Le Journal de George Fox - 1648 - 1652 - Jeune Ministère <page 4 >


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Le jour suivant j'allai chez James Taylor de Newton à Cartmel, dans le Lancashire. Le premier jour j'allai à la chapelle où un prêtre dénommé Camelford prêchait ; et après qu'il eût finit, je commençai à parler de la parole de vie aux gens. Cela le mit en colère, il devint tellement irrité et contrarié qu'il n'eût pas la patience de m'entendre ; et agita la foule grossière, qui me forcèrent à sortir, pour me frapper, et me lancer tête-première contre un mur de pierre. Pourtant béni soit le Seigneur, Sa puissance me protégea. Celui qui m'a frappé c'était John Knipe, un homme méchant, que le Seigneur peu après supprima. Il y avait une jeune personne dans la chapelle qui servait de scripte pour le prêtre. Je fût conduit à lui parler, et il fût convaincu, et reçu une part du ministère de l'évangile : son nom John Braithwait.

Puis j'allai dans une brasserie, un endroit que plusieurs fréquentaient entre la prédication du matin et de l'après midi ; et j'eus beaucoup de raisonnements avec les gens, en leur déclarant que Dieu était venu pour enseigner Lui-même son peuple, et pur les emmener loin des faux enseignants, ceux contre lesquels les prophètes, le Christ, et les apôtres ont criés. Plusieurs à ce moment reçurent la parole de vie, et vécurent en elle.

Dans l'après midi j'allai à environ deux ou trois Miles dans une maison à clocher ou chapelle appelée Lyndal. Quand le prêtre eut terminé, je lui parlai à lui et aux gens de ce que le Seigneur m'avait commandé, et il y avait beaucoup d'opposants ; mais ils furent par la suite convaincus. Ensuite je suis allé chez un certain capitaine Sands, qui, avec sa femme semblaient quelque peu affectés par la vérité ; et s'ils avaient pu tenir le monde et la vérité ensembles, ils l'auraient reçu ; mais ils étaient hypocrites, et lui, un homme vêtu de manière très légère. Pour cette raison je l'ai réprimandé pour ses légèretés et ses plaisanteries ; lui disant, que ce n'était pas convenable pour le grand professant qu'il était. Sur cela il m'a dit qu'il avait un fils, qui sur son lit de mort l'avait aussi réprimandé pour cela, et averti pour cela. Mais il n'a ni considéré l'avertissement de son fils mourant, ni les reproches de l'Esprit de Dieu en lui-même.

J'allai de là à Ulverstone et ensuite à Swarthmore chez le Juge Fell ; il Y vint un prêtre nommé Lampitt, un grand idéaliste ; il dissertait sur de grands principes et sur la perfection, et ainsi il égarait le peuple. Il aurait voulu se joindre à moi, mais je ne pus pas le lui permettre ; il était trop plein d'iniquité. Il disait qu'il était au-dessus de (saint) Jean, et il croyait tout savoir. Mais je lui dis que la mort avait régné d'Adam à Moïse, qu'il était soumis à la mort et qu'il ne connaissait pas Moïse, car Moïse avait vu le paradis de Dieu ; mais lui ne connaissait ni Moïse, ni les prophètes, ni Jean. En effet, il y avait encore en lui une nature grossière et déformée, une vraie montagne de péché et de corruption ; la voie du Seigneur n'était pas encore préparée en lui. Il confessa qu'il avait été soumis à des tentations, mais il dit que, maintenant, il pouvait chanter des psaumes et faire ce qu'il voulait. Je lui dis qu'il pouvait « maintenant voir un voleur et marcher avec lui la main dans la main ; mais qu'il ne pouvait prêcher ni Moïse, ni les prophètes, ni Jean, ni Christ, à moins de posséder l'esprit qui les avait animés » . Margaret Fell avait été absente ce jour-là ; quand elle rentra, ses enfants lui dirent que j'avais eu un différend avec ce prêtre Lampitt, ce qui la contraria quelque peu, car elle avait les mêmes convictions que lui ; (il avait réussi à lui cacher sa conduite malpropre). Le soir, nous eûmes de grandes discussions et j'annonçai la vérité à elle et à sa famille. Le jour suivant, Lampitt revint et j'eus de longs entretiens avec lui devant Margaret Fell qui vit alors clair dans l'âme du prêtre. Une révélation de la vérité du Seigneur se fit en elle et en sa famille. Il devait y avoir, peu après, un jour d'humiliation ; Margaret me demanda d'aller avec elle à la maison à clocher d'Ulverstone, car elle n'était pas encore complètement séparée de ces choses. Je lui répondis : « Je dois faire ce que le Seigneur me commandera. » Puis je la quittai et j'allai dans les champs. La parole du Seigneur me fut adressée en ces mots : « Va dans la maison à clocher » ; quand j'y arrivai, Lampitt chantait avec ses fidèles ; mais son esprit était si corrompu, et les choses qu'ils chantaient étaient si peu appropriées à leur condition que, lorsqu'ils eurent fini de chanter, je fus poussé par le Seigneur à m'adresser à lui et au troupeau. Voici la parole que le Seigneur leur adressa : « Le véritable Juif, ce n'est pas celui qui l'est extérieurement, mais c'est celui qui l'est intérieurement, qui se glorifie non en l'homme mais en Dieu. » Alors, à mesure que le Seigneur m'éclairait, je leur montrai que « Dieu était venu enseigner Son peuple par Son Esprit, et les détourner de leurs anciennes voies, de leurs religions, de leurs églises et de leurs cultes ; car toutes ces religions, ces cultes et ces rites consistaient à répéter les paroles d'autres hommes ; mais ils étaient hors de la vie et de l'esprit qui avaient inspiré ces paroles ». Alors quelqu'un, le Juge Sawrey, s'écria : « Mettez-le dehors » ; mais la femme du Juge Fell dit aux gendarmes : « Laissez-le tranquille ; pourquoi ne pourrait-il pas parler aussi bien qu'un autre ? » Lampitt, aussi, dit hypocritement : « Laissez-le parler. » Enfin, quand j'eus parlé, le Juge Sawrey, un pratiquant dissolu, plein de mensonge, de tromperie et d'envie, poussa l'officier de police à me mettre dehors ; et je parlai alors au peuple dans le cimetière, puis je montai à Swarthmore Hall.

Swarthmore Hall

 

Note : Venant de Vaillant pour la Vérité : Swarthmore Hall était un hall majestueux dans le Lancashire, la demeure ancestrale de Thomas Fell, un avocat de la court de Cromwell. Ayant monté rapidement de place et de pouvoir, Juge Fell fit par devenir insatisfait avec l'administration du gouvernement, et retourna à la pratique de sa profession et à sa maison à Swarthmore Hall. Cette spacieuse maison fut construite dans le style Élisabéthain, avec un hall spacieux, de riches boiseries de chêne, et fenêtres oriels. Possédant beaucoup de moyens, Thomas Fell et son épouse aimaient l'hospitalité, et les portes de leur demeure étaient ouvertes à tous, en particulier aux ministres de l'évangile. Elle dit d'elle-même, « J'ai cherché et enquêté pendant vingt années."

 

Le Premier-jour suivant, je fus poussé à aller dans la maison à clocher d'Aldingham. Quand le prêtre eut fini, je lui parlai, mais il s'en alla. Ainsi j'annonçai au peuple la parole de vie ; et je les exhortai à se tourner vers le Seigneur.

De là, j'allai à Rampside, où il y avait une chapelle dans laquelle Thomas Lawson, un prêtre de haut rang, avait l'habitude prêcher. Le matin, il annonça à son troupeau, avec beaucoup bienveillance, que je viendrais l'après-midi, en sorte que tous habitants du pays se trouvaient réunis quand j'arrivai. Je m'étais rendu compte qu'il n'y avait pas de local aussi bien approprié que la chapelle ; aussi j'y entrai et tout se passa tranquillement. Le jour éternel du Dieu immortel fut annoncé ce jour-là, la vérité fut proclamée, elle atteignit et pénétra le coeur du peuple ; beaucoup reçurent la révélation avec amour. Le prêtre fut convaincu, quitta sa chapelle, renonça à sa prébende, et se mit à prêcher gratuitement le Seigneur Jésus-Christ et son royaume. Quelques personnes grossières essayèrent alors de provoquer un scandale contre lui ; elles croyaient lui avoir fait du tort ; mais il fut maintenu au-dessus de tout cela, il grandit dans la sagesse de Dieu, et accomplit un travail très utile.

{Je retournai de nouveau à Swarthmore, et le premier jour suivant j'allai à la maison à clocher de Dalton ; où, après que le prêtre eut terminé, je déclarai la parole de vie aux gens ; de sorte qu'ils puissent se tourner des ténèbres à la Lumière, et du pouvoir de satan à Dieu ; et qu'ils puissent sortir de leurs voies superstitieuses, et de leurs enseignants faits par les hommes, à Christ le vrai et vivant chemin, pour être enseigné par Lui.}

Je me rendis à l'île de Walney ; quand le prêtre eut fini, je voulus lui parler. Il s'en fut. Alors j'annonçai la vérité au peuple ; mais ils furent très grossiers. J'allai chez le prêtre inutilement. Les gens dirent qu'il avait été se cacher dans la grange ; ils allèrent l'y chercher, il n'y était pas. Ils crurent qu'il avait été se cacher dans un champ de blé, on ne l'y trouva pas. J'allai alors chez James Lancaster, dans son île, et il fut convaincu ; De là je retournai à Swarthmore où la puissance du Seigneur agit en Margaret Fell et en sa fille Sarah ainsi qu'en plusieurs autres.

J'allai ensuite à Baycliff où Thomas Fell fut converti et devint un ministre de l'évangile éternel. Plusieurs autres furent convaincus là-bas et obéirent à la Vérité. Ces gens se déclarèrent incapables de discuter et auraient voulu que quelqu'un vint avoir un entretien avec moi, mais je leur dis 'allai ensuite à Baycliff où Thomas Fell fut converti et devint un ministre de l'évangile éternel. Plusieurs autres furent convaincus là-bas et obéirent à la Vérité. Ces gens se déclarèrent incapables de discuter et auraient voulu que quelqu'un vint avoir un entretien avec moi, mais je leur dis de craindre le Seigneur et qu'on ne bavarde pas sur les paroles du Seigneur, on les met en pratique « de craindre le Seigneur et qu'on ne bavarde pas sur les paroles du Seigneur, on les met en pratique ». {Comme je marchais, j'entendis des personnes âgées et un ouvrier dire : « jamais il y eut un homme tel que George Fox, il connaît les pensées des gens ».} car je leur montrai la lumière divine de Christ et de Son Esprit dans leurs coeurs, cette lumière qui leur dévoilerait toutes les pensées, les paroles et les actions mauvaises dont ils s'étaient rendus coupables, et cette lumière par laquelle ils peuvent voir leurs péchés, et aussi leur Sauveur Jésus-Christ qui les délivrerait du péché. Je leur dis que ceci était leur premier pas vers la paix : de se tenir tranquille dans la lumière qui leur montre leurs péchés et leurs transgressions ; par laquelle ils peuvent venir à voir qu'ils étaient dans la chute du vieil Adam, dans les ténèbres et la mort, étrangers à l'alliance de la promesse de Dieu dans le monde et la chute du vieil Adam. Et que par la même Lumière ils puissent voir Christ qui est mort pour eux, pour être leur rédempteur et sauveur, et leur chemin vers Dieu.

Après cela j'allai à la chapelle de l'autre côté de Gleaston : qui était construite, mais jamais un prêtre n'y avait prêché. Les gens de toutes les régions environnantes vinrent ; et ce fut une réunion silencieuse et paisible, dans laquelle la parole de vie fut déclarée parmi les gens, et plusieurs furent convaincus de la vérité autour de la région de Gleaston.

De là je retournai à Swarthmoor. Lorsque j'y eus passé quelques jours et que la plupart des membres de la famille furent convaincus, je retournai dans le Westmoreland, où le prêtre Lampitt avait été voir les gens pieux du côté de Kendal, et les avait violemment excités contre moi, leur disant que je professais beaucoup de doctrines étranges. Je rencontrai ceux qu'il avait ainsi prévenus. Je passai toute la nuit avec eux chez James Dickinson et répondis à toutes leurs objections. Ils furent d'une part entièrement satisfaits par la vérité que je leur avais annoncée, d'autre part mécontents de lui et de ses mensonges, en sorte qu'il perdit la moitié de ses auditeurs qui, voyant sa duplicité, l'abandonnèrent.

Je suis passé chez John Audland et Gervase Benson, et eus de grandes réunions parmi ceux qui avaient été auparavant été convaincus. Je passai chez John Blakelin et Richard Robinson, où j'eus de grande et puissante réunions, et ensuite à Grisedale.

Quelque temps après, le Juge Fell étant de retour chez lui, Margaret Fell, sa femme, me fit chercher, désirant que je retourne les voir. Sentant que le Seigneur me donnait la liberté de le faire, j'allai à Swarthmoor. Je découvris que les prêtres et cet envieux de Juge Sawrey, avaient beaucoup excité le Juge Fell et le Capitaine Sands contre la vérité ; je répondis à toutes les objections du juge et pus le satisfaire pleinement au moyen des Écritures, en sorte qu'il fut convaincu en son esprit. Il me demanda si j'étais bien ce George Fox dont le Juge Robinson avait parlé avec tant d'éloges, parmi beaucoup de membres du Parlement. Je lui dis que j'avais été avec le Juge Robinson et le Juge Hotham dans le Yorkshire ; qu'ils s'étaient montrés très affectueux et bienveillants pour moi, et qu'ils avaient été convaincus par l'Esprit de Dieu, parce que la doctrine à laquelle je rendais témoignage était la vérité ; j'ajoutai qu'ils voyaient plus loin que les prêtres du pays en sorte qu'eux et beaucoup d'autres étaient devenus plus sages que ceux qui les enseignaient. Après que nous nous fûmes entretenus quelques moments, le Juge Fell fut persuadé lui aussi et il en vint, par les directions de l'Esprit de Dieu dans son propre coeur, à regarder au-dessus des prêtres et des docteurs de ce monde ; et il n'alla plus les entendre de bien des années ; car il savait que ce que j'annonçais était la Vérité ; que Christ était le Maître de son peuple et le Sauveur. Il désirait parfois me faire rencontrer avec le Juge Bradshaw pour que nous nous entretenions ensemble. Le Capitaine Sands, déjà mentionné, alla voir le Juge Fell et essaya de le monter contre moi, car c'était un homme méchant et envieux. Cependant il pouvait parler de choses élevées, se servir des paroles de l'Écriture et dire par exemple : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. » Mais je lui dis qu'en ce cas, il devait avoir un nouveau dieu, car son dieu était son ventre. Avec lui vint aussi ce juge plein d'envie, John Sawrey. Je lui dis que son coeur était corrompu et qu'il était rempli d'hypocrisie, jusqu'au bord. Plusieurs autres personnes vinrent, le Seigneur me fit discerner leur état spirituel, et je leur parlai selon leurs besoins. Pendant que j'étais là, Richard Farnsworth et James Nayler vinrent me voir ainsi que la famille où je me trouvais. Le Juge persuadé que c'était le chemin de la Vérité, en dépit de toute l'opposition, qu'on lui faisait, permit que la réunion se tint dans sa maison ; une grande assemblée y fut fondée dans la puissance du Seigneur ; elle exista pendant près de quarante ans jusqu'à ce qu'une salle de culte fût construite près de là.

Quand j'y fus resté quelque temps, et que l'assemblée fut bien établie, j'allai à Kellet et nous eûmes une grande assemblée chez Robert Widder ; plusieurs y vinrent de Lancaster, quelques-uns de York, et beaucoup y furent convertis.

{Il y avait un capitaine qui s'est levé après la réunion et me demanda où étaient mes culottes de cuir ? Je le laissai parler un peu, et à la fin je tirai mon grand manteau, et dit, elles sont ici mes culottes de cuir, ce qui effraya tous les prêtres et professeurs.

Et avant ma venue, Margaret Fell avait eut une vision d'un homme en blanc qui devait venir et confondre les prêtres ; et il y avait une grande crainte parmi les prêtres et professeurs concernant l'homme en culottes de cuir.

Auparavant, un autre homme avait aussi reçu une vision qu'un homme devait venir et confondre les prêtres ; et le prêtre de cet homme fut le premier à être confondu et convaincu.}

Le jour du marché, j'allai à Lancaster, et parlai à travers le marché dans la terrible puissance de Dieu ; déclarant le jour du Seigneur aux gens, et criant contre toutes leurs marchandises trompeuses. Je leur prêchai la droiture et la vérité, que tous devraient suivre, dans lesquelles ils devraient marcher et vivre ; je leur montrai comment et où ils peuvent trouver et recevoir l'Esprit de Dieu pour les guider là dans la vérité et la droiture. Après m'être dégagé sur le marché, j'allai à mon logement, où vinrent beaucoup de gens ; et plusieurs furent convaincus, et qui sont restés fidèles à la vérité.

Le premier jour suivant, dans la matinée, j'eus une grande réunion dans la rue à Lancaster, parmi les soldats et les gens, auxquels je déclarai la parole de vie, et la vérité éternelle. Je leur ouvris que toutes les traditions dans lesquelles ils avaient vécu, tous leurs cultes et religions, et la profession qu'ils faisaient des Écritures, étaient bons à rien, tandis qu'ils vivaient hors de la vie et de la puissance dans laquelle étaient ceux qui apportèrent les Écritures. Et je les dirigeai vers la Lumière de Christ, l'homme céleste, et vers l'Esprit de Dieu dans leurs propres coeurs, de sorte qu'ils puissent se familiariser avec Dieu et Christ, le recevoir Lui comme leur enseignant, et reconnaître que Son royaume est en eux.

Dans l'après midi, J'allai dans la maison à clocher à Lancaster, et déclarai la vérité aux prêtres et aux gens ; et ouvris devant eux les tromperies dans lesquelles ils vivaient, et les dirigeai vers la puissance de l'Esprit de Dieu qu'ils voulaient. Mais ils me traînèrent, et me lapidèrent dans la rue jusqu'à ce que j'arrivai à la maison de John Lawson.

Le premier jour d'après je suis allé dans une maison à clocher au bord de l'eau, où un certain Whitehead était prêtre ; auquel et aux gens je déclarai la vérité dans la terrible puissance de Dieu. Un docteur vint vers moi, tellement plein d'envie, qu'il m'a dit, ‘qu'il pouvait trouver dans son coeur de me transpercer de son épée, même si pour cela il était pendu le lendemain » ; pourtant cet homme revint parla suite et fut convaincu de la vérité, d'autant plus qu'il est aimable avec les Amis. Quelques uns furent convaincus dans cette région, qui ont volontiers voulut s'asseoir sous le ministère de Christ, leur enseignant ; et une réunion fut fixée là dans la puissance de Dieu, qui a continué jusqu'à ce jour.

Après cela je suis retourné dans le Westmoreland, et j'ai parlé dans Kendal au jour du marché. Et si redoutable était la puissance de Dieu qui fut sur moi, que les gens volaient devant moi comme de la paille jusqu'à leur maison. Je les avertis de puissant jour du Seigneur, et les exhortai à écouter la voix de Dieu dans leurs propres coeurs, qui était venu pour enseigner Lui-même son peuple. Tandis que certains s'opposaient à moi, plusieurs autres me supportaient. À la fin quelques uns avaient envie de se battre avec moi ; mais j'allai leur parler, et ils partirent. Plusieurs furent convaincus.

Le premier jour suivant j'eux une très importante réunion à Under-barrow chez Miles Bateman, où je fus mû de déclarer, « que tous les gens dans la chute s'étaient éloignés de l'image de Dieu, de droiture, et de sainteté, et qu'ils étaient comme des puits sans l'eau de vie, comme des nuages sans pluie céleste, comme des arbres sans les fruits célestes ; et qu'ils étaient dégénérés en la nature de la bête, des serpents, des grands cèdres, des chênes, des taureaux, et des génisses ; de sorte qu'ils puissent lire la nature de ces créatures à l'intérieur, tels que les prophètes les ont décrits aux peuples d'autrefois, qui étaient hors de la vérité. » Je leur ouvris, comment certains étaient dans la nature des chiens et des porcs, mordant et déchirant ; certains dans la nature des ronces, des épines et des chardons ; et certains comme des hiboux et des dragons dans la nuit ; certains comme des ânes et chevaux sauvages, flairant le vent ; et certains comme les montagnes et les rochers, et des sentiers sinueux et tortueux. Pour cette raison je les exhortai à lire ces choses à l'intérieur de leurs propres natures, aussi bien qu'à l'extérieur ; et que, lorsqu'ils auront lu au sujet des astres errants, ils devraient regarder à l'intérieur, et voir combien ils ont erré loin de l'étoile brillante du matin. Et qu'ils devraient considérer, comme la terre en friche dans leurs champs doit être labourée avant qu'elle puisse porter la semence pour eux, de même la terre en friche de leurs coeurs il la laboure avant qu'elle puisse porter la semence pour Dieu. Je leur ai montré que tous ces noms et ces choses dont j'avais parlé s'adressaient à l'homme et à la femme, depuis qu'ils avaient tombés de l'image de Dieu ; mais que comme ils viennent pour être encore renouvelés en l'image de Dieu, ils sortent de ces natures de ces choses, et aussi hors des noms de ces choses. Beaucoup d'autres choses leurs furent déclarées, et ils se tournèrent vers la Lumière du Christ, par laquelle ils peuvent venir à Le reconnaître et Le recevoir, et ils peuvent le témoigner comme étant leur substance, leur chemin, leur salut, leur véritable enseignant. Beaucoup furent convaincus en ce temps là.

Après avoir voyagé ici et là dans cette contrée, et tenue de grandes réunions, Je retournai à Swarthmore ; et alors que je visitai des amis dans cette région, J'entendit qu'une grande réunion de prêtres devait avoir lieu à Ulverstone un jour de conférence. J'allai, et dans la maison à clocher dans la crainte et la puissance du Seigneur. Lorsque le prêtre eut terminé, Je prononçai parmi eux les paroles du Seigneur, qui était comme un marteau et comme un feu parmi eux. Et bien que Lampitt, le prêtre de l'endroit, eût été en désaccord avec la plupart des prêtres d'avant, ils se joignirent pourtant tous ensembles contre la vérité. Mais la Puissante Force du Seigneur était au dessus de tous ; et si merveilleuse fût l'apparence de cette puissance, que le prêtre Bennet dit, « L'église a tremblé » ; tellement qu'il eut peur et se mit à trembler. Et après avoir prononcé quelques paroles confuses, il se hâta de sortir de peur que la maison à clocher lui tombe sur la tête.

Plusieurs prêtres était rassemblés ensembles, mais jusqu'ici n'avaient aucun pouvoir de persécution.

Après que j'eus clarifié ma conscience parmi eux, je retournai à Swarthmore où se rendirent aussi quatre ou cinq prêtres. Au cours d'une discussion, je leur demandai si l'un d'entre eux pourrait dire que le Seigneur lui eût jamais donné un message pour telle ou telle personne. Aucun n'osa l'affirmer ; mais l'un d'entre eux, pris d'un accès de colère, dit qu'il pouvait aussi bien que moi parler de ses expériences. Je lui répondis que faire l'expérience était une chose ; mais que recevoir et porter un message, avoir une parole du Seigneur, comme les apôtres et les prophètes, et comme moi, c'en était une autre. C'est pourquoi je leur demandai de nouveau si aucun d'eux pouvait dire que le Seigneur lui avait jamais adressé directement un ordre ou un message. Aucun ne put répondre affirmativement. Alors je leurs dis, les faux prophètes, faux apôtres, et antéchrists, pouvaient utiliser les paroles des vrais prophètes, vrais apôtres, et du Christ, et pouvaient parler des expériences des autres hommes, bien qu'eux-mêmes n'avaient jamais connu ni entendu la voix de Dieu et de Christ ; et que ceux-là pouvaient avoir les bonnes paroles et expériences des autres. Cela les rendit perplexe, et les laissa sans mot. Une autre fois, comme je m'entretenais avec plusieurs prêtres chez le Juge Fell et en sa présence, je leur posai la même question, à savoir si l'un d'entre eux avait jamais entendu la voix de Dieu ou de Jésus-Christ lui commander d'aller voir telle ou telle personne, pour lui apporter un message de sa part ; « car, leur dis-je n'importe qui, pourvu qu'il sache lire, peut raconter les expériences des prophètes et des apôtres, car elles ont été consignées dans les Écritures ». Là-dessus, l'un d'eux, Thomas Taylor, un ancien prêtre, confessa ingénument devant le Juge Fell qu'il n'avait jamais entendu la voix de Dieu, ni celle de Christ, mais qu'il prêchait d'après ses expériences et les expériences des saints, dans les siècles passés : voilà ce qu'il annonçait ! Cela contribua beaucoup à persuader le Juge Fell que les prêtres avaient tort ; car il avait cru jusqu'alors, comme la plupart des gens, que ceux-ci étaient envoyés de Dieu.

Thomas Taylor fut « convaincu » ce jour-là, et il voyagea avec moi dans le Westmoreland. Arrivés à la maison à clocher de Crosland, nous trouvâmes les gens rassemblés ; et le Seigneur ouvrit la bouche de Thomas Taylor, (bien qu'il fut convaincu que le jour d'avant), de sorte qu'il déclara parmi eux, « comment il était avant d'être convaincu », et comme le bon scribe converti au Royaume il fit sortir les choses anciennes et nouvelles pour les gens, et leur montra, « comment les prêtres étaient hors de la voie » : ce qui irrita les prêtres. J'eus une bonne petite discussion avec eux, mais ils s'enfuirent ; et nous eûmes une précieuse réunion, dans laquelle la puissance du Seigneur était sur tous. Les gens étaient dirigés vers l'Esprit de Dieu, par Lequel ils pouvaient venir à connaître Dieu et Christ, et à bien comprendre les Écritures. Après cette réunion je passai visiter des Amis, et nous eûmes vraiment de très importantes réunions dans le Westmoreland.

Maintenant la rage des prêtres montait de plus en plus, et ils excitèrent la persécution autant qu'ils le pouvaient. James Naylor et Francis Howgill furent jetés en prison dans la prison d'Appleby, à l'instigation des prêtres malveillants. Quelqu'un des prêtres prophétisèrent, « que dans un mois nous serions tous dispersés de nouveau, et ne serions plus rien ». Mais bénis pour toujours soit le digne nom du Seigneur car son oeuvre alla de l'avant et prospéra ; et autour de cette période John Audland, Francis Howgill, John Camm, Edward Burrough, Richard Hubberthorn, Miles Hubbersty, et Miles Halhead, avec plusieurs autres, étant revêtus de la puissance d'en haut sortirent dans l'oeuvre du ministère et devinrent eux-mêmes de fidèles ouvriers pour cela. Ils voyagèrent de haut en bas et prêchaient l'Évangile gratuitement ; ainsi des multitudes furent convaincus et beaucoup effectivement se tournèrent vers le Seigneur. Parmi les convertis il y avait Christopher Taylor, frère de Thomas Taylor déjà mentionné, qui avait été prêcheur pour des gens tout comme son frère. Peu de temps après qu'ils reçurent la connaissance de la vérité, ils devinrent obéissants à celle-ci, et laissèrent tomber leur prédication à salaire et à récompenses ; et ayant reçu une part du ministère, ils prêchèrent Christ gratuitement, étant souvent envoyé par le Seigneur pour déclarer sa parole dans les maisons à clocher et les marchés ; et ils souffrirent grandement la persécution.

Après que j'eus visité des Amis dans le Westmoreland, je retournai dans le Lancashire, et allai à Ulverstone, où Lampitt était le prêtre. Bien qu'il avait prêché au sujet d'un peuple qui possèderaient les enseignements de Dieu, et avait dit, « que des hommes et des femmes viendraient et prêcheraient l'évangile » ; pourtant quand cela vint à s'accomplir, il persécuta cela et aussi les gens. Je suis allé à la maison de ce prêtre, où un grand nombre de prêtre et de professeurs s'étaient réunis après leur lecture. j'eus de grands différends avec eux concernant Christ et des Écritures ; car ils étaient très réticents à renoncer à leurs revenus, qu'ils collectaient en prêchant les paroles de Christ, des apôtres et des prophètes. Mais la puissance du Seigneur vint au-dessus de leurs têtes à tous, et Sa parole de vie fut apportée à tous ; bien que beaucoup d'entre eux étaient extrêmement envieux et diaboliques. Pourtant après ceci, plusieurs prêtres et professeurs vinrent à moi venus de près et de loin. Ceux qui étaient innocents et simples d'esprit furent satisfaits et s'en allèrent rafraîchis ; mais les gras et les pleins furent nourris de jugement, et s'en retournèrent vides ; car c'était la parole du Seigneur qui était divisée pour eux.

Quand les réunions furent fixées, et que nous nous sommes réunis dans les maisons privées, la rage de Lampitt commença à monter. Il a dit, « que nous avions déserté le temple, et que nous étions allés dans les maisons des veaux de Jéroboam ». Aussi de nombreux professeurs commencèrent à voir comment il avait décliné de ce qu'il avait autrefois tenu et prêché. À ce moment le cas des veaux de Jéroboam fut ouvert aux professeurs, prêtres, et gens. Il était évident pour eux que leurs maisons (appelées églises)étaient plus comme les maisons des veaux de jéroboam, que même ces vieilles maisons de messes, qui avaient été mises en place dans les ténèbres de la papauté. Ceux qui se disaient Protestants, et qui professaient être plus éclairés que les papistes, défendaient toujours ces derniers, bien que Dieu ne le leur avait jamais commandé. En fait, ce temple, que Dieu avait commandé à Jérusalem, Christ vint pur en clore le service ; et ceux qui le reçurent et qui crurent en Lui, leurs corps devinrent les temples de Dieu, de Christ, et du Saint-Esprit, pour demeurer en eux, et pour marcher en eux. Et ceux qui étaient rassemblés dans le nom de Jésus dont le nom est au-dessus de tout nom, et il n'y a point de salut par aucun autre nom sous tous les cieux que par le nom de Jésus. Et ceux qui étaient ainsi rassemblés se réunissaient dans différentes demeures, qui n'étaient pas appelées temple ni église ; mais leurs corps étaient les temples de Dieu, et les croyants étaie l'Église dont le Christ est la tête. De sorte que Christ n'était pas appelé la tête d'une vieille maison, qui fut bâtie par des mains d'hommes, non plus n'est-il pas venu pour acheter, sanctifier, et racheter avec son sang une vieille maison, qu'ils appelaient leur église ; mais les gens, dont il est le Chef. J'eus beaucoup de travail à l'époque avec les prêtres et les gens concernant leurs vieilles demeures de messes appelées églises ; car les mauvais prêtres persuadaient les gens, que c'étaient les maisons de Dieu ; tandis que les apôtres ont dit, « dans quelle maison sommes-nous ». Héb 3:6 Les gens dans lesquels Il demeure sont les maisons de Dieu. Les apôtres ont dit, « Christ a racheté son église avec son propre sang » ; et Christ appelle son église son épouse, l'épouse de l'agneau ; de sorte que ce titre de petite église et épouse, ne fut pas donné à une vieille maison, mais à son peuple les vraies croyants.

Après cela, je fus poussé à aller dans une maison à clocher à Ulverstone, un jour de conférence publique ; il Y avait une grande affluence de pratiquants, prêtres et laïques. Je m'approchai du prêtre Lampitt qui prêchait d'une façon déclamatoire ; après que le Seigneur m'eut ouvert la bouche, John Sawrey, le Juge, vint à moi et me dit que si je voulais parler conformément aux Écritures, je pouvais le faire. Je m'étonnai de ce langage, car, en vérité, j'avais l'habitude de parler selon les Écritures ; je lui répondis que celles-ci prouveraient la vérité de mes paroles ; car j'avais quelque chose à dire à Lampitt et à cette assemblée. Il me répondit alors de me taire, se contredisant immédiatement. L'assemblée se tint tranquille et m'écouta volontiers jusqu'à ce que le Juge Sawrey (qui fut le premier instigateur d'une cruelle persécution dans le Nord), les excitât contre moi, et les poussât à m'expulser, à me maltraiter, à me battre. Toute la foule se mit dans une colère folle dans la maison à clocher et se jeta sur moi, sous les yeux du Juge ; elle me renversa, me donna des coups de pied et me piétina tandis que lui restait impassible ; le tumulte fut tel que la frayeur fit tomber quelques-uns de leurs sièges. Enfin il s'approcha, m'enleva des mains de la foule, me conduisit hors de la maison à clocher et me livra aux gens de la police, leur disant de me fouetter et de me chasser de la ville. Ils me menèrent à environ un quart de mille de là, quelques-uns me tenant au collet, d'autres par les bras et les épaules ; ils me secouaient et me traînaient. Comme beaucoup de gens bienveillants étaient venus au marché, et quelques-uns dans la maison à clocher pour m'entendre, plusieurs de ceux-là, furent aussi jetés par terre ; on les frappa à la tête, de telle sorte que le sang jaillit. Je n'avais jamais rien vu de pareil ! Comme le fils du Juge Fell était venu en courant pour voir ce qu'on faisait de moi, ils le jetèrent dans une mare, et quelques-uns criaient : Cassez-lui les dents ! » Enfin, quand ils m'eurent traîné sur la promenade publique, tandis qu'une foule nous suivait, les officiers de police et les autres fonctionnaires me frappèrent avec leurs bâtons et me jetèrent au milieu de cette foule brutale. Les uns s'étant armés de bâtons, les autres de pieux, les troisièmes de branches de houx, ils se jetèrent sur moi, me frappèrent à la tête, aux bras et aux épaules tant que j'en fus tout étourdi et tombai sur le sol humide. Quand je recouvrai mes sens et que je me vis couché dans une prairie boueuse, entouré d'une foule de gens, je restai immobile un moment ; la puissance du Seigneur me saisit, ses consolations me rafraîchirent, en sorte que je me relevai dans la puissance fortifiante de l'Éternel Dieu ; et, étendant mes bras au milieu d'eux, je leur dis à haute voix : « Frappez encore ; voici mes bras, ma tête et mes joues. » Il y avait dans la foule un maçon ; c'était un soi-disant pratiquant et un homme grossier ; il m'asséna avec sa canne, de toute sa force, un coup qui tomba juste sur le dos de ma main étendue ; elle en fut si meurtrie et mon bras tellement paralysé que je ne pus pas le ramener vers moi ; en sorte que quelques personnes dans la foule crièrent : « Il lui a tellement abîmé la main qu'il ne pourra plus jamais s'en servir. » Mais je considérai cela dans l'amour de Dieu ; (car j'étais dans l'amour de Dieu vis-à-vis de tous mes persécuteurs) ; au bout d'un moment, la puissance du Seigneur pénétra de nouveau en moi, en ma main et en mon bras, en sorte qu'en un instant je recouvrai de la force dans mes membres, à la vue de tous. Alors ils commencèrent à se quereller. Quelques-uns vinrent à moi et dirent que, si je voulais leur donner de l'argent, ils me protégeraient contre de futures agressions.

Tout de suite je fus inspiré par le Seigneur à leur annoncer la parole de vie, à leur montrer leur faux christianisme, et les fruits du ministère de leur prêtre ; leur disant qu'ils ressemblaient plutôt à des païens et à des Juifs qu'à de véritables chrétiens. Ensuite la volonté du Seigneur me fit retourner au milieu de la foule et aller au marché d'Ulverstone. Sur mon chemin je rencontrai un soldat, l'épée au côté : « Monsieur, me dit-il, je vois que vous êtes un homme, et je suis affligé et honteux qu'on vous ait ainsi maltraité » ; et il offrit de m'assister selon son pouvoir. Je le remerciai et lui dis que la puissance du Seigneur dominait tout ; ainsi, je continuai mon chemin à travers la foule du marché et personne n'osa plus me toucher. Toutefois, comme quelques personnes injuriaient des Amis, je me retournai et je vis ce soldat au milieu d'eux avec son épée nue ; sur quoi je courus à eux et saisissant la main qui tenait l'épée, je le priai de remettre son épée dans le fourreau s'il voulait être des nôtres ; car je voulais l'attirer hors de ce groupe de peur que quelque malheur n'arrivât. Cependant, quelques jours après, sept hommes se jetèrent sur ce soldat et le battirent cruellement parce qu'il avait pris le parti des Amis et le mien ; car c'était l'habitude des persécuteurs de ce pays de tomber à vingt ou quarante sur un homme seul. Ils se jetaient ainsi sur les Amis en bien des endroits, les lapidant, les battant et leur cassant la tête, en sorte qu'ils pouvaient à peine passer sur les routes. Quand j'arrivai à Swarthmoor, je trouvai les Amis en train de panser la tête et les mains d'autres Amis et de personnes bienveillantes qui avaient été meurtries ou blessées ce jour-là par les soi-disant gens pieux et les auditeurs du prêtre Lampitt. Mon corps et mes bras étaient jaunes, noirs et bleus des coups et des contusions que j'avais reçus parmi eux ce jour-là. C'est alors que les prêtres commencèrent à prophétiser que dans six mois, c'en serait fait de nous.


Environ deux semaines après, j'allai dans l'île de Walney, et James Nayler m'y accompagna. Nous passâmes la nuit dans une petite ville de cette région, appelée Cockan et nous y fîmes une réunion où une personne fut convaincue. Au bout d'un moment, un homme arriva avec un pistolet ; sur quoi les gens se précipitèrent dehors. Il m'appela et, quand je me présentai devant lui, il voulut décharger son arme sur moi, mais le coup ne partit pas. Les gens commencèrent à s'agiter beaucoup, et quelques-uns se saisirent de lui pour l'empêcher de faire du mal, mais Dieu m'ordonna de lui parler ; et il fut tellement saisi parla puissance du Seigneur qu'il tremblait de peur et alla se cacher dans une cave. Ainsi la puissance du Seigneur fut sur eux tous, quoiqu'il y eût une grande colère dans ce pays.

Le matin suivant j'allai [dans l'île de Walney] sur le bateau de James Lancaster. Aussitôt que j'arrivai sur l'île, près d'une quarantaine d'hommes furent dépêchés, armées de bâtons, de clubs, et de cannes à pêche ; qui me tombèrent dessus, ils me battirent, me frappèrent, cherchant à me jeter dans la mer. Quand ils, y eurent presque réussi et que je m'attendais à être précipité dans l'eau, je me levai au milieu d'eux, mais ils me saisirent de nouveau, me renversèrent et m'assommèrent. Quand je revins à moi, je regardai et je vis la femme de James Lancaster qui me lançait des pierres à la figure. Son mari se penchait sur moi pour chercher à me protéger des pierres avec son corps. Ils avaient fait croire à la femme de James Lancaster que j'avais ensorcelé son mari ; et ils lui avaient promis que, si elle les prévenait du moment de mon arrivée, ils me tueraient. Quand ils eurent connaissance de ma venue, plusieurs sont venus de la ville avec des clubs et des bâtons dans le but de me tuer ; mais la puissance du Seigneur me préserva, de sorte qu'ils ne purent m'enlever la vie. Au bout d'un moment, je me remis sur pieds, mais ils me jetèrent dans la barque en me battant ; ce que James Lancaster remarqua, alors il se dépêcha à me venir en aide dans le bateau, et me fit descendre dans l'eau loin d'eux ; mais tant qu'ils purent nous atteindre, ils continuèrent à nous frapper avec leurs perches, et nous lancèrent des pierres. Quand nous fûmes arrivés de l'autre côté, nous les vîmes se jeter sur James Naylor  et tous criaient, « Tuez-le ! tuez-le ! »

Quand j'arrivai de l'autre côté de l'eau, les gens de la ville sortirent avec des fourches, des fléaux et des gourdins pour m'empêcher d'y entrer en criant : « Tuez-le, frappez-le à la tête, amenez le tombereau et traînez-le au cimetière. » Ainsi après m'avoir injurié, ils m'entraînèrent à une certaine distance de la ville et m'y abandonnèrent. James Lancaster retourna alors s'enquérir de James Nayler ; comme j'étais resté seul, j'allai à une mare et, m'étant lavé (car ils avaient maculé de boue mon visage, mes mains et mes vêtements), je marchai pendant environ trois milles jusqu'à la maison où habitait Thomas Lawson, le prêtre qui avait été converti. Quand j'entrai, je pus à peine leur parler tant j'étais meurtri. Je leur dis seulement où j'avais laissé James Nayler ; ils partirent alors, à cheval, à sa recherche et le ramenèrent cette nuit-là. Le jour suivant, Margaret Fell, apprenant ce qui s'était passé, m'envoya chercher ; mais j'étais si endolori que je ne pouvais pas, sans de grandes souffrances, supporter les cahots du cheval. Quand je fus arrivé à Swarthmoor, les Juges Sawrey et Thompson de Lancaster, en l'absence du Juge Fell, lancèrent contre moi un mandat d'arrêt ; mais lorsque ce dernier revint, le mandat ne fut pas exécuté. Le Juge Fell me pria de lui faire le récit de la persécution à laquelle j'avais été soumis ; mais je lui dis qu'ils ne pouvaient agir autrement étant donné l'esprit dont ils étaient animés ; qu'on voyait à cela les fruits du ministère de leurs prêtres et que cela prouvait la fausseté de la religion qu'ils professaient. Il dit alors à sa femme que je prenais la chose légèrement et que j'en parlais comme si cela ne me concernait pas ; car, en vérité, la puissance du Seigneur m'avait rétabli cette fois encore.

Après que j'eus récupéré, j'allai à Yelland où il y avait une grande réunion. Dans la soirée un prêtre vint à la maison avec un pistolet dans sa main sous le prétexte d'allumer une pipe à tabac. La domestique voyant le pistolet, le dit à son maître qui, après avoir entendu cela, agrippa les deux montants avec ses mains et dit au prêtre qu'il ne pouvait pas entrer dans la maison. Alors qu'il se tenait là, bloquant l'entrée, il leva les yeux, et remarqua que sur le mur une compagnie d'hommes venaient ; certains étaient armées de bâtons, et tous avaient un fusil. Mais le Seigneur empêcha leur dessein sanglant ; parce que lorsqu'ils ont vu qu'ils avaient été découverts, ils continuèrent leur route et ne firent aucune nuisance.

La période des sessions à Lancaster était arrivée, et j'allai là avec juge Fell ; qui me dit en chemin, que jamais il n'avait eu une telle affaire portée devant lui, et que ce n'était pas totalement clair sur ce qu'il fallait faire avec cette affaire. Je lui ai dit que Paul lorsqu'il fut amené devant les magistrats, et que les juifs et les prêtres descendirent afin de l'accuser, et qu'ils déposèrent beaucoup de choses fausses à sa charge, Paul se tint tranquille tout ce temps. Et lorsqu'ils eurent terminé, le gouverneur Festus et le roi Agrippa lui firent signe de parler pour lui-même ; ce que fit Paul, et il se libéra lui-même de toutes ces fausses accusations ; aussi il peut faire cela par moi. Nous arrivâmes à Lancaster et apprîmes que le juge Sawrey et le juge Thompson avaient accordé un mandat pour m'appréhender. bien que je n'avait pas été appréhendé par cela, mais en ayant entendu parlé, Je comparus à la sessions, où environs quarante prêtres comparurent contre moi. Les prêtres avaient choisit un prêtre de Lancaster nommé Marshal pour être leur porte-parole ; et avaient fournis un jeune prêtre ainsi que deux fils de prêtres pour témoigner contre moi, qui avaient juré d'avance que j'avais dit des blasphèmes. Lorsque les juges furent assis, ils entendirent tout ce que les prêtres et leurs témoins avaient à dire et ce dont ils m'accusaient tandis que leur porte-parole Marshal s'assis et expliqua pour eux leurs dires ; mais les témoins étaient si confus, qu'ils se révélèrent eux-mêmes de faux témoins. Car après que la court eut examiné l'un des témoins sous serment, et puis commençant à examiner un autre d'entre eux, l'autre témoin était dans une telle perte qu'il ne pouvait pas répondre directement, mais il a dit que le premier témoin pouvait témoigner. Ceci fit en sorte que le juge lui dit, ‘N'avez-vous pas déjà juré vos déclarations, et ne les avez-vous pas déjà donné sous serment ; et maintenant vous dites qu'un autre peut témoigner pour cela ? Il semble que vous n'avez pas vous-même entendu ces paroles, bien que vous ayez juré ! »

Plusieurs hommes qui avaient été à cette réunion étaient à la court au moment où les témoins avaient jurés que j'avais dit ces blasphèmes dont les prêtres m'accusaient ; et ces hommes intègres et de bonne réputation déclarèrent et affirmèrent à la court que les serments, que les témoins avaient fait contre moi, étaient tous faux ; et qu'aucune parole de la sorte dont ils avaient juré contre moi n'avait été prononcée par moi à cette réunion. En effet, la plupart des hommes sérieux de ce côté du pays, présents alors à aux sessions, avaient été présent à la réunion, et m'avaient entendu à cette réunion ainsi qu'aux autres. Ceci fut noté par le Colonel West, qui, étant juge de paix, fut ainsi sur le banc ; et ayant été longtemps faible dans son corps, a béni le Seigneur, et dit, que le Seigneur l'avait guéri ce jour là ; ajoutant, qu'il n'avait jamais vu autant de gens sobres et de bonne figures rassemblés de toute sa vie. Puis se tournant vers moi, il a dit dans la sessions ouverte, « George, si vous avez quoi que ce soit à dire aux gens, vous pouvez le déclarer librement ». Je fus mû par le Seigneur à parler ; et aussitôt que je commençai à parler, le prêtre Marshal, le porte parole pour le reste des prêtres, s'en alla. Ce que je fus mû à déclarer était ceci : « Que les saintes écritures furent apportées par l'Esprit de Dieu ; et que tous les gens doivent premièrement venir à l'Esprit de Dieu en eux-mêmes, par lequel ils peuvent connaître Dieu et Christ, duquel les prophètes et apôtres ont appris ; et par le même esprit connaître les Écritures. Car comme l'Esprit de Dieu était dans ceux qui apportèrent les Écritures, aussi le même esprit doit être à l'intérieur de tous ceux qui viennent à connaître et comprendre les Écritures. Par cet Esprit ils doivent avoir la communion avec le Père, avec le Fils, avec les Écritures, et les uns avec les autres ; et sans cet Esprit ils ne peuvent ni connaître Dieu, ni Christ, ni les Écritures, ni avoir un droit de fraternité les uns avec les autres. » Sitôt après avoir prononcé ces paroles, qu'environ une demi-douzaine de prêtres, qui se tenaient derrière moi, éclatèrent dans une passion. L'un d'eux, dont le nom était Jackus, parmi les autres choses qu'il a dit contre la vérité, a dit, que l'esprit et la lettre étaient inséparable. Je répliquai, « Ainsi tous ceux qui ont la lettre, ont l'esprit ; et ils doivent acheter l'esprit avec la lettre des Écritures. » Cette claire découverte de l'obscurité dans les prêtres amena le juge Fell et le colonel West à les réprimander ouvertement, et à leur dire, que selon cette position, ils doivent porter l'esprit dans leurs poches comme ils le font pour les écritures. Sur ce, les prêtres, étant confondus et réduits au silence, s,enragèrent contre les juges, parce qu'ils ne pouvaient pas avoir leur fin sanglante sur moi. Les juges me libérèrent, voyant que les témoins ne s'entendaient pas, et percevant qu'ils étaient amenés à répondre à l'envie des prêtres, et trouvant que toutes leur évidence n'était pas suffisante dans la loi pour mener à bien leur charge contre moi. Et après que juge Fell eut parlé aux juge Sawrey et juge Thompson* concernant le mandat qu'ils avaient émis contre moi, et qu'il leur eut montré les erreurs de cela, lui et le Colonel West accordèrent une suspension pour faire cesser exécution de cela. Ainsi je fus libéré dans les sessions ouvertes de ces accusations mensongères avec lesquelles les prêtres malicieux m'avaient accusé ; et la multitude de gens louaient Dieu ce jour là parce que c'était un jour de joie pour beaucoup. Le juge Benson de Westmoreland fut convaincu ainsi que le major Ripan, maire de la ville de Lancaster. Ce fut un jour de salut éternel pour des centaines de personnes ; car le Seigneur Jésus-Christ, le chemin vers le Père, l'enseignant gratuit, fut exalté et mit en place ; son évangile éternel fut prêché, et la parole de la vie éternelle fut déclarée sur les tas de prêtres, et sur tous ceux qui prêchaient pour de l'argent. Car le Seigneur ouvrit plusieurs bouches ce jour là pour dire sa parole aux prêtres, et plusieurs personnes amicales et professeurs ont réprimandés les prêtres dans leurs auberges, et dans les rues, de sorte qu'ils tombèrent comme une vieille maison en ruine ; et les cris étaient parmi les gens, que c'était la journée des Quakers, et que les prêtres étaient déchus. Beaucoup furent convaincus ce jour là, il y eut parmi eux Thomas Briggs. Avant il avait été si défavorable envers les Amis et la vérité que quand lui et John Lawson, un Ami, discutaient de la perfection, Thomas lui avait dit, « Tenez-vous la perfection ? » il leva sa main comme s'il avait donné à l'Ami une boite sur l'oreille. Mais Thomas, étant convaincu de la vérité ce jour là, se déclara contre son propre prêtre, Jackus ; et par la suite il devint un fidèle ministre de l'évangile, et demeura ainsi jusqu'à la fin de sa vie.

*Ce juge Sawrey, qui fut le premier persécuteur dans ce pays, se noya par la suite. {La vengeance de Dieu l'emporta sur le juge Thomson ; il fut frappé de paralysie mortelle alors qu'il siégea sur le banc, il fut transporté hors de son siège et mourut.}

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