Croix du marché. Or, les magistrats avaient proféré des menaces à mon sujet et envoyé leurs sergents; les femmes des magistrats avaient dit que, si je venais, elles m'arracheraient les cheveux de la tête, et que les sergents m'arrêteraient. Néanmoins j'obéis au Seigneur Dieu; j'allai à la Croix, et leur annonçai que « le jour du Seigneur allait venir sur eux, sur leurs voies de mensonge et leur commerce trompeur ; je les exhortai à renoncer à leurs supercheries et à leurs fraudes, à s'en tenir au Oui et au Non, et à se dire la vérité les uns aux autres » ; ainsi la vérité et la puissance de Dieu leur furent dévoilées.

Lorsque j'eus annoncé au peuple la parole de vie, la foule devint si grande que les sergents ne purent arriver jusqu'à moi; non plus que les femmes des magistrats; ainsi je m'en allai tranquillement. Beaucoup de gens et de soldats vinrent à moi ainsi que quelques Baptistes qui m'étaient d'abord violemment opposés. Un de leurs diacres, un vieillard, sentant que la puissance du Seigneur était sur eux, se mit à crier de colère. Là-dessus, je fixai mes yeux sur lui, et je lui parlai vivement dans la puissance du Seigneur; il s'écria: « Ne me perce pas ainsi avec tes yeux; détourne-les de moi. »

Le Premier jour suivant, j'allai dans la maison à clocher; et quand le prêtre eut fini, j'annonçai la vérité au peuple, et prêchai la parole de vie. Le prêtre s'en alla et les magistrats m'engagèrent à sortir de la maison à clocher. Mais je continuai à leur annoncer la voie du Seigneur et je leur dis que j'étais venu leur dire une parole de vie et de salut de la part de Dieu. La puissance du Seigneur agit parmi eux d'une façon si terrible que les gens en étaient tout agités et tremblants et qu'ils croyaient que la maison tremblait; quelques-uns craignaient même qu'elle ne leur tombât sur la tête. Les femmes des magistrats étaient en furie, et elles faisaient tous leurs efforts pour m'atteindre, mais les soldats et les gens bienveillants se pressaient pour me défendre. A la fin, les gens grossiers de la ville  s’ameutèrent et arrivèrent à la maison à clocher avec des bâtons, criant : «  A bas ces coquins à tête ronde » ; et ils jetaient des pierres.

Là-dessus, le gouverneur envoya quelques mousquetaires dans la maison à clocher pour apaiser le tumulte, et il commanda aux autres soldats de sortir. Alors ces soldats me prirent amicalement par la main et voulurent me faire sortir avec eux. Quand nous arrivâmes dans la rue, la ville était en émoi, et le gouverneur descendit. Quelques-uns des soldats furent mis en prison pour avoir pris mon parti contre les gens de la ville. Un lieutenant qui avait été convaincu vint vers moi et me fit entrer dans sa maison où se tenait une réunion baptiste; des Amis y vinrent aussi et nous eûmes une réunion très tranquille; ils entendirent avec joie la parole de vérité et beaucoup la reçurent.

Le jour suivant, les juges et les magistrats étant assemblés à l'hôtel de ville, ils lancèrent un mandat d'arrêt contre moi, et me citèrent devant eux. Je me trouvais alors dans la maison d'un Baptiste; mais apprenant la chose, je me rendis à la Cour, où se trouvaient beaucoup de gens grossiers dont quelques-uns avaient déposé, sous la foi du serment, des choses fausses et étranges contre moi.


DANS LA PRISON DE CARLISLE

Après un long examen, ils me condamnèrent à la prison comme blasphémateur, hérétique et séducteur quoiqu'ils ne pussent m'imputer avec justice aucune chose semblable. Il y avait deux geôliers dans la prison de Carlisle, un chef et son subordonné; on aurait dit deux gardiens d'ours. Quand je fus amené, le geôlier en chef me fit entrer dans une grande chambre, et me dit que je pourrais avoir ce que je voudrais. Mais je lui répondis qu'il ne devait pas s'attendre à recevoir de l'argent de moi, car je ne voulais ni coucher dans aucun de ses lits, ni manger aucun de ses plats. Alors il me mit dans une autre chambre, où, un peu plus tard, on m'apporta de quoi m'étendre. C'est là que je restai jusqu'au jour des Assises; le bruit courut que je serais pendu. Le principal « sheriff » - dont le nom était Wilfred Lawson - les poussait beaucoup à m'ôter la vie, et offrait de me conduire lui-même à la potence. Ils étaient dans une colère noire contre moi, et ils me firent garder par trois mousquetaires, l'un à ma porte, le second au bas de l'escalier et le troisième à la porte extérieure; et ils ne permettaient à personne de venir vers moi, sauf à celui qui devait entrer de temps en temps pour m'apporter les choses indispensables.

Le soir, ils m'envoyaient des prêtres, - il en venait parfois jusqu'à dix heures du soir - ; ils se montraient grossiers et diaboliques. C'étaient de méchants prêtres écossais, des Presbytériens, gonflés d'envie et de malice, qui n'étaient pas dignes de parler des choses de Dieu, ayant toujours l'injure à la bouche ; mais le Seigneur, par Sa puissance, me donna de l'autorité sur eux tous; et je leur montrai l'esprit qui les animait et les fruits qu'ils portaient. De grandes dames vinrent aussi pour voir l'homme qui allait mourir, à ce qu'on disait. Et tandis que le juge, les magistrats et le shérif complotaient ensemble pour me faire mourir, le Seigneur fit échouer leurs desseins d'une façon inattendue; en effet, comme je l'appris plus tard, le greffier souleva une question de droit qu'ils ne purent élucider; en sorte qu'ils ne purent pas me traduire devant les juges.

Les juges étaient résolus à ne pas me citer mais, me calomniant et me tournant en dérision derrière mon dos, ils me livrèrent aux: magistrats de la ville, les encourageant de leur mieux à exercer sur moi leur cruauté. Sur quoi, après que les juges eurent quitté la ville, ordre fut donné au geôlier de me mettre dans le donjon au milieu des brigands, des voleurs et des assassins, ce qu'il fit. C'était un endroit sale et immonde, où les hommes et les femmes étaient mélangés d'une manière très inconvenante ; les prisonniers étaient tellement remplis de poux qu'une femme faillit en périr. Cependant, si triste que fût cet endroit, les prisonniers devinrent très affectueux envers moi; quelques-uns furent convaincus par la vérité, comme autrefois les publicains et les femmes de mauvaise vie; en sorte qu'ils étaient capables de fermer la bouche à n'importe quel prêtre qui s'aventurât à venir à la grille pour avoir une discussion avec nous.

Mais le geôlier était très cruel et son subordonné se montrait très injurieux envers moi et envers les Amis qui venaient me voir ; si des Amis s'approchaient de la fenêtre pour me voir, il les battait avec un grand bâton, comme il aurait battu une balle de laine. Je pouvais grimper sur la grille, et c'est là qu'il m'arrivait de prendre mes repas, ce qui fâchait souvent le geôlier. Un jour, il entra furieux et me frappa avec un grand bâton quoique cette fois je ne fusse pas sur la grille ; tout en me battant il criait : « Descends de la fenêtre », alors que j'en étais à une bonne distance. Pendant qu'il me battait, je fus rendu capable de chanter dans la puissance du Seigneur, ce qui ne fit qu'accroître sa rage. Alors il alla chercher un violoniste qu'il amena près de moi, lui disant de jouer, et croyant me vexer par là ; mais tandis qu'il jouait, je fus poussé à chanter dans la puissance éternelle du Seigneur Dieu ; et ma voix couvrit le son du violon, en sorte que le violoniste renonça à jouer et se retira tout honteux.


JAMES PARNELL

Pendant que j'étais dans le donjon de Carlisle, James Parnell, un jeune garçon de seize ans environ, vint me voir et fut convaincu. Le Seigneur fit bientôt de lui un ministre puissant de la parole de vie, et beaucoup furent amenés à Christ par son moyen, quoique sa vie ait été courte. Car, voyageant dans le comté d'Essex, pour l'œuvre de son ministère, en l'année 1655, il fut enfermé au Château de Colchester, où il endura beaucoup de privations et de souffrances ; le cruel geôlier le mit dans un trou percé dans le mur du château, qu'on appelait le Four, et qui était si élevé au-dessus du sol qu'il devait y monter par une échelle; cette échelle étant trop courte de six pieds, il était obligé, pour atteindre son trou, de grimper de l'échelle en s'accrochant à une corde fixée plus haut. Quand les Amis voulurent lui donner une corde et une corbeille par laquelle il aurait pu hisser sa nourriture jusqu'à lui, le geôlier inhumain ne le leur permit pas, mais il l'obligea à descendre et à remonter par cette échelle trop courte et par la corde, pour chercher sa pitance (ce qu'il fit pendant longtemps), sous peine de mourir de faim. A la fin, ses membres étaient tout ankylosés par suite de sa réclusion dans ce trou; un jour qu'il était descendu pour chercher quelque nourriture, comme il remontait avec ses vivres dans une main, et voulait saisir la corde de l'autre, il manqua la corde et tomba d'une grande hauteur sur la pierre; il fut gravement blessé à la tête et aux bras, et son corps fut si meurtri qu'il mourut peu après.

Quand je vis que je ne devais pas comparaître et être Jugé en audience publique (quoique j'eusse déjà répondu par écrit aux accusations portées contre moi, lors de ma première comparution), je fus poussé à écrire la déclaration suivante par laquelle je mettais tous ceux qui niaient la vérité et qui me calomniaient au défi de s'avancer et de prouver la vérité de ce dont ils m'accusaient:

« S'il se trouve quelqu'un, en Westmoreland, en Cumberland, ou ailleurs, qui, faisant profession de christianisme et prétendant aimer Dieu et le Christ, n'est pas content de la façon dont moi, George Fox, j'ai annoncé et prêché les choses de Dieu, qu'ils expriment ouvertement leur mécontentement par leurs écrits, au lieu de calomnier, de mentir et de persécuter en secret : voilà ce que je vous demande à tous en présence du Dieu vivant devant lequel vous comparaîtrez tous. Le but de ce message est d'exalter la vérité et de confondre le mensonge. Je m'adresse à ce qu'il y a de divin dans vos consciences; exprimez oralement ou par écrit votre désapprobation devant n'importe lequel de ceux que vous appelez Quakers, afin que la Vérité soit exaltée et que tout puisse venir à la lumière, cette lumière que Christ a allumée en toute âme d'homme.

« Voilà ce que le Seigneur m'a poussé à écrire et à publier pour qu'on l'affiche aux Croix sur les places des marchés, dans le Westmoreland et ailleurs. Je m'adresse à la lumière de Christ en vous, afin qu'aucun d'entre vous ne parle mal des choses de Dieu qu'il ne connaît pas; qu'aucun n'agisse contrairement à la lumière, par laquelle les Ecritures ont été inspirées; de peur que vous ne vous trouviez avoir combattu contre Dieu et que la main du Seigneur ne se tourne contre vous. »  
 
George Fox »

Pendant que j'étais ainsi retenu dans le donjon de Carlisle, le bruit qui avait pris naissance lors de la session des Assises concernant ma condamnation à mort se répandit de proche en proche ; de telle façon que le « Petit Parlement» qui siégeait alors, apprenant qu'un jeune homme allait être exécuté à Carlisle pour cause de religion, fit envoyer aux officiers de police et aux magistrats une lettre me concernant...

Peu de temps après, la puissance du Seigneur vint sur les juges et ils durent me mettre en liberté.

Dans le Northumberland plusieurs vinrent pour se disputer. Certains plaidaient contre la perfection; à ceux là je déclarai, que Adam et Ève étaient parfaits avant la chute: et que tout ce que Dieu avait fait était parfait; et que l'imperfection fût causé par le diable et par la chute: mais que Christ, qui est venu afin de détruire le diable, a dit, “ Soyez donc parfait.” L'un des professeurs allégua que Job avait dit, “l'homme mortel sera t-il plus pur que son créateur? Les cieux ne sont pas propres à ses yeux. Dieu a accusé ses anges de folie.” Je lui montrai ses erreurs, et lui fis savoir que ce n'était pas Job qui avait dit cela, mais l'un de ceux qui s'opposait à lui; car Job demeura dans la perfection, et garda son intégrité; et eux se firent appeler“les misérables consolateurs.”Ces professeurs dirent que que le corps extérieur était un corps de péché et de mort. Je dévoilai leur erreur en cela également, leurs montrant que“Adam et Ève avaient tous deux un corps extérieur bien avant que le péché et la mort n'entre en eux; et cet homme et cette femme auront un corps extérieur, [ici sur terre ] lorsque le corps du péché et de la mort sera enlevé à nouveau; quand ils seront ramenés à nouveau à l'image de Dieu par Christ Jesus, tel qu'ils étaient avant la chute.” À ce moment ils cessèrent de s'opposer, et nous eûmes de glorieuses réunions dans la puissance du Seigneur.


Nous retournâmes en Cumberland, où nous eûmes une réunion générale de plusieurs milliers dé personnes au sommet d'une colline près de Langlands. Ce fut une réunion glorieuse et céleste, car la gloire du Seigneur brilla sur nous tous; c'est tout juste si nous pouvions nous faire entendre de cette immense assemblée. Leurs yeux étaient fixés sur Christ leur Maître; chacun était assis « sous sa propre vigne », en sorte que lorsque Francis Hogwill alla les voir quelque temps après, il trouva inutile de leur parler, car ils étaient à l'école de leur Maître, Jésus Christ. Une grande conviction se produisit en Cumberland, dans le comté de Durham, en Northumberland, en Westmoreland, dans le Lancashire et le Yorkshire; les plantes de Dieu croissaient et fleurissaient, la pluie du ciel descendait, la gloire de Dieu resplendissait sur elles, en sorte que le Seigneur ouvrit la bouche à un grand nombre pour qu'ils chantassent ses louanges, et que les petits enfants et les nourrissons eux-mêmes fussent revêtus de sa force.

Remarque: les quatres miracles cités ci- dessous ont été omis des Oeuvres de Fox de 1831,incluant le Journal I et II sous l'instruction d'un comité de surveillance Quaker, appellé la réunion du matin, par Thomas Elwood, le rédacteur officiel du journal de Fox; mais curieusement retrouvé dans la version sérieusement abrégée par Penney, le Petit Journal, écrit par Fox à la prison de Lancaster et qui fut largement traduit en plusieurs langues. Ceci est une partie apparente d'une conspiration parmi les Quakers visant à réduire la valeur des miracles de George Fox, curieusement, possiblement encouragés par les propres commentaires de Fox :nous ne nous sommes pas glorifiés dans de telles chose , mais beaucoups de ces choses ont été faites par la puissance de Christ.  Cette diminution causa même la perte d'un manuscrit intitulé: Un Livre de Miracle , qui ne fut jamais publié, bien que Fox des fonds et des instructions dans sa volonté pour sa publication. Dans ce Journal, Elwood a omis beaucoups d'autres miracles de George Fox qui étaient inclus dans le très rare Journal Cambridge. Il existe même un livre imprimé à son sujet, qui a pour titre ' Le Livre des Miracles de George Fox ', qui reconstruit plusieurs miracles provenant de diverses sources, mais qui n'est évidemment qu' un simple échantillon de ce qui s'est réellement produit. Apparemment, l'enregistrement de plusieurs miracles fût supprimé par crainte des générations subséquentes,qu'en doutant des miracles, douteraient du message de la vérité.

J'entrai dans la Chambre de l'Abbaye, et de là vint une femme démente qui était parfois très désespérée. Et elle tomba sur ses genoux et cria, "Enlevez vos chapeaux , de grâce, la grâce est suspendu à votre cou." Et ainsi la puissance du Seigneur traversa en elle car elle était consciente de sa condition,et elle vînt ensuite et confessa cela aux Amis.

J'allai à un autre endroit dans le Cumberland, où je vis une femme égarée et désespérée qui tentait parfois de tuer ses enfants et son mari. Le Seigneur Dieu me poussa à lui parler. Elle tomba à genoux en pleurant et dit qu'elle marcherait sur ses genoux nus, si je lui permettais de m'accompagner. La puissance du Seigneur agit en elle, et elle s'en retourna chez elle guérie. Et à Bishoprick, pendant que J'y étais, on m'amena une femme,attachée derrière un homme, elle ne pouvait ni manger ni parler et il y avait longtemps qu'elle était ainsi. Et ils l'amenèrent à moi dans la demeure d'Anthony Pearson. Le Seigneur m'incita à lui parler, en sorte qu'elle se mit à manger et à parler et qu'elle fut guérie; et elle se leva derrière son mari sans aucune aide et s'en alla.

En quittant le Cumberland, j'arrivai un jour à Hawkshead, et je descendis chez un Ami. La jeune Margaret Fell était avec moi ainsi que William Caton. Comme il faisait un froid très vif, nous entrâmes et la servante nous alluma un feu en l'absence de ses maîtres qui étaient au marché. Il y avait là un garçon âgé d'onze ans environ, qui était couché dans un petit lit qu'on balançait. Il avait grandi d'une façon excessive. Je jetai les yeux sur ce garçon; voyant qu'il était très sale, je dis à la jeune fille de lui laver la figure et les mains, de le lever et de me l'amener. Alors je fus poussé par le Seigneur à poser mes mains sur lui et à lui parler; puis je dis à la jeune fille de l'emmener et de l'habiller. Après cela, nous nous retirâmes.

Quelque temps après, je frappai à la porte de cette maison, je vis la mère du jeune garçon. « Oh ! s'écria-t-elle, venez, et tenez une réunion dans notre maison, car tout le monde dans le pays est convaincu par le grand miracle qui a été accompli ici sur mon fils. Nous l'avions amené à Wells et à Bath, et tous les docteurs l'avaient abandonné; son grand-père et son père craignaient qu'il ne meure et que le nom ne disparaisse, car nous n'avons que ce fils; mais peu après votre départ, ajouta-t-elle, nous sommes rentrés et nous avons trouvé notre fils jouant dans la rue. C'est pourquoi, continuait-elle, tout le pays viendrait vous entendre, si vous veniez tenir une réunion ici. » Ceci se passait trois ans après que je l'avais vu pour la première fois ; il était devenu un jeune homme bien bâti et en pleine santé. Le Seigneur en soit béni.

<Prochain Chapitre >

 


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