Le Journal de George Fox - 1662 - 1666 - Prison au Château de Scarborough <page 4 >


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Dans l'après-midi j'étais à nouveau ramené parmi les voleurs, où je me trouvais avec mon chapeau sur la tête jusqu'à ce que le geôlier me l'enlève. Puis le jury ayant trouvé ce nouvel acte d'accusation contre moi, « pour refus de prêter serment », J'ai été appelé à la barre, et le juge m'a demandé, « ce que j'avais à dire pour ma défense ? » Je leur ai demandé de lire l'acte d'accusation, je ne répondrais pas à ce que je n'a pas entendu. Le greffier le lut et tandis qu'il lisait, le juge a dit : « prenez garde car cette fois-ci il ne sera pas faux ; » mais il le lus de telle manière, que je ne comprenais guère ce qu'il lisait. Quand il eut terminé, le juge me demanda mes propos face à l'acte d'accusation Je lui ai dit, pour ce que j'ai pu entendre à la lecture du document et à une distance telle que je n'entendais pas distinctement toutes les parties de celui-ci, je ne pouvais pas bien savoir quoi dire à cela.

Mais s'il aurait voulu me laisser avoir une copie et me donner le temps de l'examiner, je pourrais y répondre. » Ceci les arrêta un peu ; mais après un certain temps le juge me demanda : « combien de temps j'aurais ? » J'ai dit, « jusqu'aux prochaines assises. » « Mais, » dit-il, « quel plaidoyer ferez-vous maintenant ? Vous êtes coupable ou non coupable ? » J'ai dit, ' je ne suis pas coupable du tout de refuser de prêter serment obstinément et délibérément ; et en ce qui concerne ces choses mentionnées dans le serment, comme les complots jésuitiques et des puissances étrangères, je les rejette totalement dans mon cœur. Si je pouvais prêter serment là dessus je le ferais; mais j'ai jamais prêté serment dans ma vie. » Le juge a répondu, « j'ai dit bien ; mais », il a dit, « le roi a prêté serment, le Parlement prêté serment, j'ai prêté serment et les juges ont prêté serment, et la Loi est préservée par les serments. » Je lui ai dit, « vous avez eu une expérience suffisante d'hommes qui ont juré, et vous avez vu comment les juges et le jury avaient mal juré l'autre jour ; et s'il avait lu dans le livre des martyrs, combien d'entre eux avait refusé de jurer, tant dans le temps des dix persécutions et aux jours de l'évêque Bonner, vous pourriez voir, que le refus de prêter serment par obéissance à la commande du Christ n'était pas chose nouvelle. » Il a dit : « Je souhaiterais que les loi en soit autrement. » J'ai dit : « notre Oui est oui et notre non est non ; et si nous transgressons notre oui ou notre non, nous devons souffrir tout comme les autres qui jure faussement. Je lui ai dit que ceci nous l'avions offert au roi, et le roi avait dit : « que cela était raisonnable ».

Après que quelques autres discours, ils m'ont remis en prison encore une fois, là pour que j'y reste jusqu'aux prochaines assises ; et le colonel Kirby donna des ordres au geôlier, de me garder étroitement, et de ne tolérer qu'aucune chair vivante ne vienne à moi ; car « Je n'étais pas digne, » dit-il, « d'être en conversation avec les hommes. » je fus mis dans une tour, où la fumée des autres prisonniers devenait si épaisse, qu'on aurait dit de la rosée sur les murs, et parfois elle était si épaisse que je ne voyais guère la bougie quand elle brûlait. J'ai été verrouillé sous trois verrous ; et lorsqu'il y avait beaucoup de fumée, le sous-geôlier ne pouvait guère être persuadé de venir pour déverrouiller l'une des portes les plus hautes, car il craignait la fumée ; tellement que j'étais presque étouffé. En outre il pleuvait sur mon lit ; et souvent, lorsque j'essayais de garder la pluie dehors dans la saison d'hiver froide, ma chemise devenait aussi humide que de la boue avec la pluie qui tombait sur moi tandis que je travaillais à ce qu'elle n'entre pas. Et, étant donné que l'endroit était élevé et en proie au vents, parfois aussitôt que je bouchais le trou, le vent l'ouvrait aussi vite. De cette manière, je passai tout ce long et froid hiver jusqu'aux assises suivantes ; dans laquelle j'étais tellement dépourvu avec le froid et la pluie, que mon corps a considérablement enflé, et mes membres étaient très engourdis.

Les assises commencèrent le seizième jour du mois appelé mars, 1664-5. Les mêmes juges, Twisden et Turner, étant sur ce circuit encore une fois, le juge Twisden assis cette fois-ci sur la Couronne-banc, et je fus amené devant lui. J'avais moi-même informé qu'il y avait également des erreurs dans cet acte d'accusation. Car bien qu'aux assises avant, juge Turner dit aux officiers de la Cour, « je vous prie de voir à ce que tous les serments soient dans l'acte d'accusation et que le mot sujet y soit aussi, et que le jour du mois et l'année du roi y soit correctement mis ; car c'est une honte que tant d'erreurs puissent être trouvées devant le visage du pays; » pourtant, beaucoup d'erreurs et de grandes, se retrouvaient dans cet acte d'accusation autant que dans l'ancien. La main du Seigneur était sûrement dans ce document, pour confondre leur travail malicieux contre moi et pour les aveugler devant leurs erreurs. De sorte que même si, suite à la rédaction de l'acte d'accusation aux dernières assises, le juge l'avait examiné lui-même et vérifié avec les greffiers, pourtant le mot sujet avait été écarté de cette accusation aussi, le jour du mois avait été mis de manière erroné et plusieurs mots importants du serment avaient été omis ; Pourtant ils allaient avec confiance contre moi, pensant que tout était sûr et correcte. Quand je fus amené à la barre, et que le jury fut appelé à prêter serment, le greffier me demanda tout d'abord, « si j'avais une objection à faire concernant les membres du jury ? » Je lui ai dit, « Je ne connaissais aucun d'entre eux. » Puis, après avoir fait prêté serment au jury, ils assermentèrent trois des officiers de la Cour, pour prouver, « que le serment m'avait été présenté aux dernières assises », selon l'acte d'accusation « Allons, allons », dit le président, « cela ne s'est pas passé dans un coin. » Puis il me demanda ce que j'avais à dire, et si j'avais prêté serment aux dernières Assises. Je répétai ce que j'avais déjà dit, c'est-à-dire que le livre sur lequel on avait volume faire jurer disait : « Ne jurez pas du tout » ; je leur dis bien des choses que j'avais déjà dites auparavant, à mesure qu'elles revenaient à ma mémoire. Sur quoi le président dit : « Je ne veux discuter avec vous que sur des points de légalité. »   « Dans ce cas, dis-je, j'ai quelque chose à dire au jury concernant l'acte d'accusation. »  Il me dit que je n'étais pas autorisé à parler au jury, mais 'que si j'avais quelque chose à dire je devais m'adresser à lui. Je lui demandai alors si le serment devait être prêté seulement par les sujets du roi , ou par les sujets des princes étrangers? » Il répondit : « Par les sujets de ce royaume. » Et il ajouta : « Je ne discuterai avec vous que les points relatifs à la légalité. » « Alors, dis-je, regarde l'acte d'accusation, et tu verras que le mot sujet a été omis comme dans le précédent. C'est pourquoi', du moment que le serment ne peut être demandé qu'à  des sujets de ce royaume et que je ne suis pas désigné comme étant un sujet du Roi, la Cour ne doit pas tenir compte de cet acte d'accusation.» Je n'eut pas plus tôt dit ainsi, mais le juge a pleuré, ' emmener loin, geôlier, emmener. " J'avais à peine achevé de parler que le juge s'écria : « Emmenez-le, geôlier, emmenez-le.» Je fus donc emmené en hâte. Le geôlier et le public se demandaient quand on me ferait rentrer; mais je ne fus plus appelé devant la Cour, quoique j'eusse encore beaucoup de graves erreurs à signaler dans l'acte d'accusation. Quand je fus parti, le président demanda aux jurés s'ils étaient d'accord. Ils répondirent : « Oui », et se prononcèrent pour le Roi contre moi, comme on me le répéta. Mais je ne fus pas appelé pour entendre ma sentence et il n'y en eut aucune prononcée contre moi, pour autant que j'en fus informé. J'appris que, après avoir regardé l'acte de plus près, ils se rendirent compte qu'il ne valait rien. Le juge avait fait juré les officiers de la Cour de dire que le serment m'avait été tendu aux assises original sur un certain jour, comme cela avait été fixé dans l'acte d'accusation et que c'était le mauvais jour. Si le juge m'avait permis de continuer à plaider pour l'acte d'accusation, j'aurais pu prouver que les officiers de la Cour s'étaient encore une fois, et l'on pensait que c'était là la raison pourquoi il m'a fait emmené aussi vite. Le juge avait passé la sentence de premunire à Margaret Fell, avant que je fus amené ; et il semble que, lorsque je fus amené loin, la Cour m'inscrivit dans leur registre comme ayant été condamné ; c'était tout à fait illégal. Car, non seulement j'aurais dû être présent pour entendre la sentence prononcée contre moi, mais encore ils auraient dû me demander ce que j'avais à objecter à cette sentence. Ils savaient que j'avais tant à dire que, si l'on m'avait laissé parler, ils n'auraient pas pu rendre leur arrêt.

Lorsque j'étais prisonnier au château de Lancaster, il y avait beaucoup de bruit et de conversations Turcs envahissant la Chrétienté , puis une grande crainte s'empara de plusieurs. Mais un jour, tandis que j'allais et venais dans la cellule de ma prison, Je vis la Puissance du Seigneur se tourner contre les Turcs , et qu'ils battaient en retraite . Je déclarai à quelques uns ce que le Seigneur m'avait laissé voir, alors que la crainte de l'envahisseur se répandait de toutes parts; et moins d'un mois après cette nouvelle vint, où il fût rapporté, « qu'ils l'avaient défait ».

(Note : L'armée Turc avait entouré Vienne, menaçant ainsi la totalité de l'Europe Chrétienne. Un urgent appelle à l'aide fût envoyé aux Cosaques de l'Ukraine,réputés pour leurs capacités de combat contre les Turcs et les Tartares. Plusieurs milliers répondirent, puis avec l'armée Autrichienne et Polonaise, lancèrent une attaque coordonnée provoquant ainsi la défaite des Turcs. Les Cosaques poursuivirent le retrait de l'armée Turcs, pour finalement les détruire tout près de Budapest.)

De Vaillants pour la Vérité :

Alors que l'année 1664,tirait à sa fin, la persécution continuait d'augmenter, et le nouvel an débutait tristement. Le roi déclara qu'il souhaitait ni voir les Quakers, ni entendre parler d'eux, comme il ne pouvait rien faire plus pour eux ; et donc les Amis allaient le matin du premier jour pour assister à leur lieu d'adoration, aucun d'entre eux ne savait s' il ne verrait plus jamais sa maison et ses biens aimés. Pourtant bien que ces mesures sévères étaient exigées pour forcer l'uniformité en matière de religion, la véritable religion n'était jamais plus négligée. Les manières et les habitudes de l'époque étaient corrompues et immorales. Le dérèglement de la Cour a été répété parmi les gens du commun, et « ivresse, les jurons profanes et la débauche abondaient dans la nation. »

De nombreuses remontrances et avertissements prophétiques furent envoyés au roi et au Parlement, par des Amis sérieux qui se sentaient contraints du Seigneur de les avertir de ses jugements.

L'un a été écrit par George Fox « le jeune », comme il l'appelait, pour le distinguer de l'ancien combattant maintenant enfermé dans le château de Scarborough. Plus tôt en 1661, il pleure sur les jugements qui tombent sur l'Angleterre, disant : le Seigneur lui avait parlé concernant les habitants. « Un débordés fléau, oui, même un grand fléau, oui, même un grand et terrible jugement, tombera sur la terre, et beaucoup en elle vont tomber et être emportés. »

Un autre Ami a écrit l'épître laconique suivante, adressée au roi et aux deux chambres du Parlement.

Ne vous mêlez pas avec mon peuple, à cause de leur conscience pour moi et ne les bannissez pas hors de la nation en raison de leur conscience, car si vous le faites, j'enverrai mes plaies sur vous et vous connaîtrez que je suis l'Éternel.

Écrit en obéissance au Seigneur par son serviteur,

« GEORGE BISHOP. »

Au début de l'année 1665 deux grands maux tomba sur la nation Anglaise, dans laquelle il n'était guère surprenants que les Amis y voient la main de l'Éternel, en châtiment, sur un peuple pécheur et persécuteur. La guerre avec la Hollande, débuta sans motif par la Cour d'Angleterre et encouragée par l'égoïsme de la France, apportant avec elle des résultats inévitables des coeurs brisés, le sacrifice de vies précieuses et de l'argent pire qu'un gaspillage.

Une autre fois, comme j'arpentais ma chambre, mes yeux fixés sur le Seigneur, je vis l'ange du Seigneur avec une épée étincelante dirigée vers le sud, et il me semblait que la Cour était en flammes. A quelque temps de là, éclata la guerre avec la Hollande, puis ce fut l'épidémie, et finalement l'incendie de Londres ; c'était bien là l'épée du Seigneur.

(Provenant des Vaillants pour la Vérité) : Comme les premiers mois de l'année passaient, il vint de la ville et hameau un profond cri de terreur, « la peste a éclaté. » Au milieu des festivités de la Cour il marchait un invité involontaire, apportant la peur et l'angoisse dans bien des coeurs Posant impitoyablement la main aussi bien sur les riches et les pauvres, jeunes et vieux, son chemin était parsemé de ses victimes, qui, en cinq mois, étaient estimés à cent mille.

Les affaires à Londres étaient négligées, le marchand quittait son magasin pour s'en aller mourir à la maison, l'artisan cessa son travail, le roi et ses courtisans s'enfuirent à Oxford, et la moitié des maisons dans la ville étaient marquées avec la tablette de mauvais augure, « Seigneur aie pitié de nous. » L'herbe poussait dans les rues populeuses sauf sur celles qui menaient aux cimetières, et le ronflement bien remplie de la vie et des plaisirs a donné lieu aux piégeages lugubres de la mort et au malheur. Au début, les inhumations ne se faisaient que pendant la nuit, mais le nombre de décès augmenta si rapidement, que l'appel rauque était entendue à toute heure, « Apportez notre mort. »

« Comment coulait dans le fond du cœur de tous,
qui roulaient lentement la charrette des morts,
avec la roue grinçante, et le claquement fort du sabot,
Le mourant tourné vers le mur
Pour l'entendre, et pour mourir.
»

Mais malgré cette terrible visitation la persécution des non-conformistes allait de l'avant avec une vigueur sans relâche et la Loi des cinq Miles fut présentée et passé à Oxford. Dans le préambule de ce projet de loi, il a été déclaré, que « les ministres non conformistes instillaient des principes de schisme et de rébellion dans le peuple ». Le projet de loi édicta qu'il devrait être pénale pour « tout ministre non-conformiste d'enseigner dans une école, ou venir dans les cinq milles (sauf pour un voyageur de passage ) de n'importe quelle ville, arrondissement, ville d'entreprises ou n'importe quel endroit que ce soit, dans lequel il avait prêché ou enseigné, depuis l'adoption de la Loi d'uniformité, avant qu'il eut souscrit au serment susmentionné devant un magistrat, etc., en vertu d'une pénalité de 40 £. » Un tiers de cette somme devait être versée à l'informateur. Bien que cette loi visait apparemment le clergé des presbytériens, baptistes et indépendants, elle était néanmoins principalement utilisée pour affliger les Amis.

Les renvois à Newgate continuèrent jusqu'à ce que la peste éclata à l'intérieur de ses murs, lorsque le roi, pressé par les médecins, a ordonné que plus personnes ne soit envoyés là. À l'intérieur de ces murs tristes beaucoup de souffrances furent endurées, cependant, avec un esprit vraiment chrétien. Le témoignage suivant est apporté par George Whitehead, qui est restée à Londres au cours de cette saison terrible pour apporter le réconfort à ses frères emprisonnés : « Quand le chagrin et la tristesse se sont emparées de mon esprit, à la vue de leurs tristes souffrances, cela me rafraîchissait de voir que Christ leur salut et leur rédemption était manifeste pour eux et en eux. Avec une telle vie c'était Christ, même dans cette condition et mourir était un gain, que ce soit à travers la mort, que le Seigneur avait nommé la délivrance finale d'un grand nombre des cruautés et de la verge de leurs oppresseurs. »

Le roi un jour demanda si, « Des Quakers étaient mort de la maladie de carré? » Une réponse affirmative l'aurait incité à dire : « alors ils ne peuvent pas dire que la peste est une punition envoyée pour leurs ennemis, parce qu'ils les ont emprisonné, de sorte qu'ils en meurent aussi. » Mais l'idée puritaine de la punition nationale pour des péchés nationales n'était pas éteinte en Angleterre, et en plus beaucoup d'Amis, pleuraient sur les péchés et la corruption de la journée, à la vue de cette catastrophe, la visitation d'un Dieu offensé.

Les veuves et les orphelins dont les logements étaient rendus désolées par la peste, réclamaient maintenant l'attention de la société, toujours prête à aider leurs compagnons souffrant. Un certain nombre d'Amis, hommes et femmes, se consacraient au travail d'administrer du secours, tenir des réunions régulières une fois par semaine et concevoir des moyens de répondre au besoin des cas présentés. Ceux qui habitent dans le pays ont contribué de leur substance et ont également donné leurs services personnels.

J'étais physiquement très affaibli par cette longue période de captivité dans une prison malsaine ; mais la puissance du Seigneur fut sur moi, elle me soutint à travers tout cela, elle me rendit capable de travailler pour Lui, pour Sa vérité et pour le peuple, autant que les circonstances le permettaient. Car lorsque j'étais dans la prison de Lancaster, je réfutai plusieurs livres, comme la messe, la Prière Commune, le Répertoire et la Foi de l'église ; qui sont les quatre religions principales qui se sont levées depuis les jours des Apôtres. Et depuis qu'il y eut plusieurs Amis en prison à Lancaster et les autres prisons pour ne pas avoir payé la dîme, Je fus amené à écrire les phrases suivantes concernant les dîmes :

À l'époque de la Loi, ceux qui n'apportaient pas leurs dîmes dans l'entrepôt volaient Dieu ; puis, il n'y avait pas viande dans leur maison. C'est pourquoi le Seigneur a commandé, « de les amener dans sa maison, pour qu'il puisse y avoir de la viande dans l'entrepôt, qui devait nourrir les étrangers, les orphelins et les veuves. » Mais ces prêtres qui sont des contrefaçons, qui prennent maintenant les dîmes du peuple par une loi, sont issus de la bête ; et si quelqu'un ne veux pas les payer, ils les emprisonnent, ou leur font payer le triple. Ceux-ci volent les pauvres, volent les orphelins et ne nourrissent pas l'inconnu ni la veuve ; alors le cri de ceux qui ont été volé monte au ciel contre ces faux prêtres. Beaucoup sont presque devenus mendiants par la faute de ces prêtres oppressants, leur bétail et leur maïs leur ont été enlevés ; et ils ont été jetés en prison. D'autres ont été poursuivis en justice par les prêtres et se sont fait saisir par eux le triple en intérêts des dommages ; Pourtant, ces prêtres sont censés être des ministres de l'Évangile. Mais depuis que le prêtre immuable (Christ) est venu, le sacerdoce qui était changeant été rejeté par lui, comme nous avons maintenant rejeté ces prêtres. Mais maintenant si quelqu'un est conduit à crier contre eux, ils sont stockés, battus ou emprisonnés. Beaucoup sont maintenant en prison à Lancaster et en d'autres endroits par une loi nationale, qui n'est pas en accord avec la Loi de Dieu délivrée à Moïse. Nous ne lisons pas que sous la Loi de Moïse quelqu'un a subi une peine d'emprisonnement, ou des saisies de biens pour ne pas avoir payer les dîmes, ou une sommation à payer des dommages-intérêts triples. Assurément, assurément, le cri de la vengeance sera entendue, qui découlera des âmes opprimées qui se trouvent sous l'autel. Il y a beaucoup de prisonniers à Kendal, parce qu'ils ne peuvent pas payer la dîme, comme capitaine Ward, Thomas Robertson et la veuve Garland, qui ont de nombreux petits enfants ; ceux-ci souffrent parce qu'ils ne peuvent pas payer la dîme. D'autres sont dans la prison de Kendal, qui ont été conduit par le Seigneur à parler aux prêtres ; Un a été amenés à aller dans un sac et de la fin avec des cendres sur sa tête. D'autres ont été amenés à aller dans un sac, comme une complainte pour l'état misérable de cette nation, puisque beaucoup prêchent l'Évangile, et pourtant il y a encore tellement de discorde , de débat, de serments et de dissensions parmi le peuple. Mais là où l'Évangile est effectivement reçu, la discorde et les querelles sont terminés et l'oppression est enlevée. Oh ! La terre pleure à cause de l'oppression de ceux qui sont appelés « ministres ! » Et bien que le cri des opprimés n'est pas arrivé jusqu'aux oreilles des magistrats, pourtant le cri du pauvre peuple opprimé de Dieu est arrivé aux oreilles du Seigneur du Sabbat, qui va maintenant se venger sur tous ses adversaires. Vous injustes législateurs et les juges injustes, c'est à cette part dans toutes vos consciences que je parle ; pour être clarifié, soit que vous entendez ou que vous refusez, lorsque vous êtes jugés par le juste juge qui vient du ciel et de la terre, dont la terreur est sortie contre tous les impies, et tous les oppresseurs du peuple de Dieu.

George Fox

Après les Assises, ma présence à Lancaster causa un véritable malaise au colonel Kirby et à quelques autres juges ; car je les avais piqués au vif pendant les séances du procès, et ils firent de grands efforts pour me faire envoyer dans quelque coin reculé. Le colonel Kirby menaçait de m'envoyer au loin, et parfois il disait,  « Que je devrait être envoyé outre mer.» Environ six semaines après les Assises, ils obtinrent du Roi et du Conseil un mandat ordonnant de me faire sortir de Lancaster; ils produisirent en outre une lettre du Comte d'Anglesea disant que, si j'étais coupable des choses dont on m'accusait, je ne méritais ni indulgence ni pardon : pourtant leur principal grief contre moi était que je ne pouvais pas désobéir au commandement de Christ en jurant.

Quand les préparatifs de mon départ furent achevés, le sous Shérif et l'ordonnance du shérif en chef, vinrent, accompagnés de quelques huissiers, me chercher dans la prison du Château; j'étais si débilité par mon séjour que je ne pouvais ni marcher ni me tenir debout. Ils m'emmenèrent dans la maison du geôlier où : se trouvaient William Kirby, un juge et plusieurs autres personnes, 'et ils demandèrent qu'on m'apportât du vin. Je leur dis que je ne nous voulais pas de leur vin. Ils crièrent alors : « Amenez les chevaux. » Je les priai de me montrer un exemplaire de leur mandat s'ils avaient l'intention de m'emmener; mais ils refusèrent de me faire voir autre chose que leurs épées. Je leur dis qu’aucune sentence n'avait été prononcée contre moi, que, pour autant que je n’étais informé, je n'étais pas sous mandat d'arrêt; que je n'étais donc pas le prisonnier du Roi, mais celui du shérif ; qu'ils savaient bien, et tout le pays le savait aussi qu'on ne m'avait pas entendu jusqu'au bout aux dernières Assises, que je n'avais eu la permission de montrer toutes les erreurs qui se trouvaient dans l'acte d'accusation, erreurs qui auraient été suffisantes l'annuler, et qu'on m'avait gardé en prison d'une session à l’autre, en vue de me faire comparaître. Au lieu de me montrer leur mandat, ils me soulevèrent et me firent asseoir sur un des chevaux du shérif Quand je fus à cheval dans la rue, la foule se rassemblant pour me voir, je dis aux officiers qu'ils ne s'étaient montrés vis-à-vis de moi ni chrétiens, ni civils, ni humains. Ils m'emmenèrent précipitamment jusqu'à Bentham, qui était à environ quatorze milles de là, quoique je fusse si faible que c'était à peine si je pouvais me tenir sur ma monture; et mes vêtements sentaient si fort la fumée que j'en étais moi-même dégoûté. Le méchant geôlier, un jeune homme nommé Hunter, venait de temps en temps donner un coup de fouet au cheval pour le faire ruer et sauter; en sorte que, faible comme je l'étais, j'avais beaucoup de peine à me tenir d'aplomb; alors il s'approchait et me regardait en disant : « Comment allez-vous, M. Fox ? » Je lui dis que c'était mal d'agir ainsi. Le Seigneur le retrancha peu après.

Quand nous arrivâmes à Bentham dans le Yorkshire, nous rencontrâmes beaucoup d'hommes de troupe et un officier ; une grande partie des notables du pays se trouvaient là et une foule considérable était réunie pour me contempler. Comme j'étais très faible et fatigué, je demandai la permission de m'étendre sur un lit, ce qu'on m'accorda. Car ceux qui m'amenèrent là donnèrent leur ordre au maréchal, et il mit un garde de ses soldats sur moi. Après qu'ils eurent restés un certain temps, ils prirent des chevaux, levèrent le huissier de la centaine de gendarmes et les autres et m'emmenèrent à Giggleswick cette nuit-là ; mais j'étais extrêmement faible. Là ils ont réveillé les gendarmes avec leurs bottes, qui était assis à boire toute la nuit dans la chambre à côté de moi, afin que je ne puisse pas obtenir beaucoup de repos. Le lendemain, nous allâmes dans une ville de marché où Robert Widders et divers autres Amis vinrent me trouver sur la route. La nuit suivante, je demandai aux soldats où ils avaient l'intention de m'emmener, quelle était ma destination. Quelques-uns dirent : « De l'autre côté de la mer; » d'autres : « Au château de Tynemouth. » Ils étaient en proie à une grande inquiétude, craignant qu'on ne vint m'arracher à leurs mains; mais ces craintes étaient vaines. Nous arrivâmes à York la nuit suivante; l'officier me mit dans une grande chambre où un grand nombre de soldats vinrent me voir. Un de ces soldats, un homme jaloux, entendit que j'étais inculpé, m'a demandé, « quel domaine j'avais, et s'il s'agissait de tenure par copie ou de terre-libre ? » Je ne portai pas attention à sa question ; mais je fus poussé à leur annoncer la parole de vie, et beaucoup d'entre eux se montrèrent très bien disposés. Le soir, Lord Frecheville, qui commandait ces cavaliers, vint vers moi; il fut fort courtois et aimable. Je lui racontai ma captivité et je lui annonçai beaucoup de choses concernant la Vérité. On me garda à York pendant deux jours. Après quoi l'officier et quatre ou cinq soldats furent chargés de m'escorter au château de Scarborough. Quand nous fûmes arrivés, ils m'amenèrent dans une auberge et avertirent le gouverneur qui envoya six soldats pour me garder cette nuit-là. Le lendemain, ils me conduisirent au Château et me mirent dans une chambre sous la garde d'une sentinelle. Comme j'étais extrêmement faible et sujet à m'évanouir, ils me permirent de sortir quelquefois respirer l'air avec la sentinelle. Bientôt, ils me firent quitter cette chambre et me mirent dans une autre où la pluie entrait; elle était remplie de fumée, ce qui m'était très pénible. Un jour, le gouverneur, Sir John Crosland, vint me voir, amenant avec lui Sir Francis Cobb. Je priai le gouverneur d'entrer dans ma chambre pour se rendre compte de quelle façon j'étais logé.J'avais fait faire un peu de feu et la fumée était telle qu'une fois entré dans la chambre, il put à peine trouver son chemin jusqu'à la porte; comme il était Papiste, je lui dis qu'on m'avait mis dans son Purgatoire. Je fus obligé de dépenser quelque chose comme cinquante shillings pour empêcher la pluie d'entrer et pour me défendre contre la fumée. Quand j'eus fait cette dépense et que la chambre fut devenue à peu près tolérable, on me transféra dans une chambre plus mauvaise encore où il n'y avait ni cheminée ni foyer. Comme on était au bord de la mer et pas le moins du monde à l'abri, le vent chassait la pluie de telle façon que l'eau venait sur mon lit et coulait dans la chambre, en sorte que je devais la recueillir dans une écuelle. Quand mes vêtements étaient humides, je n'avais pas de feu pour les sécher; aussi mon corps était-il paralysé par le froid et mes doigts enflèrent tant que l'un était devenu aussi gros que deux. Quoique j'eusse fait pas mal de frais, là aussi, je ne réussis pas à me défendre contre le vent et la pluie. En outre, on ne permettait qu'à un petit nombre d'Amis de venir me voir, quelquefois à aucun, pas même pour m'apporter un peu de nourriture; je fus obligé, pendant le premier trimestre, de payer une personne du dehors pour qu'elle m'apportât des vivres. Parfois, les soldats voulaient les lui prendre, et elle se battait avec eux pour les en empêcher. Plus tard, je payai un soldat pour qu'il aille me chercher du pain et de l'eau, et quelquefois pour qu'il me fasse du feu, quand j'étais dans une chambre où cela était possible. Un pain de trois pence me durait trois semaines, parfois plus longtemps, ma boisson ordinaire était de l'eau dans laquelle on avait fait bouillir ou macérer de l'absinthe. Une fois, alors que les conditions météorologiques étaient très mauvaises, et que j'avais pris un grand coup froid, je pris une petite bière à base de plantes ; et j'ai entendu un des soldats dire à l'autre, qu'ils me joueraient un joli tour, car ils voulaient m'envoyer au gouverneur-adjoint et que pendant ce temps ils allaient boire ma bière à base de plantes fortes ; » et c'est ce qu'ils firent. Quand je suis rentré, un des soldats est venu à moi en raillant et m'a demandé une bière forte. Je lui ai dit, qu'ils avaient joué leur joli tour, et je ne fit aucune autre remarque à cela. Mais puisqu'ils me gardaient ainsi très étroitement confinés, n'accordant pas aux Amis la liberté de me rendre visite, je parlai aux gardiens du château à cet effet : « je ne savais pas jusqu'à ce que je fus enlevé du château de Lancaster et amené prisonnier de ce château de Scarborough, que j'étais condamné avec une inculpation ; car le juge ne m'avais pas donné de sentence à la Cour d'assises en audience publique. Mais puisque j'étais maintenant prisonnier ici, si je ne pouvais pas avoir ma liberté, laissez mes Amis et connaissances avoir leur liberté de venir me rendre visite ; comme les Amis de Paul l'avait chez les Romains, qui n'étaient pas Chrétien mais Païens. Car les amis de Paul avaient leur liberté et tout ceux qui le voulaient, pouvaient lui rendre visite, et il avait sa liberté de leur prêcher dans sa maison de location. Mais je n'ai pas la liberté d'aller vers la ville, ni pour mes Amis de venir à moi ici. Donc vous, qui allez sous le nom de Chrétiens, êtes pires à cet égard que les païens l'étaient. »

Ils me gardaient très strictement. Mais, si les Amis n'étaient 'a pas autorisés à venir, on m'amenait d'autres soit pour m'examiner, soit pour discuter avec moi.

Un jour, une nombreuse compagnie de Papistes vint pour s'entretenir avec moi; ils affirmaient que le Pape était infaillible, et qu'il l'avait toujours été depuis le temps de Pierre. ' Je leur démontrai le contraire, au moyen de l'histoire; en effet, l'un des évêques de Rome (nommé Marcellinus) renia la foi et sacrifia aux idoles; il n'était donc pas infaillible. Je leur dis que s'ils vivaient dans l'esprit infaillible, ils n'auraient pas besoin de prisons, d'épées et de bâtons, de piloris et de tortures, de bûchers et de fagots, de fouets et de galères, pour maintenir leur religion, et de détruire la vie des hommes à cause de la religion. Car s'ils étaient dans l'infaillible esprit, ils préserveraient la vie des hommes, et n'utiliseraient que des armes spirituelles pour la religion. Je leur répétai encore ce qui m'avait été dit par un membre de leur société. Il s'agissait une femme qui vivait dans le Kent, et qui, non seulement avait été Papiste elle-même, mais en avait converti plusieurs à cette religion. Ayant été convaincue de la vérité divine et conduite par elle au Christ, son Sauveur, elle exhorta les Papistes à faire de même. L'un d'entre eux, un tailleur qui était occupé à travailler chez elle tandis qu'elle lui démontrait la fausseté de la religion papiste, la menaça de son couteau; mais elle continua à lui parler hardiment en lui ordonnant de rentrer son couteau. Je demandai à la femme ce que, d'après elle, il s'apprêtait à faire avec son couteau. Elle répondit qu'il l'aurait frappée. « Te frapper ! M’exclamai-je, pourquoi t'aurait il frappée ? Pour ta religion ? » « Oui, répondit-elle, c'est le principe des Papistes que, si quelqu'un se détourne de leur religion, on a le droit de le tuer. »Je racontai cette histoire à ces Papistes, en leur faisant remarquer que je la tenais d'une personne qui avait été des leurs, mais qui avait abandonné leurs principes et dénoncé leurs pratiques. Ils ne nièrent pas que ce principe ne fût le leur; mais, demandèrent-ils : « Allez-vous répandre cela ? » « Oui, rétorquai-je, cela doit être répandu; afin qu'on sache combien votre religion est contraire au véritable Évangile. » Sur quoi ils s'en allèrent dans une grande colère.

Un autre Papiste vint pour discuter avec moi, et dit : « tous les patriarches étaient en enfer, de la création jusqu'à ce que Christ soit venu, et que, lorsque le Christ a souffert, il est allé en enfer et le diable lui a dit : pourquoi êtes-vous ici, pour ouvrir nos cales solides ? Et le Christ a dit, pour faire sortir les patriarches. Alors », dit-il, « Christ était en enfer trois jours et trois nuits pour les faire sortir. » Je lui ai dit que cela était faux ; car le Christ a dit au voleur : « aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.» Et Enoch et Élie ont été traduits dans le ciel. Et Abraham était dans le ciel ; car L'Écriture dit : « Lazare était en son sein ; et Moïse et Élie étaient avec le Christ sur la montagne avant qu'il ne souffrit. » Ces exemples fermèrent la bouche du Papiste et le fit se lever.

J'eus encore la visite du docteur Witty, physicien de grand renom, et de Lord Falconbridge; le gouverneur du Château de Tynemouth les accompagnait ainsi que plusieurs chevaliers. Comme on avait fait appel à Witty, il entreprit de discuter avec moi, et il me demanda pourquoi j'étais en prison. Je lui répondis : « Parce que je n'ai pas voulu désobéir au commandement du Christ en jurant. » Il dit que je devrais prêter serment d'obéissance au Roi. Comme il était grand Presbytérien, je lui demandai s'il n'avait pas prêté serment contre le Roi et la Chambre des Lords, en adhérent à l'alliance de l'Écosse, et s'il n'avait pas depuis lors prêté serment pour le Roi : à quoi donc lui avait-il servi de jurer ? « Mon serment, continuai-je, ne consiste pas à jurer, mais à : observer la vérité et la fidélité. » Après que la discussion se fut poursuivie quelques instants, je fus renvoyé dans ma prison. J'appris ensuite que le Dr Witty s'était vanté dans la ville, parmi ses clients, qu'il l'avait emporté sur moi. Quand j'eus connaissance de ces vanteries, je dis au gouverneur que c'était un mince sujet de gloire pour lui de se proclamer vainqueur d'un prisonnier. Je lui demandai d'inviter le Dr Witty à revenir me voir lors de sa prochaine visite au Château.

Il revint en effet quelque temps après avec seize ou dix-sept grands personnages; il fut encore plus mal inspiré que précédemment. Il affirma devant tous que le Christ n'avait pas éclairé tout homme qui vient au monde ; que la grâce de Dieu, qui apporte le salut, n'était pas apparue à tous les hommes ; enfin que le Christ n'était pas mort pour tous les hommes. Je lui demandai quels étaient ces hommes que le Christ n'avait pas éclairés, à qui Sa grâce n'était pas apparue, et pour lesquels Il n'était pas mort. Il me répondit : « Le Christ n'est pas mort pour les adultères, les idolâtres et les impies. » Je lui demandai si les adultères et les impies n'étaient pas des pécheurs. Il répondit affirmativement. « Le Christ n'est-il pas mort pour les pécheurs ? Continuai-je, « N'est-il pas venu pour appeler les pécheurs à la repentance ? » « Oui », répondit-il. « Alors, lui dis-je, te voilà en contradiction avec toi-même. » Ainsi je lui prouvai que la grâce de Dieu était apparue à tous les hommes, bien que bien que certains s'en étaient détourné pour aller dans la dissolution et marchaient par mépris contre elle ; et que Christ avait éclairé tous les hommes, bien que certains haïssaient la lumière. Plusieurs des gens qui étaient présent confessèrent que cela était vrai ; mais il s'en alla dans une grande colère, et ne revint plus.

Une autre fois, le gouverneur m'amena un prêtre, mais il eut vite la bouche fermée. Peu après, il revint avec deux ou trois membres du Parlement qui me demandèrent si je reconnaissais l'autorité des ministres et des prêtres. Je répondis que oui, s'il s'agissait de ceux que le Christ avait envoyés, ceux qui, ayant reçu gratuitement, donnaient gratuitement, ceux qui avaient été qualifiés et qui vivaient dans la même puissance et le même Esprit qui étaient ceux des apôtres. Quant à leurs évêques et à leurs docteurs, qui se contentaient de toucher une large prébende, (position touchant un revenu) non je ne reconnaissais pas leur autorité ; car ils n'avaient rien de commun avec les apôtres. Car le Christ a dit à Ses ministres : « Allez et prêchez l'évangile à toutes les nations » ; mais vous, membres du Parlement, qui avez donné à vos prêtres et à vos évêques des situations si grassement payées, vous les avez ruinés par là même. Vous imaginez-vous qu'ils vont aller prêcher dans toutes les nations ? Qu’ils iront plus loin qu'il faut pour toucher un large bénéfice ?  « Jugez par vous mêmes s'ils le feront ou pas. »

Il vint encore la veuve de celui qu'on appelait le vieux Lord Fairfax, accompagnée d'une nombreuse société, parmi laquelle un prêtre. Je fus poussé à leur annoncer la vérité ; le prêtre me demanda pourquoi nous disions Tu et Toi aux gens; il dit qu'en le faisant, nous nous conduisions comme des imbéciles et des idiots. Je lui demandai si ceux qui avaient traduit les Écritures, et ceux qui avaient fait la grammaire, étaient des imbéciles et des idiots, étant donné qu'ils avaient traduit les Écritures et constitué la grammaire de telle façon que Tu s'appliquait à une seule personne et Vous à plusieurs. S'ils étaient des imbéciles et des idiots, pourquoi donc lui, et ceux qui, comme lui, se considéraient comme des hommes sensés, n'avaient-ils pas modifié la grammaire et la Bible, en y introduisant le pluriel à la place du singulier ? Mais si la bible et la grammaire avaient été traduit s par des hommes sages, alors je voudrais qu'il considère s'ils ne sont pas fous ou idiots, ceux qui ne parlent pas comme la bible ou la grammaire le leur enseigne ; mais cela les offensa, et ils nous traitèrent d'idiots et d'insensés pour avoir parlé ainsi ! Mais la bouche du prêtre fut fermée, et beaucoup de ceux qui étaient là reconnurent la vérité et se laissèrent assez facilement toucher. Quelques-uns auraient voulu me donner de l'argent, mais je ne voulus pas l'accepter.

Puis vint un docteur appelé Craddock, avec trois prêtres, le gouverneur et sa dame, (soi-disant), et une autre qui était appelée une dame, avec une grande compagnie. Dr Craddock me demanda, pourquoi j'étais en prison. Je lui ai dit : pour avoir obéi à la commande du Christ et de l'apôtre, de ne pas jurer. Mais que si lui, qui est un médecin et un juge de paix, pouvait me convaincre que, après que le Christ et l'apôtre, eurent interdit de jurer, qu'ils ont commandé aux chrétiens, de jurer, alors je jurerais. Il y avait ici la Bible, je lui ai dit, et il pourrait s'il le pouvait me montrer une telle commande. » Il a dit, « il est écrit tu jureras dans la vérité et la droiture ». « Oui, » j'ai dit, « c'était écrit ainsi du temps de Jérémie ; mais que c'était plusieurs siècles avant que Jésus-Christ ait commandés ne pas à jurer du tout ; mais où est-il écrit ainsi étant donné que Christ avait interdit tous les serments ? Je pourrais apporter autant d'exemples dans l'ancien Testament pour l'assermentation comme vous et peut-être plus ; mais quel bien ont-elles pour prouver que le serment est légal dans le Nouveau Testament puisque le Christ et l'Apôtre l'avaient interdit ? » « En outre, » j'ai dit, « dans ce texte où il est écrit, " vous jurerez ", qui est ce vous qui doit jurer ? Est-ce vous Gentils ou vous Juifs ? » À cela, il ne pouvait pas répondre ; mais un des prêtres qui étaient avec lui répondit, « c'était aux Juifs que ceci a été dit. » « Puis Dr Craddock avoué que c'était le cas. » « Très bien », j'ai dit, « mais où Dieu a-t-il jamais donner une commande aux Gentils de jurer ? Car vous savez que nous sommes Gentils par nature. » « En effet, » dit-il, « dans les temps de l'Évangile tout devait être établis dans la bouche de deux ou trois témoins ; mais il ne devait y avoir aucun serment alors. » « Pourquoi, alors », j'ai dit, « vous forcez les serments aux Chrétiens, contrairement à vos propres connaissances du temps de l'Évangile ? Et pourquoi », j'ai dit, « est-ce que vous faites excommunier mes Amis? » (Car il en avait excommunié plusieurs dans le Yorkshire et Lancashire). Il a dit, « parce qu'ils ne viennent pas à l'église. » « Pourquoi », j'ai dit, « vous nous avez laissé il y a plus de vingt ans, quand nous étions que de jeunes garçons et les filles, aux presbytériens, indépendants, et baptistes, dont beaucoup ont saisis nos biens et nous ont persécutés parce que nous ne les suivions pas. Nous étions jeunes, savions alors peu de choses de vos principes et les vieillards qui les connaissaient, si vous aviez l'intention de les garder à vous et de garder vos principes vivants, de sorte que nous aurions pu les connaître, vous n'auriez pas du alors nous fuir comme vous l'avez fait, ou vous auriez du nous avoir envoyé vos épîtres, recueille, homélies et chants du soir ; car Paul a écrit les épîtres aux saints, bien qu'il était en prison. Mais ils et nous aurions pu nous tourner vers les Turcs ou Juifs pour tout ce que vous connaissiez, et pour toute collecte, homélies, ou épîtres nous avons eu de votre part tout ce temps. Et maintenant vous nous avez excommunié nous, jeunes et vieux, et aussi d'autres d'entre vous l'on fait ; autrement dit, " vous nous avez mis hors de votre église, avant de nous y avoir fait entrer," et avant que vous nous ayez amené à connaître vos principes. N'est-ce pas cette folie en vous, de nous mettre dehors avant de nous y avoir fait entrer ? En effet, si vous nous aviez amené dans votre église, et que nous avions été à l,intérieur de celle-ci, si nous avions fait quelque chose de mauvais, qui aurait été un quelconque motif d'excommunication ou de nous expulser. Qu'appelles-tu l'église ?» Lui demandai-je « Eh bien », me répondit-il, « c'est ce que vous appelez la maison à clocher. » Je lui demandai alors si le Christ avait versé son sang pour la maison à clocher; et si c'était elle qui avait été rachetée et sanctifiée par Son sang. Et puisque l'Église est la fiancée et l'épouse du Christ, et qu'Il est le chef de l'Église, crois-tu que la maison à clocher soit l'épouse, et la fiancée du Christ ? et est-il le chef de cette vieille maison ou de Son peuple ? « Non, répondit-il, le Christ est le chef de son peuple et c'est lui qui constitue l'Église » A quoi je répondis. « Mais vous avez donné le titre d'église, qui devrait s'appliquer au peuple, à une vieille maison, et vous avez inculqué cette croyance au peuple. » Je lui demandai encore de quel droit il persécutait les Amis parce qu'ils ne payaient pas leurs dîmes. Dieu avait-il jamais commandé aux Gentils de payer des dîmes ? Le Christ n'avait-il pas aboli les dîmes quand il avait aboli le sacerdoce des Lévites qui percevaient les dîmes ? Et si Christ, quand Il avait envoyé ses disciples prêcher, ne leur avait-Il pas commandé de donner gratuitement ce qu'ils avaient reçu gratuitement ? Et quand Il avait envoyé ses disciples prêcher, ne leur avait-Il pas commandé de donner gratuitement ce qu'ils avaient reçu gratuitement? Je vis qu'il ne désirait pas insister sur ce sujet, car il en aborda un autre en disant : « Vous mariez bien, mais j'ignore de quelle façon. » « Pourquoi ne viens-tu pas voir ? » lui répondis-je. Alors il menaça d'user de nouveau de son pouvoir à notre égard comme il l'avait déjà fait. Je l'avertis de prendre garde, car il était âgé. Je lui demandai alors s'il pouvait me citer, de la Genèse à l'Apocalypse, un mariage béni par un prêtre ? « Et, continuai-je, tu as excommunié un de mes amis, deux ans après sa mort, à cause de son mariage : pourquoi n'excommunies-tu pas Isaac, et Jacob, et Boaz, et Ruth? Pourquoi n'uses-tu pas de ton pouvoir contre eux ? Nous ne voyons pas qu'ils aient jamais été mariés par des prêtres; ils s'unissaient l'un à l'autre dans l'assemblée des justes, en présence de Dieu et de Son peuple; c'est ce que nous faisons. Nous avons donc pour nous tous les saints hommes et les saintes femmes que l'Écriture mentionne à ce sujet. » Nous avons eu beaucoup de discussions ; mais quand il a trouvé qu’il ne pouvait obtenir aucun avantage sur moi, il est parti avec sa compagnie.

La plupart des gens qui venaient au château désiraient me parler, et j'eus avec eux bien des discussions et des polémiques. Mais pour ce qui est des Amis, j'étais comme enterré vivant; car si beaucoup venaient de loin pour me voir, on n'en laissait entrer que quelques-uns; quand un Ami venait au Château pour ses affaires, il ne pouvait pas jeter un regard de mon côté sans exciter leur colère. Au bout de quelque temps, le gouverneur de la prison eut des ennuis; un corsaire qu'il avait envoyé en mer se saisit de navires qui faisaient partie non de la flotte ennemie, mais de la flotte du pays ; le gouverneur en subit le contrecoup; depuis ce moment-là, il se montra plus amical à mon égard. Avant cela, on m'avait confié à la garde d'un sous officier qui était chargé de m'extorquer de l'argent, mais je ne me sentais pas libre de lui donner un centime ; quand ils virent qu'il ne pouvait rien obtenir de moi, ils le déplacèrent. Les officiers me menaçaient de me faire pendre aux murs de la ville. Le sous-gouverneur lui-même me dit que le Roi, sachant que j'étais très connu, m'avait envoyé là afin que, si quelque trouble survenait dans le pays, on puisse me pendre aux murs de la ville, pour calmer l'effervescence populaire. Quelque temps après cela il y eut un mariage à la maison d'un papiste, et à cette occasion plusieurs d'entre eux se rassemblèrent et parlèrent beaucoup de me pendre. Mais je leur ai dit, « si tel était leur désir, et que cela leur était permis, j'étais prêt ; car je n'ai jamais de ma vie craint la mort ni la souffrance ; mais que j'étais reconnu comme étant innocent, un homme paisible, libre de tout complot et querelle, et comme quelqu'un qui recherchait la paix et le bien pour tous les hommes. » Quand ce gouverneur se montra plus bienveillant je lui demandai, au moment où il s'apprêtait à se rendre au Parlement, à Londres, de voir Esquire Marsh, Sir Francis Cobb, et quelques autres, et de leur faire savoir depuis combien de temps et pour quel motif j'étais détenu y consentit. A son retour, il me dit que Esquire Marsh, avait déclaré qu'il ferait volontiers cent milles en marchant nu pieds pour obtenir ma liberté, tant il me connaissait bien; plusieurs autres avaient aussi parlé favorablement de moi. Depuis ce temps,' le gouverneur se montra très affectueux envers moi.

Il y avait, parmi les prisonniers, deux très mauvais hommes qui restaient souvent assis à boire avec les officiers et les soldats; ils étaient très mal disposés à mon égard parce que je refusais de boire avec eux. Un jour, ces deux prisonniers étant ivres, l'un, d'eux, (un nommé William Wilkinson, Presbytérien, qui avait été, capitaine), s'avança vers moi et me mit au défi de me battre avec lui. Voyant dans quel état il se trouvait, je suis sorti de son chemin ; le lendemain matin, comme il était sobre, je lui montrai combien' c'était lâche de sa part de défier au combat un homme qui avait pour principe, il le savait bien, de ne pas se battre, et, si on le frappait sur une joue, de tendre l'autre. Je lui ai dit que s'il avait envie de se battre, il devrait défier quelques uns des soldats qui pouvaient lui répondre à sa propre manière. Pourtant, puis qu'il' m'avait jeté ce défi, je venais maintenant à sa rencontre les mains' dans les poches : « Tenez, lui dis-je, en m'avançant vers lui" « voici mes cheveux, voici mes joues, voici mon dos. » Là-dessus, il s'éclipsa et passa dans la chambre voisine ; voyant cela, les soldats se mirent à rire ; et l'un des officiers a dit, « vous êtes un homme heureux qui pouvez supporter tout. » Ainsi il fut conquit sans aucun coup. Mais après quelques temps il prêta serment, donna une caution, et sortit de prison ; et non longtemps après le Seigneur le retrancha.

Alors que j'étais prisonnier à Lancaster et à Scarborough, il y avait eu de grands emprisonnements durant cette année et dans les années précédentes. À Londres, beaucoup d'Amis ont été entassés dans Newgate et autres prisons, où il y avait la maladie ; et beaucoup sont morts en prison. Beaucoup aussi ont été bannis, et plusieurs ont été envoyés à bords de bateau par ordre du roi. Certains capitaines de navires ne voulaient pas les emmener, mais ils les laissaient sur rive ; encore, certains étaient envoyés à la Barbades, en Jamaïque et Nevis, et le Seigneur les a bénit là-bas. Un capitaine de navire était très méchant et cruel envers les Amis qui étaient placés à bord de son navire ; car il les gardait dans la cale, bien que la maladie était parmi eux ; alors que beaucoup en sont morts. Mais le Seigneur lui a rendu visite pour sa méchanceté ; car il perdit la plupart de ses marins par la peste et demeura plusieurs mois contrarié en raison des vents contraires, bien que les autres navires allèrent et firent leurs voyages. Enfin, il arriva avant Plymouth, où le gouverneur et les magistrats ne lui permirent pas ni à aucun de ses hommes de venir à terre, bien qu'il avait besoin de beaucoup de provisions pour son voyage ; mais Thomas Lower, Arthur Cotton, John Light et d'autres Amis sont allés à côté du navire et apportèrent des nécessités pour les Amis qui étaient prisonniers à bord. Le maître, étant ainsi contrarié et vexé, maudit ceux qui avaient mis la cargaison sur son navire ; et dit qu'il espérait ne pas devoir aller loin avant qu'il soit pris. Et très peu de temps après que le navire eut quitté Plymouth, elle a été capturée par un navire de guerre hollandais et transportée en Hollande. Quand ils sont arrivés en Hollande, les États ont envoyé les amis bannis en Angleterre, avec une lettre de passeport et un certificat, « qu'ils n'avaient pas fait une évasion, mais ont été renvoyés par eux. » Mais en son temps la puissance du Seigneur oeuvra au dessus de cette tempête, et beaucoup de nos persécuteurs furent confondus et soumis à la honte.

Après m'être retrouvé prisonnier durant plus d'un an au château de Scarborough, j'envoyai une lettre au roi, dans laquelle je lui donnai « un compte rendu de mon emprisonnement et des mauvais traitements que j'avais reçu en prison ; et aussi que j'avais été informé qu'aucun autre homme ne pouvait me délivrer que lui. » Après cela, John Whitehead étant à Londres et ayant eu connaissance également avec celui qui s'appelait Esquire Marsh, il est allé lui rendre visite et lui a parlé de moi ; et il s'est engagé, si John Whitehead obtenait l'état de mon cas établi, de le remettre au maître des requêtes, qui s'appelait Sir John Birkenhead, qui s'efforcerait de m'obtenir une libération. Ainsi John Whitehead et Ellis Hookes ont établi une relation de mon emprisonnement et de mes souffrances et les amena à Marsh ; et il est allé avec cela au maître des requêtes, qui a fait une ordonnance du roi pour ma libération. La substance de l'ordre était, « que le roi étant certainement informés que j'étais un homme de principe contre les complots et les combats et que j'étais prêt à tout moment pour dévoiler les complots, plutôt que de les faire, donc son plaisir royal était, que je devrais être libéré de mon incarcération. » Dès que cette ordonnance a été obtenue, John Whitehead est venu à Scarborough, avec celle-ci et la remis au gouverneur ; qui, à la réception du dit, rassembla les officiers, et, sans nécessiter de cautionnement ou de caution pour ma vie paisible, étant convaincu que j'étais un homme d'une vie paisible, me déchargé librement et me donna le passeport suivant :

« Le porteur, George Fox, emprisonné récemment au Château de Scarborough et mis en liberté par ordre de Sa Majesté est autorisé à vaquer tranquillement à ses affaires, sans être aucunement molesté. Signé de ma main au Château de Scarborough, ce premier jour de septembre, 1666.

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