Le Journal de George Fox - 1652 - 1655 - 1er Emprisonnement et en route pour Londres <page 3 >


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Tandis que les Amis restaient dans les régions du nord, un prêtre de Wrexham, au pays de Galles, nommé Morgan Floyd entendu un rapport nous concernant et envoya deux de sa congrégation dans le nord pour s'informer à notre sujet, pour nous tester, et lui rapporter leurs expériences. Lorsque ces testeurs vinrent parmi nous, la puissance du Seigneur se saisie d'eux, et ils furent tous les deux convaincus de la vérité. Aussi ils restèrent quelques temps avec nous, et puis ils retournèrent aux paix de Galles ; où par la suite l'un d'eux s'éloigna de la vérité ; mais l'autre nommé John-ap-John, vécut dans la vérité, et reçut une part du ministère, dans lequel il continua fidèlement.

Maintenant les prêtres devinrent grandement perturbés à Newcastle, Kendal, et dans la plupart des comtés du nord. Un homme nommé Gilpin vint parfois nous rendre visite à Kendal. peu de temps après il sortit de la vérité pour aller dans de vaines imaginations, et les prêtres l'utilisèrent pour nous faire du mal de toute sorte contre nous autant qu'ils le pouvaient ; mais la puissance du Seigneur les confondit tous. Et le Seigneur retrancha deux de ces juges persécuteurs à Carlisle ; après un temps le troisième juge fut enlevé de sa fonction et quitta la ville.

Vers cette époque le serment d'engagement envers Oliver Cromwell fut présenté aux soldats ; plusieurs d'entre eux furent dispersés, parce qu'ils ne pouvaient pas jurer de leur obéissance au Christ. L'un des soldats était John Stubbs qui fut convaincu alors que j'étais à la prison de Carlisle. Il devint un bon soldat dans la guerre de l'agneau, et un fidèle ministre du Christ Jésus ; voyageant beaucoup dans le service du Seigneur en Hollande, Irlande, Écosse, Italie, Égypte, et en Amérique. Et la puissance du Seigneur le protégea des mains des papistes, bien que plusieurs fois il fit face au grand danger de l'inquisition. Mais quelques soldats avaient été convaincus dans leur jugement mais n'étaient pas arrivés à l'obéissance à la vérité, et ils prirent le serment d'Oliver Cromwell. Par la suite en allant en Écosse ils arrivèrent près d'une garnison. La garnison fit feu sur eux, les prenant pour des ennemies, et plusieurs furent tués, ce fut un triste événement.

Quand les églises furent établies dans le nord, et que les Amis furent assis sous les enseignements de Christ, et que la gloire du Seigneur brillait sur eux ; Je passai de Swarthmore à Lancaster vers le début de l'année 1654, visitant des amis, jusqu'à ce que j'arrivai à Synderhill-green. Il y avait eu une réunion trois jours auparavant, et la réunion laissa le nord frais et vert sous Christ leur enseignant. Nous passâmes par Halifax, une ville grossière de professeurs, et j'arrivai chez Thomas Taylor, qui avait été capitaine, où nous nous rencontrâmes avec quelques argumentateurs doctrinaux ; mais la puissance du Seigneur était au-dessus de tous car j'avais voyagé dans la motion de la puissance de Dieu. Quand j'arrivai à Synderhill-green, il y avait une grande réunion. le nombre de personne présent à la réunion fut estimé à plusieurs milliers, incluant plusieurs personnes de position telles que capitaines et autres officiers. Il y eut une conversion générale, la puissance et vérité du Seigneur se fixèrent au-dessus de tous, et il n'y eut aucune opposition.

Vers cette époque le Seigneur mouvait sur les esprits de plusieurs de ceux qui avaient été relevés. Il les envoya oeuvrer dans son vignoble, voyager vers le sud ; et se répandre dans le service de l'Évangile dans les régions sud, est, et ouest du pays : Francis Howgill et Edward Burrough à Londres ; John Camm et John Audland à Bristol ; Richard Hubberthorn et George Whitehead en direction de Norwich ; Thomas Holmes dans le comté de Galles, et plusieurs autres dans différents endroits ; car le Seigneur avait suscité plus de soixante ministres, et Il les envoya à l'étranger au nord du pays Le sens de leur service pesa très lourd sur moi et je fus mû à produire le papier qui suit :

Aux Amis dans le Ministère.

À tous les Amis de partout, connaissez la semence de Dieu, qui brise la semence du serpent, et qui est au-dessus de la semence du serpent ; cette semence qui ne pèche point, mais qui brise la tête du serpent qui pèche, et qui tente au péché ; cette semence de la promesse et bénédiction de Dieu est pour, et cette semence est un dans l'homme et la femme. vous êtes venus au commencement où Dieu est la tête et qu'il a écrasé la tête de l'autre ; et l'homme nouveau est connu, et il est connu celui qui est serviteur de l'homme nouveau ; et la promesse de Dieu pour la semence est accomplie, et s'accomplie ; et les écritures viennent à être ouvertes et possédées ; et la chair du Christ est connue pour être celui qui a pris sur lui la semence d'Abraham selon la chair ; le sacerdoce éternel est connu, et dans l'alliance éternelle Christ prend sur Lui la semence d'Abraham, et Il est un sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec ; sans père, sans mère, sans commencement de jours ni fin de vie ; il est un prêtre qui vit pour toujours ; l'alliance de vie, de lumière, et de paix. L'offrande éternelle ici est connu une fois pour toutes, cette offrande renverse cette nature qui offerte ; hors de laquelle le sacerdoce se lève, qui ne pourrait perdurer en raison de la mort. Et c'est ici que l'autre offrande est connu, l'offrande éternelle ; qui rend parfait pour toujours ceux qui sont sanctifiés ; cette offrande a expié les ordonnances écrites, elle triomphe sur elles, et s,élève au-dessus de toutes les principautés et puissances. Celui qui a l'Esprit de Jésus voit cela ; et c'est ici que l'amour de Dieu est reçu, qui ne se réjouie pas dans l'iniquité, mais qui amène à s'en repentir. Ceci est la parole du Seigneur Dieu pur vous tous : Amis de partout dispersés à l'étrangers, connaissez la puissance de Dieu dans les uns les autres, et réjouissez vous en celle-ci ; car ainsi vous vous réjouissez dans la croix du Christ, qui n'est pas de ce monde ; cette croix ee4st la puissance de Dieu pour tous ceux qui sont en train d'être sauvés. Vous qui connaissez et qui sentez la puissance, sentez la croix du Christ ; vous sentez l'évangile, qui est la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient. Celui qui croit dans la Lumière, croit dans l'alliance éternelle, dans la seule offrande ; il vient à la vie des prophètes et de Moïse, vient à voir Christ l'espérance, le mystère, cette espérance qui ne périt pas. La lumière vous fait voir l'espérance qui périt, qui n'est pas un mystère ; et dans cette espérance périssable l'attente disparaît. Là où cette espérance qui ne faillit point est témoignée, le Seigneur vient pour être sanctifié dans le coeur, et vous venez au commencement, à Christ l'espérance, qui ne périt point ; mais l'autre espérance et l'autre attente périt. Or, vous tous connaissez le côté périssable de l'autre espérance, et la défaillance de l'attente à l'intérieur ; et connaissez l'espérance qui ne périt point ; de sorte que vous puissiez être prêt à donner votre raison pour cette espérance, avec crainte et douceur, à chaque homme qui vous la demande. Christ l'espérance, le mystère, qui ne périt point ; la fin de toutes choses périssables, la fin de toutes choses qui changent, la fin de l'alliance en décomposition, la fin de ce qui vieillit et qui décline ; la fin de la première alliance, de Moïse, et des prophètes ; la droiture de Dieu, Christ Jésus le fils ; son trône vous le connaîtrez, héritiers avec lui vous serez ; lui qui fait de ses enfants des rois, des prêtres pour lui, et les amène à connaître son trône, et sa puissance. Il n'y a point de justification hors de la lumière, hors de Christ ; la justification est dans la lumière, en Christ. C'est ici celui qui fait la volonté de Dieu ; c'est ici l'entrée du Royaume. Celui qui croit dans la Lumière, devient un enfant de la Lumière ; et ici la sagesse est reçue, qui est justifiée de ses enfants. Ici en croyant dans la lumière, vous n'habiterez point dans les ténèbres, mais aurez la lumière de la vie ; et chacun viendra à témoigner la lumière qui brille dans vos coeurs, qui vous donnera la lumière de la connaissance de la gloire de Dieu, dans la face de Jésus Christ. Avec cette Lumière vous le verrez Lui régner, qui est le prince de la vie et la paix ; cette lumière se détourne de celui qui est hors de la vérité, et qui ne demeure point en elle ; ou la véritable paix n'est pas.

Amis ne vous hâtez pas, car celui qui croit en la Lumière n'est pas pressé. Ici la grâce est reçu par celui qui vient pour être sauvé ; l'élection est connue qui obtient la promesse ; la volonté qui veut est vue ; la pensée qui fuit et qui n'obtient pas est connue, mais arrête et s'endors. Quand la Lumière voit, juge et arrête la hâte, la patience qui obtient la couronne est formée ; et l'immortalité est amenée à la lumière. Or, tous ceux qui agissent contrairement à la lumière et qui ne croient pas en elle, faillissent de venir à la justification. Et tous les Amis, si vous vous éloignez de la lumière et de l'attente d'avoir la promesse de Dieu accomplie dans la semence en vous, de sorte que vous puissiez savoir que Christ règne en vous, de ce fait vous apportez sur vous-mêmes des vêtements changeables, et venez pour porter les vêtements changeables, et la chair étrange, qui conduit à l'adultère spirituel, que la loi saisie. Ceci ferme le Royaume ; et hors du Royaume les oeuvres qui sont produit sont destinées au feu, par lequel vous pouvez venir qu'à en souffrir la perte. Par conséquent aimez la Lumière, qui condamne votre apathie ; et recevez la puissance du Seigneur, avec laquelle vous vous tenez au-dessus de l'apathie, et la condamnez ; ici vous voyez et sentez ce qui vous donne la victoire sur le monde, et de voir au delà du temps, et avant que le temps fut. Encore, Amis, connaissez Abraham qui obéit à la voix de Sarah ; qui lui donna un fils et chassa la femme esclave et son fils. Ne vous séparez point de ce principe ou vous hébergerez la nature sauvage. Reconnaissez la source du fils sauvage, et sa mère, qui n'est pas Sarah ; car la promesse est pour la semence, non pas pour plusieurs, mais une seule ; cette semence c'est Christ : et vous venez à présent témoigner que cette semence se tient au-dessus de tout, oui, sur la tête du serpent. Et aussi tout, comme je l'ai déjà dit, ceux qui viennent pour témoigner et sentir ceci, venez au commencement ; et au commencement venez, toute la semence de Dieu, l'église, que le commencement vous puissiez tous venir à connaître, là où il n'y a ni défaut, ni tache, ni ride, ni rien de la sorte. C'est là ce qui est acheté par le sang de Jésus, et présenté au Père hors de tout ce qui souille ; qui est le pilier et le fondement de la vérité . Nul ne parvient à ceci, mais seulement ceux qui viennent à la Lumière du Christ, qui a racheté cette Église. Ceux qui s'éloignent de la lumière, sont chassés et condamnés, même s,ils professent toutes les Écritures qui sont déclarées. C'est pourquoi marchez dans la lumière, de sorte que vous puissiez avoir la fraternité avec le Fils, et avec le Père ; et venir tous à témoigner de son image, de sa puissance, et de sa loi, qui est sa lumière, qui a converti nos âmes, et les a amenée a se soumettre à la plus haute puissance, au-dessus de ce qui est hors de la vérité ; afin que vous puissiez connaître ici la miséricorde et la vérité, et la foi qui oeuvre par amour, dont Christ est l'auteur ; qui éclaire chacun de vous ; cette foi donne la victoire. Ce qui donne la victoire, est parfait ; et ce que les ministres de Dieu reçoivent venant de Dieu, est ce qui est parfait ; et leur ministère, est pour le perfectionnement des saints ; jusqu'à ce qu'ils soient tous parvenus à l'unité de la foi jusqu'à l'état d'homme parfait. Ceci est la parole du Seigneur pour vous tous. Que chacun dans la mesure de vie attende, de sorte qu'avec cela toutes vos pensées soient guidées jusqu'au Père de la vie, le Père des Esprits ; pour recevoir la puissance venant de Lui, et la sagesse, de sorte qu'avec cela vous puissiez être ordonnés pour sa gloire, à Lui soit la gloire pour toujours ! Tous, restez dans la lumière et dans la vie, qui juge ce qui est contraire à la lumière et à la vie. Ainsi, que le Seigneur Dieu soit avec vous tous. Et gardez vos réunions partout, en étant guidés par cette part de Dieu ; que par cela vous puissiez voir le Seigneur Dieu parmi vous, qui éclaire tout homme qui vient dans le monde ; de sorte que tous les hommes dans le monde puissent croire. Celui qui ne croit pas, la lumière le condamne ; celui qui croit, sort de la condamnation. Cette Lumière, qui éclaire tout homme qui vient dans le monde ; à laquelle, ceux qui la haïssent s'achoppent la Lumière des hommes.

Tous les Amis qui parlent en publique, voyez à ce que ce soit dans la vie de Dieu ; pour que cela engendre à Dieu les fruits qui ne pourriront jamais. Parlant de la vie qui sème à l'esprit qui est en prison, et l'esprit récolte la vie ; et la parole hors de la lumière sème pour la chair, et de la chair récolte la corruption. Vous pouvez voir arriver ceci partout dans le monde parmi ceux qui parlent hors de la vie ; vous pouvez voir ce qu'ils peuvent récolter dans le champ, qui est le monde. C'est pourquoi dans l'Esprit du Seigneur attendez, ce qui retranche et rejette tout ceci, la racine et les branches de ceci. Aussi, attendez dans la lumière afin de recevoir la puissance, et que le Seigneur Dieu tout puissant vous garde en elle ; qu'ainsi vous puissiez venir à sentir la lumière, qui comprend le temps et le monde, et qui le pénètre ; croire en la lumière vous donne la victoire sur le monde. Ici la puissance du Seigneur est reçue, qui soumet tous ce qui est contraire, et enlève les vêtements qui tâchent et polluent. Avec cette lumière vous parvenez à atteindre la lumière qu'il y a en tout homme, avec laquelle Christ éclaire tout homme qui vient au monde ; et ici les choses de Christ viennent à être connues, et la voix de Christ entendue. Par conséquent restez dans la lumière, dans l'alliance de paix ; et marchez dans l'alliance de la vie. Là se trouvent ceux qui se réjouissent du témoin de Dieu, et là se trouve ceux qui se réjouissent dans le Seigneur ; qui sont au-delà de ce qui rend joyeux de cela ; prenez note de cela, vous qui êtes dans la lumière. Le Seigneur embellit ceux dont la confiance est dans Sa force ; et le Seigneur voit ceux qui ont confiance dans sa force et ceux qui sont dans Sa lumière. Mais ceux qui ne le sont pas, qui sont éloignés de sa lumière et dont les yeux sont après les abominations et les idoles, leurs yeux doivent être aveuglés ; leurs belles idoles et leurs abominations doivent être détruites, et par la lumière condamnées, ce qu'ils ont fait hors de la vie dans leurs propres force ; cela est vu par la lumière, et rejeté par la puissance de Dieu. « Si vous pouvez changer mon alliance », a dit le Seigneur, « qui garde le jour dans sa saison, et la nuit dans sa saison, (remarquez, mon alliance — la lumière), si vous pouvez changer cela, alors vous pouvez changer l'alliance de Dieu avec sa semence ». Ainsi, tous les Amis qui sont tournés vers la Lumière qui vient de Celui par qui le monde a été fait, qui était avant que celui-ci fut fait, le Christ Jésus, le sauveur de vos âmes, demeurez dans la lumière, et vous verrez votre salut être des murailles et des remparts contre ce que la lumière dévoile comme étant contraire à elle. En attendant dans la Lumière vous recevrez la puissance de Dieu, qui est l'évangile de paix, avec lequel vous pourrez être chaussés. Et connaissez ce qui dans les uns les autres fait monter la semence de Dieu, l'établit au dessus du monde et de la terre, et crucifie les affections et les convoitises ; ainsi la vérité vient pour régner, elle est la bande qui encercle.

George Fox

C'est alors que Rice Jones, de Nottingham (qui avait été Baptiste, puis un Quaker, et qui maintenant était devenu Ranters) et ses adeptes, se mirent à prophétiser contre moi, disant que j'étais arrivé au faîte et que j'allais maintenant descendre aussi vite que j'étais monté. Il envoya nombre de pamphlets de Nottingham à Mansfield, à Clawson et dans les villes environnantes, dans lesquels il reprochait aux Amis d'annoncer la vérité sur les places des marchés et dans les maisons à clocher. Mais ses prophéties et celles de ses amis retombèrent sur eux ; car ils furent dissous peu après et leurs réunions s'émiettèrent ; quelques-uns continuèrent à se réunir le Premier jour pour jouer au palet. Beaucoup de ses disciples devinrent des Amis, et le sont restés. Par la puissance bénie du Seigneur, la Vérité et les Amis ont fait des progrès et continueront à en faire par la grâce de Dieu ; et moi ; par la même puissance, j'ai été et je suis préservé, gardé dans la Semence éternelle, qui ne s'altère ni ne se corrompt. Mais Rice Jones prêtait serment lorsqu'on lui disait de le faire, et ainsi il a désobéi à l'ordre du Christ. Beaucoup d'autres faux prophètes se sont élevés contre moi, mais le Seigneur les a détruits, et Il détruira encore ceux qui s'élèveront contre la divine Semence et contre moi. Ma confiance est en Lui ; car quoiqu'ils puissent me faire, j'ai vu avant qu'Il m'eût envoyé, comment ils finiraient et comment le Seigneur les confondrait.

*Rice Jones dirigea la première de plusieurs scissions avec les Quakers ; cependant, ce fut une scission mineure, qui affecta un seul lieu. Jones et ses fidèles fit l'erreur de croire qu'ils pouvaient être intérieurement fidèles à Dieu, tandis que leurs corps pouvaient se conformer au monde ; ainsi ils rejetèrent le renoncement de soi et la croix intérieure. Rice Jones avait été un fidèle Quaker, mais ses ambitions d'enseigner et de prêcher, couplé à son évitement de la croix, défit son progrès. Il emmena de nombreux Quakers immatures avec lui dans la séparation, où ils se rencontraient dans le château de Nottingham, se faisant eux-mêmes appeler « Proud Quakers (Quakers Fiers) » ou « Castle Company ( la Compagnie du Château.) » Leurs passions incluaient les sports, plusieurs d'entre- eux devinrent plus tard des lutteurs et footballeurs renommés en Angleterre. Plus tard Fox demanda à Rice Jones de convoquer une réunion de ses disciples de sorte que Fox puisse leur parler ; au cours de cette réunion Fox discrédita les déclarations de Jones par les Écritures. Il convainquit la plupart de revenir à la véritable foi Quaker. Ceux qui restèrent, se rencontrèrent au premier jour pour jouer à jeu de palets.

J'étais maintenant à Synderhill-green, où j'eus une grande réunion durant le jour, et une autre le soir, dans la maison de Thomas Stacy car les gens étaient venus de loin, et ne pouvaient pas partir aussitôt. Le shérif du comté dit au Capitaine Bradford qu'il avait l'intention de venir, avec une demi-douzaine de sa troupe, à la réunion ; mais le Seigneur l'empêcha. Lorsque j'eus établi quelques réunion dans la région, je voyageai partout dans le Yorkshire aussi loin que Holderness, et au bout du pays dans cette direction, visitant les Amis et les églises du Christ ; qui étaient soigneusement établies sous ses enseignements. Enfin j'arrivai à la maison du Capitaine Bradford, où plusieurs Ranters étaient venus de York pour argumenter ; mais ils furent confondus. Dans cette région une femme appelée la lady Montague vint ; elle fut alors convaincue, et vécut et mourut dans la vérité.

Alors je retournai chez Thomas Taylor, à trois milles d'Halifax, où il y eut une réunion d'environ deux cents personnes parmi lesquelles beaucoup de gens grossiers, entre autres plusieurs bouchers dont certains s'étaient engagés, sous serment, à me tuer (comme je l'appris ensuite). Un de ces bouchers avait déjà tué un homme et une femme. Ils entrèrent d'une façon très grossière, et dérangèrent beaucoup la réunion. Comme elle se tenait dans une propriété privée, Thomas Taylor se leva et leur dit : « Si vous voulez être convenables, vous pouvez rester, sinon je vous chasse de chez moi. » Mais cela ne fit qu'empirer les choses ; ils dirent qu'ils feraient de cette propriété un endroit public ; ils hurlèrent et firent autant de vacarme que s'ils avaient été à un combat d'ours. Ils s'amusaient à renverser et à bousculer les Amis et comme ceux-ci restaient paisibles, la puissance du Seigneur vint sur eux. Plusieurs fois, ils me firent tomber de la place où je me tenais debout, en me bousculant au milieu de la foule ; mais chaque fois la volonté du Seigneur me remettait debout à la même place. Enfin, je fus inspiré par le Seigneur à leur dire s'ils voulaient discuter des choses de Dieu, ils pouvaient venir à moi, l'un après l'autre ; et que, s'ils avaient quelque chose à dire ou à objecter, je leur répondrais successivement ; mais ils restèrent silencieux et ne trouvèrent rien à dire. Alors la puissance du Seigneur vint sur eux tous, répondant au témoin de Dieu qui était en chacun d'eux ; ils furent liés par la puissance divine et nous eûmes une glorieuse et puissante réunion. Sa puissance vint sur nous tous, tous les coeurs se tournèrent vers Dieu, et vers Christ leur Maître. La Puissante Parole de Vie fût largement déclaré ce jour là, et dans la vie et l'Esprit de Dieu nous sortîmes du réunions, et ces grossiers personnages s'en retournèrent à Halifax. Les gens leurs demandèrent pourquoi ils ne m'avaient pas tués, suivant le serment qu'ils avaient fait, et ils répondirent malicieusement qu'ils n'avaient pas pu le faire parce que je les avais ensorcelés. C'est ainsi que le Diable fut enchaîné cette fois-là. Les Amis me dirent que ces gens avaient l'habitude de venir de temps en temps, qu'ils étaient toujours très grossiers et indisciplinés, que parfois ils mettaient en pièces sièges et meubles, et qu'ils leur donnaient un mal terrible ; mais maintenant la puissance du Seigneur les avait enchaînés. Peu après, le boucher qu'on accusait d'avoir assassiné un homme et une femme et qui était l'un de ceux qui avait juré de me tuer, tua un autre homme et fut envoyé à la prison de York. Un autre de ces grossiers bouchers qui avait aussi juré de me tuer et qui avait l'habitude de tirer la langue aux Amis quand ils passaient près de lui, eut la langue si enflée qu'il ne put plus la rentrer dans sa bouche et il en mourut. Plusieurs de ceux qui conspiraient contre moi furent victimes de châtiments étranges et soudains qu'il serait trop long de relater ici. La vengeance de Dieu descendait du ciel sur ces gens avides de sang ; je les présentais tous au Seigneur, laissant agir Celui qui est plus puissant que tous ; Sa puissance me préserva et me permit de continuer à faire son oeuvre. Le Seigneur a suscité dans ce pays un peuple nombreux, qu'Il a attiré à Christ et rassemblé en son nom ; ils sentent la présence de Christ au milieu d'eux et se soumettent à Ses enseignements.

Après cela je passai à travers les campagnes jusqu'à ce que j'arrivai à Balby, de là plusieurs Amis m'accompagnèrent dans le Lincolnshire, certains entrèrent dans les maisons à clochers, certains allèrent dans les réunions privées. Vint à la réunion où j'étais, le shérif de Lincoln, et plusieurs personnes avec lui, qui, durant un certain temps querellèrent et causèrent un tintamarre ; mais à la fin la puissance du Seigneur le frappa tellement, qu'il fut convaincu de la vérité, et reçu la parole de vie, comme ce fut le cas pour plusieurs autres qui s'étaient opposés à nous ; ils continuèrent avec les Amis jusqu'à leur mort. Il y eut de grandes réunions et beaucoup furent convaincus dans cette région. Plusieurs furent tournés vers le Seigneur Jésus, et vinrent pour s'asseoir sous ses enseignements, abandonnant leurs prêtres et leurs superstitions ; et le jour du Seigneur fleurissait au dessus de tous. Parmi ceux et celles qui vinrent à nos réunions dans cette région, il y avait un dénommé Sir Richard Wray qui fut convaincu avec son frère et la femme de son frère. Son frère et sa belle soeur vécurent dans la vérité jusqu'à leur mort ; mais plus tard Sir Wray abandonna la foi.
 
Après avoir visité cette contrée, j'allai dans le Derbyshire ; l'officier de police de Lincoln, qui avait été convaincu récemment, m'accompagnait. Dans une des réunions, une certaine opposition se manifesta, mais la puissance glorieuse du Seigneur surmonta tous les obstacles. Nous vîmes venir un soir un groupe d'huissiers et d'hommes qui me firent appeler. J'allai vers eux, accompagné de quelques Amis. Ils furent extrêmement grossiers et violents ; ils avaient, semble-t-il, comploté de m'emmener de force, à la faveur de la nuit, pour me faire du mal ; mais la puissance du Seigneur vint sur eux et les enchaîna, en sorte qu'ils ne purent pas accomplir leur mauvais dessein ; ils finirent par se retirer. Le jour suivant, Thomas Aldam, apprenant que ces hommes appartenaient à quelqu'un portant le titre de chevalier et qui ne demeurait pas loin de là, se rendit dans sa maison et lui raconta comment ses gens s'étaient comportés. Le chevalier les réprimanda et ne leur permit plus de se conduire ainsi à notre égard.

Après ceci nous arrivâmes à Skegby, dans le Nottinghamshire, où nous eûmes une grande réunion de différentes personnes ; et la puissance du Seigneur alla sur elles, et tous furent tranquilles. Les gens furent tournés vers l'Esprit de Dieu, par Lequel plusieurs reçurent Sa puissance, et s'assirent sous les enseignements du Christ, leur sauveur. Le Seigneur a maintenant un grand nombre de personnes dans cette région.

Je passai par Kidsley-park, où plusieurs Ranters arrivèrent ; mais la puissance du Seigneur les retint. De là j'allai dans la campagne de Peak chez Thomas Hammersley, où les Ranters de cette région et plusieurs haut professeurs vinrent. Les Ranters s'opposèrent à moi et commencèrent à jurer. Lorsque je les réprimandai pour avoir juré, ils voulurent apporter une écriture pour cela, alléguant que Abraham, Jacob, et Joseph juraient ; et que les sacrificateurs, Moïse, les prophètes, et les anges juraient. J'admis qu'ils faisaient ainsi, comme le rapportent les écritures ; mais, dis-je, Christ (qui a dit, Avant qu'Abraham fut, Je suis ), a commandé, Ne jurez pas du tout. Christ mit fin aux prophètes, à l'ancien sacerdoce, à la dispense de Moïse, et règne sur la maison de Jacob et de Joseph, et il dit, Ne jurez pas du tout. Et Dieu, quand il a amené le premier né dans le monde, a dit ‘Que tous les anges de Dieu l'adorent’, c'est à dire le Christ Jésus, qui a dit,  « Ne jurez pas du tout. » En ce qui concerne le plaidoyer que font les hommes pour jure, (pour mettre fin à leurs querelles), Christ, qui dit, Ne jurez pas du tout, a détruit le diable et ses oeuvres, qui est l'auteur des querelles ; car c'est là l'une de ses oeuvres. Et Dieu a dit, « Celui-ci est mon Fils bien aimé en qui j'ai trouvé mon plaisir ; écoutez-Le », Ainsi, le fils doit être entendu, lui qui interdit les serments, et l'apôtre Jacques, qui a entendu le Fils de Dieu, l'a suivi, et l'a prêché, interdit tout serment. Jacques 5:12. Ainsi la puissance du Seigneur alla sur lui, et son Fils et sa doctrine fut établit sur eux. La parole de vie fut richement et pleinement prêchée, et ce jour là beaucoup furent convaincus. Thomas Hammersley, ayant été appelé à faire partie d'un jury, obtint la permission de ne pas prêter serment ; quand il apporta le verdict —  étant chef du jury —  le juge déclara « qu'au cours de sa longue carrière, il n'avait jamais vu un verdict aussi juste que celui que lui avait apporté ce Quaker ». On pourrait citer bien des faits de ce genre si le temps le permettait. Mais la puissance et la vérité bénits furent exaltées sur tous, Lui qui est digne de toute louange et de gloire pour toujours !

En voyageant à travers le Derbyshire, je rendis visite à des Amis jusqu'à ce que j'arrivai à Swanington dans le Leicestershire. Il y eut une réunion générale dans cette ville, à laquelle plusieurs Ranters, Baptistes, et autres professions vinrent ; car il y avait eu de grandes luttes entre les Ranters et les prêtres de cette ville. Plusieurs Amis vinrent à cette réunion de plusieurs endroits incluant John Audland, Francis Howgill, Edward Pyot de Bristol, et Edward Burrough de Londres ; et plusieurs furent convaincus dans ces régions. Les Ranters causèrent un dérangement et furent très grossiers, mais à la fin la puissance du Seigneur vint sur eux et ils furent confondus. Le jour suivant Jacob Bottomly, un grand Ranter, vint de Leicester ; mais la puissance du Seigneur l'arrêta, et vint sur eux tous. Vint aussi un prêtre là bas, mais lui aussi fut confondu par la puissance étonnante du Seigneur. Vers cette époque, les prêtres, Baptistes, Ranters, et autres professeurs étaient vraiment très grossiers et montaient des gens grossiers contre nous. Nous envoyâmes un message aux Ranters les invitant à venir à la réunion afin que leur Dieu soit éprouvé. Beaucoup d'entre eux vinrent et ils furent vraiment grossiers en chantant, sifflant, et en dansant ; mais la puissance du Seigneur les confondit de sorte que beaucoup d'entre eux furent convaincus.

Après ceci j'allai à Twycross où vinrent quelques uns de ces mêmes Ranters qui s'étaient tenus chantant et dansant devant moi, mais je fus mû dans la crainte du Seigneur à les réprimander ; et la puissance du Seigneur vint sur eux, au point que certains d'entre eux furent convaincus et reçurent l'Esprit de Dieu ; ils devinrent de gentilles personnes, vivant et marchant sobrement dans la vérité du Christ. J'allai chez Anthony Bricole dans le Warwickshire où il y avait une grande réunion ; plusieurs Baptistes et autres vinrent et firent des bruits stridents, mais la puissance du Seigneur vint sur eux.

J'allai alors à Drayton pour voir ma famille. Aussitôt que je fus entré, Nathaniel Stephens, le prêtre, ayant pris un de ses collègues avec lui et fait connaître à tous mon arrivée, me fit dire de venir les trouver car ils ne pouvaient rien discuter sans moi. Étant resté trois ans sans voir ma famille, je ne connaissais rien de leurs intentions. Je me rendis enfin près de la maison à clocher où étaient les deux prêtres et où ils avaient réuni une grande affluence de gens. Quand j'arrivai, ils voulurent m'y faire entrer. Je leur demandai ce que j'avais à faire là ; ils me répondirent : « M. Stephens ne supporte pas le froid. » Je leur dis qu'il pouvait le supporter aussi bien que moi. Nous entrâmes enfin dans une grande salle, Richard Farnsworth étant avec moi. Nous eûmes un grand débat avec ces prêtres au sujet de leurs pratiques ; nous leur montrâmes combien elles étaient contraires à celles de Christ et de Ses apôtres. Les prêtres voulaient savoir où les dîmes étaient interdites ou abolies. Sur quoi je leur montrai que, d'après le septième chapitre de l'Épître aux Hébreux, « que non seulement les dîmes mais la prêtrise qui percevait les dîmes était abolie ; qu'il y avait annulation de la loi par laquelle la prêtrise avait été instaurés, et par laquelle il y avait ordonnance de percevoir les dîmes . » Alors les prêtres excitèrent alors la foule à montrer de la grossièreté et de la rudesse. Je connaissais le prêtre Stephens depuis mon enfance ; c'est pourquoi je pus faire voir ce qu'il était et comment il prêchait ; et comment lui, ainsi que les autres prêtres, appliquaient les promesses à la première naissance, celle qui est destiné à la mort. Mais je démontrai que les promesses étaient pour la semence, et non pour plusieurs semences, mais pour l'unique semence, celle de Christ ; qui est la semence mâle et femelle : car tous doivent être « nés de nouveau, avant de pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu ». Alors il dit que je ne devais pas juger ainsi. Je lui dit que, « l'homme spirituelle juge de tout ». Alors il admit que, cela était pleinement scripturaire ; « Mais, voisins », ajouta-t-il, « voilà l'affaire : George Fox est éclairé par la lumière du soleil, et il veut maintenant éteindre la clarté de mon étoile. » Mais je lui dis que je ne voudrais pas éteindre la plus petite lueur de Dieu en qui que ce soit, bien moins encore la clarté de son étoile, s'il s'agissait de la véritable lumière de l'Étoile du Matin. Mais j'ajoutai que, s'il avait quelque chose à dire de la part de Christ ou de Dieu, il devrait le dire gratuitement, et non se faire payer des dîmes pour prêcher puisque Christ a commandé à ces ministres de donner gratuitement, comme ils avaient reçu gratuitement. Alors je lui ai demandé de ne plus prêcher pour des dîmes ou aucune autre compensation. Mais il a dit qu'il ne se soumettrait pas à cela. Peu après les gens commencèrent à être vain et grossier, à un point tel que nous avons arrêté le débat. Cependant ce jour là, quelques uns reçurent l'amour de la vérité. Avant de partir, Je leur ai dit, « Si le Seigneur le permet, J'avais l'intention de revenir en ville ce jour là à sept heure du soir. » Entre-temps Je suis allé dans le pays, faire quelques réunions, et je fus de retour ce soir là à sept heure. Durant mon absence ce prêtre avait demandé l'aide de sept autres prêtres ; car il avait annoncé à la lecture au jour du marché à Adderston, que aujourd'hui il y aurait une réunion et une dispute avec moi. Je n'en savais rien ; mais j'avais seulement dit que j'allais revenir ce soir à sept heure. Ces huit prêtres avaient rassemblé des centaines de gens dont la plupart venaient des campagnes environnantes, et ils auraient voulu me faire entrer dans la maison à clocher ; mais je n'acceptai pas, je montai sur une colline et c'est de là que je parlai aux prêtres et à la foule. Thomas Taylor, James Parnell, et plusieurs autres Amis. Les prêtres croyaient avoir foulé aux pieds la vérité ce jour-là ; mais la vérité vint sur eux. Alors ils devinrent méprisant et les gens furent grossier. Les prêtres ne voulaient plus débattre avec moi ; mais pouvaient débattre un peu ici et là avec l'un des Amis ou bien avec quelqu'un d'autre. Enfin un des prêtres amena son fils pour discuter avec moi, mais il eut bientôt la bouche fermée. Quand il ne savait comment me répliquer il allait demander conseil à son père ; et le père était tout aussi embarrassé pour répondre Enfin, quand ils furent exténués d'avoir essayé, ils s'en allèrent, furieux, dans la maison du prêtre Stephens, pour boire. Quand ils sortirent, je leur dis : « Je ne suis jamais allé à un endroit où tant de prêtres réunis aient refusé de se mesurer avec moi. » Là-dessus, eux et quelques-unes de leurs femmes m'entourèrent et commencèrent à pousser les Amis ça et là pour les séparer de moi et pour m'avoir tout à eux. Au bout d'un moment, plusieurs vigoureux gaillards arrivèrent, me saisirent et me portèrent sous le porche de la maison à clocher, voulant me faire entrer de force ; mais la porte étant fermée à clef, ils tombèrent en tas, moi au-dessous d'eux. Dès que je le pus, je me dégageai et je remontai sur la colline. Alors ils vinrent m'y chercher pour m'amener au mur de la maison à clocher, et ils m'installèrent sur un tronc en guise de tabouret ; tous les prêtres, étant revenus, s'assirent au-dessous de moi avec la foule. Les prêtres criaient : « Allons, discussion ! discussion ! » Je leur dis que « je ne reconnaissais pas leur voix, car c'était la voix des mercenaires et des étrangers ». Ils crièrent : « Prouvez-le, prouvez-le. » Je leur indiquai alors le dixième chapitre de Jean,où ils pourraient voir ce que disait d'eux le Christ ; Il disait « qu'Il était le vrai berger qui donne Sa vie pour Ses brebis, et que Ses brebis entendaient Sa voix et Le suivaient ; mais que le mercenaire fuyait quand venait le loup, parce qu'il était un mercenaire ». J'offris de leur prouver qu'ils étaient aussi des mercenaires. Alors les prêtres me firent descendre du tronc et eux-mêmes montèrent sur de petits bancs sous le mur de la maison à clocher.

Je sentis alors la puissance souveraine du Seigneur sur nous tous, quoique les gens commençaient à devenir quelque peu grossiers ; je leur dis que s'ils voulaient m'entendre et se tenir tranquilles, je leur montrerais par les Écritures pourquoi je reniais ces huit prêtres qui étaient devant moi, et tous les prêtres mercenaires du monde ; et je me baserais pour cela sur les Écritures.  Les prêtres et l'assemblée y consentirent. Je leur montrai, d'après les prophètes Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Michée, Malachie et d'autres, qu'ils suivaient les traces de ceux auxquels Dieu avait envoyé Ses vrais prophètes pour qu'ils les censurent. Car, leur dis-je, vous êtes semblables à ceux que le prophète Jérémie dénonça au Chapitre 5 lorsqu'il dit, « Les prophètes prophétisent avec fausseté, Les sacrificateurs dominent sous leur conduites » ; ce qu'il appelait une horrible chose souillé . Vous êtes comme ceux qui ont pris leur propre parole, et ont déclaré, Ainsi dit le Seigneur, bien que le Seigneur ne leur a jamais parlé . Comme ceux qui ont suivi leur propre esprit ; et n'ont rien vu ; mais qui ont donné de fausses prédictions sortis de leur propre pensée ; et par leur mensonge et leur témérité ont poussé les gens dans l'égarement. Jér 23:3132. Vous êtes comme ceux qui suivent leur chemin à la poursuite de leurs gains ; qui étaient comme des chiens voraces, qui n'en avaient jamais assez, auxquels le Seigneur envoya Son prophète Ésaïe afin de les dénoncer : Ésaïe. 56:11. Vous êtes comme ceux qui enseignaient pour quelques poignées d'orges et des morceaux de pains, qui ont cousu des oreillers sous l'ouverture des manches des gens, afin qu'ils puissent se vautrer tranquillement dans leurs péchés. Ézéchiel 13. Vous êtes comme ceux qui enseignaient dans le but d'en retirer la toison et la laine, et font que les gens deviennent des proies. Ézéchiel 34. Mais maintenant le Seigneur rassemble ses brebis loin de vos bouches, et de vos montagnes stériles ; et les emmène à Christ, le seul Berger qui a été placé à la tête du troupeaux ; tel que l'avait déclaré son prophète Ézéchiel. Vous êtes comme ceux qui prédisent pour de l'argent, et qui prêchent pour un salaire ; si un homme ne remplit pas leurs bouches ils lui déclarent la guerre, comme le dit la plainte du prophète Michée au Chapître.3. Ainsi j'avais tellement cité les prophètes que j'en vint à me répéter. Puis arrivé au Nouveaux Testament, Je leurs montrai à partir de là, qu'ils étaient comme les souverains sacrificateurs, les scribes, et les Pharisiens, à qui Christ a dit « malheur à vous ». Mat 23. Et qu'ils étaient comme ces faux apôtres, que les vrais apôtres dénoncèrent, qui enseignaient en échange de biens sordides ; comme les antéchrists et les séducteurs qui convoitent les choses du monde, et qui ne servent pas notre Seigneur Jésus-Christ, mais plutôt leurs propres ventres ; car ceux qui servent Christ donnent gratuitement et prêchent gratuitement, tout comme Il leurs a commandé. Mais ceux qui ne prêcheront pas sans salaire, dîmes, ou autres moyens extérieurs, servent leurs propres ventres, et non Christ ; et par les bonnes paroles des écritures, et des paroles de leurs propres inventions, ils exploitent les gens, tout comme (J'ai dit) vous faites maintenant. Quand J'eus largement cité les Écritures, et que je leurs eus montré qu'ils étaient comme les Pharisiens, aimant être appelés par les hommes « Maître », à montrer leurs longues robes, à faire de longues prières dans les synagogues, les meilleurs places dans les banquets, et ainsi de suite ; et lorsque sous les yeux du peuple, je les eus comparés à des faux prophètes, séducteurs, scribes, et Pharisiens, et démontrés sans exception comment ceux-ci furent jugés et condamnés par les vrais prophètes, par Christ, et par les apôtres. Je les orientai vers la Lumière de Jésus, qui éclaire tout homme qui vient au monde ; que par elle il puisse voir que ces choses qui ont été dites sont vraies. Quand j'eus fait appel à cette part de Divinité dans leur conscience, la Lumière de Christ Jésus en eux, ils ne purent demeurer pour l'entendre. Ils étaient tous tranquilles jusque-là ; mais alors un professeur dit, « George, finiras-tu bientôt de parler ? » Je lui ai dit, « J'aurai bientôt fini ». Alors j'ai continué encore un peu, puis je quittai dans la puissance du Seigneur. Quand j'eus terminé, tous les prêtres et le peuple restèrent silencieux pendant un moment ; enfin un des prêtres a dit qu'ils voudraient bien lire les Écritures que j'avais cité. Je leur ai dit que j'accueillais leur lecture avec tout mon coeur. Ils commencèrent à lire le vingt troisième chapitre de Jérémie, et ils y virent la marque des faux prophètes contre lesquels il s'était levé. Quand ils eurent lu un verset ou deux, J'ai dit, « Remarquez, peuple » ; mais les prêtres dirent, « retiens ta langue, George ». Je leur ai demandé de lire tout le chapitre en entier, car il leur était entièrement adressé. À ce moment ils s'arrêtèrent, ne voulant pas en lire plus ; mais me posèrent une question. Je leur dit que j'allai répondre à leur question, bien qu'ils eurent premièrement admit que je les avais accusé d'être : de faux prophètes, de faux professeurs, des antéchrists, et des séducteurs, tel que les vrais prophètes, Christ, et les apôtres avaient dénoncés. Un professeur a dit Non à cela ; mais je lui dit, « Oui : car vous abandonnez l'affaire, et passez à autre chose. Cela semble consentir à la preuve de la précédente accusation. » Puis je répondis à leur question, qui était ceci : Voyant que ces faux prophètes étaient adultérés, Est-ce que j'avais jugé le prêtre Stephens être un adultère ? À cela je répondis, « qu'il était adultéré de Dieu dans sa pratique, tout comme ces faux prophètes et ces Juifs ». Ils ne voulurent pas le défendre mais terminèrent la réunion. Alors les prêtres murmurèrent ensembles, et Stephens vint vers moi et demanda si mon père, mon frère, et moi voulions aller avec lui dans un endroit à part afin qu'il puisse me parler en privé pendant que les autres prêtres garderaient les gens éloignés de nous. J'étais très peu disposé à aller à part avec lui ; mais les gens criaient, « vas y George, vas avec lui ». Ayant peur que si je n'y allais pas, les gens disent que j'étais désobéissant envers mes parents, J'allai tandis que les autres prêtres maintenaient les gens éloignés ; mais ils ne purent les maintenir car les gens voulaient entendre donc ils s'approchèrent plus près de nous. Je demandai au prêtre ce qu'il avait à me dire. Il dit que, s'il était en dehors de la voie, de prier pour lui, et que si j'étais en dehors de la voie, il prierait pour moi, et il me dit qu'il me donnerait les parole à réciter dans ma prière pour lui. Je répliquai, « Il semble que tu ne sais pas si tu es dans la bonne voie ou non ; tu ne semble pas savoir non plus si je suis dans la bonne voie oui ou non ; mais Je sais que je suis dans la voie de l'éternité, Christ-Jésus, hors duquel tu es. Et tu veut me donner les paroles avec lesquels je devrais prier, pourtant tu nie le Livre de Prière Publique comme outil de prière aussi bien que moi, et je renie tout aussi bien ta formule de parole. Si tu veux que je prie pour toi par des formules de paroles, n'est-ce pas là renier la doctrine des apôtres et la pratique en priant par l'esprit, comme cela donne des mots et des paroles précises ? » sur ce point les gens ont commencé à rire, mais j'étais plutôt amené à parler encore plus à Stephens. Quand j'eus dégagé ma conscience de lui et d'eux, nous quittances ; avant de partir je leur avais dit que, Dieu voulant, je serais en ville ce soir là encore à sept heure. Puis les prêtres s'en allèrent, et beaucoup de gens furent convaincu ce jour là ; car la Puissance du Seigneur vint sur tous. Bien qu'ils s'attendirent à confondre la Vérité ce jour-là, beaucoup furent convaincus par elle ; et beaucoup de ceux qui étaient déjà convaincus furent fortifiés dans la Vérité et y demeurèrent ; les prêtres en furent grandement ébranlés. Eh oui, mon père, bien qu'il fût un auditeur fidèle du prêtre, fût tellement satisfait qu'il cassa sa canne sur le sol en disant, « Eh bien ! Je vois que celui qui demeure ferme dans la vérité est soutenu par elle. » Je me suis promené un peu partout dans la campagne, puis revins ce soir là à sept heure car nous avions prévus une réunions à la maison de mes parents. Le prêtre Stephens, ayant été prévenu de mon arrivée, avait fait venir encore un autre de ses collègues. Ils avaient avec eux une compagnie de soldats et ils me firent chercher. Mais je leur fis dire que notre réunion était arrangée et qu'ils pouvaient y venir s'ils le voulaient. Les prêtres ne vinrent pas ; mais les soldats s'y montrèrent ainsi que beaucoup de gens très grossiers. Ils avaient demandés aux soldats de prendre les noms de toutes les personnes présentes et leur donner l'ordre de rentrer chez elles ; et celles qui n'y consentiraient pas, ils les emmèneraient avec eux. En conséquence ils se mirent à l'œuvre, ils prirent plusieurs noms et commandèrent aux gens de rentrer chez eux ; mais, quand ils arrivèrent à mon nom, mes parents leur dirent que j'étais déjà rentré à la maison ; ainsi ils ne purent pas m'emmener cette fois. Néanmoins,ils prirent mon nom ; mais la puissance du Seigneur fut sur eux, et tous s'en allèrent, fâchés et vexés de n'avoir pas atteint leur but. Plusieurs furent cependant convaincus ce jour-là et ils admirèrent l'amour et la puissance de Dieu. C'est ce même prêtre Stephens qui avait dit un jour de moi : « On n'a jamais vu son pareil en Angleterre. » Pourtant, plus tard, il raconta que j'avais été emporté dans les nuages, et qu'on m'avait retrouvé couvert d'argent et d'or ; et il colporta toutes sortes de mensonges et de faux bruits à mon sujet, mais le Seigneur les balaya tous. La raison pour laquelle je ne voulais pas aller dans leurs maisons à clocher, c'est que j'étais appelé à rendre témoignage contre elles, et d'en faire sortir les gens, de les amener vers l'Esprit de Dieu afin qu'ils puissent considérer leurs corps comme des temples du Saint-Esprit, et qu'ils s'éloignent de ces professeurs mercenaires, allant plutôt vers Christ, qui enseigne gratuitement, qui est mort pour eux, et qui les a rachetés par son sang.

Après ceci j'allai dans le pays, j'eus plusieurs réunions, et vint à Swanington, où vinrent les soldats ; mais la réunion était silencieuse, la puissance du Seigneur était sur tous, et les soldats n'interférèrent pas. J'allai ensuite à Leicester et de là à Hésitante. Environ dix-sept hommes du régiment du Colonel Hacker arrivèrent avec un officier et m'arrêtèrent avant la réunion, quoique les Amis fussent déjà en train de se rassembler. Je dis à l'officier qu'il pouvait laisser tous les Amis, que je répondais pour eux tous ; il me prit et les laissa aller à l'exception d'Alexander Parker qui vint avec moi. Le soir, on m'amena devant le Colonel Hacker, son major, et un groupe nombreux de capitaines. Nous eûmes un long entretien sur les prêtres et les réunions, car à cette époque le bruit courait d'un complot contre Olivier Cromwell. Je discutai beaucoup avec eux sur la lumière de Christ qui éclaire tout homme venant dans le monde. Le Colonel Hacker demanda si ce n'était pas cette lumière de Christ qui avait poussé Judas à trahir son Maître et à se pendre ensuite. Je lui répondis : « Non c'était l'esprit de ténèbres qui haïssait Christ et Sa lumière. » Alors le Colonel dit que je pouvais rentrer chez moi, y rester et ne plus voyager pour tenir des réunions. Je lui dis que j'étais innocent, que je ne m'étais rendu coupable d'aucun complot et que je réprouvais ce genre de choses. Son fils Needham dit alors : : « Père, cet homme a régné trop longtemps, le moment est venu de le supprimer. » Je lui demandai : « Pourquoi ? qu'ai-je fait ? A qui ai-je fait tort depuis mon enfance ? » Car j'étais né et j'avais été élevé dans ce pays, et qui aurait pu me reprocher quoi que ce fût depuis mon enfance ? Alors le Colonel Hacker me demanda de nouveau si je voulais retourner chez moi et y rester. Je lui dis que « si je promettais cela, ce serait me reconnaître coupable en quelque chose et que cela ferait de ma maison une prison ; et que si, au contraire, j'allais aux réunions, ils diraient que j'avais enfreint leur ordre ». J'ajoutai que « j'irais aux réunions quand le Seigneur me l'ordonnerait et que, par conséquent, je ne pouvais me soumettre à leurs exigences ». Mais je leurs dis encore : «  Nous sommes un peuple paisible. » « Très bien, alors », dit le Colonel Hacker, « je vous enverrai demain à la sixième heure chez mon Lord Protecteur, sous l'escorte du Capitaine Drury, l'un de ses gardes du corps. » Cette nuit-là, je fus retenu en prison, et le matin suivant autour de la sixième heure, je fus amené au Capitaine Drury. Mais avant je demandai à parler au Colonel Hacker ; et le Colonel Hacker me laissa lui parler à côté de son lit. Colonel Hacker m'ordonna encore une fois de rentrer à la maison et de ne plus jamais tenir de réunions. Je lui dis que je ne pouvais me soumettre à ces conditions, que je devais être libre de servir Dieu et d'aller aux réunions. « Alors », dit-il, « il vous faut aller devant le Protecteur. » Là-dessus, je m'agenouillai près de son lit, et je suppliai le Seigneur de lui pardonner, car il agissait comme Pilate, puisqu'il voulait s'en laver, les mains ; je lui dis que, lorsque les jours d'angoisse et d'épreuve fondraient sur lui, alors il se souviendrait de mes paroles. En fait, il était excité et poussé par le prêtre Stephens et par d'autres prêtres dont l'envie et la bassesse étaient manifestes. Quand ceux-ci virent qu'ils n'arrivaient pas à me vaincre par des discussions et des arguments, ni à résister à l'Esprit du Seigneur qui était en moi, ils envoyèrent des soldats pour m'arrêter.

Plus tard quand le Colonel Hacker fût emprisonné à Londres, une journée ou deux avant son exécution, il se rappela ce qu'il avait fait à un innocent ; et il s'en rappela, et avoua à Margaret Fell ; disant, qu'il connaissait bien celui dont elle parlait ; et que c'était la raison de son malheur. Ainsi que son fils, qui avait dit à son père que j'avais régné trop longtemps, et qu'il était temps de me supprimer ; dû voir, plus tard, de quelle manière son père fût supprimé. Il fût pendu à Tyburn.

{À Oliver Protecteur, par George Fox, 1654

À Oliver Protecteur [Cromwell était bien versé dans les Écritures et de l'extérieur paraissait vraiment religieux.]

Ami, concentrez-vous sur la sagesse de Dieu, ne laissez pas ceux qui prétendent être vos amis venir près de vous, ou même vos ennemis, car il y a danger.

George Fox

Ésaïe 8: Si quelqu'un courrait vers vous, le mort [l'homme charnel] pour le vivant [parlant soi-disant pour le Dieu vivant] : Si un homme veut la Lumière, qu'il regarde à la loi et le témoignage pour s'assurer qu'ils ne parlent pas à contre sens. S'il ne fait pas ceci, il souffre de faim ; [il n'a pas de droiture, il est toujours charnel] il est hors de patience, [il n'a pas de fruit] et blasphème son roi et son Dieu. [en donnant des conseils de leurs propres pensées charnelles, mais prétendant parler avec l'autorité de Dieu, leurs paroles font tort à Dieu et au roi.]

Ceci fut prit dans la Bible à Gravesend.}

(Note du Rédacteur de ce Site : la note en bas de page du Journal de Cambridge, dit : un expert dans les manuscrits de la Bible ne peux rien trouver dans Ésaïe pour supporter ceci. Pourtant, c'est exactement où Fox a dit que cela était, Ésaïe Chapitre 8, trois versets consécutifs, 19-21. Il est certain, que la manière dont les versets sont utilisés par Fox pour construire un avertissement à Cromwell demeure soumise à l'opinion, dont la mienne est montrée entre parenthèses dans la construction cryptique, mais Cromwell était très bien versé dans la Bible. Je pense que ceci est une lettre inspirée avertissant Cromwell exactement de ce qui le mènerait à sa chute, ou le retrait par le Seigneur, car plus tard le Seigneur le menaça explicitement. Plutôt que d'écouter cet avertissement de Fox, Cromwell écouta les courtisans religieux flatteurs autour de lui.)

Maintenant j'étais emmené comme un prisonnier par le capitaine Drury de Leicester ; et quand nous arrivâmes à Harborough, il me demanda, si je voulais m'en aller chez moi, et y demeurer pendant deux semaines ? Il a dit que je pourrais retrouver ma liberté si je décidais de ne pas tenir de réunions. Je lui répondis que je ne pouvais pas promette une telle chose. À plusieurs reprises, en cour de route, il me demanda et répéta la même offre, mais toujours je lui donnai la même réponse. Alors il m'emmena à Londres et me logea au Mermaid sur Mews à Charing-Cross. Sur le chemin comme nous avons voyagé, lorsque j'arrivais à des auberges ou autres endroits, J'étais mû par le Seigneur pour avertir les gens des auberges et autres endroits du jour du Seigneur qui venait sur eux. Il me laissa rendre visite à William Dewsbury et Marmaduke Storr qui étaient en prison à Northampton.

Note provenant de Vaillant pour la Vérité : La ville de Londres dans laquelle George Fox est entré en 1654 ne serait guère reconnu par un résident de la même ville actuelle. Elle était entourée par des murs dont les fondations furent posées par les romains, et on ne pouvait y entrer que par des passerelles crénelées. De l'autre côté de ces murs se trouvait un labyrinthe de ruelles étroites, dont Cheapside et Cornhill étaient les plus visibles. Les étages supérieurs des maisons surplombaient ceux du bas, de sorte que les voisins pouvaient se serrer la main de leurs fenêtres, tandis que la rue du bas était comme un chemin couvert. Il n'y avait aucune disposition pour l'éclairage de nuit, et les différentes classes de la société entretenaient jalousement la distinction des rangs. Les courtisans possédaient un droit exclusif pour les lanternes, marchants et avocats étaient accompagnés par des garçons avec des flambeaux, (torches enduits de résines pour éclairer), tandis que les mécaniciens et autres artisans devaient eux-mêmes tenir leurs torches. Le Strand achalandée et animée était le lien qui reliait Londres à Westminster, autrefois deux villes distinctes, et au lieu d'être entassée de boutiques, comme c'est le cas actuellement, il était bordé des deux côtés de Temple Bar à Charing Cross, de maisons et de jardins appartenant à des évêques et à des nobles.

Durant le protectorat de Cromwell, la religion était le thème principal du jour. Les points épineux de la doctrine étaient discutés avec autant de zeste que nous le faisons avec l'état des marchés de nos jours. Les prédications en plein air était chose commune, et des foules pouvaient patiemment tenir trois ou quatre heures à un moment pour écouter un éminent prédicateur. Dont l'un d'entre eux, nommé Howe, il a été enregistré, que lors d'un jour de jeûne il prêcha pendant sept heures, avec une pause à midi pour se rafraîchir. Malgré la longueur des sermons, ces réunions n'étaient pas très utiles, et il y avait un fort désir parmi beaucoup de gens pour voir quelques uns de ces Quakers qui s'étaient levés dans le nord de l'Angleterre, et dont on parlait tant.

Isabelle Butten vint à Londres au début de l'année 1654, et trouva deux frères désireux d,ouvrir leurs maisons pour tous ceux qui souhaitaient se rassembler pour adorer de cette nouvelle manière. Ce furent là les premières réunions d'Amis tenues à Londres. Isabelle était occupée un soir de Premier jour dans la cour de l'Église St Paul, à faire circuler des feuillets écrits par George Fox, lorsqu'elle fut arrêtée pour bris de Sabbat et emmenée devant le Maire. Il l'envoya elle et ses compagnons à Bridewell, parmi les abandonnés et les coupables, montrant ainsi l'esprit fanatique de l'époque.

Parmi les soixante ministres, mentionné dans un chapitre précédent comme partis du nord au service de leur Maître, il y avait deux d'entre eux, vraiment différent en âge et en caractère, mais qui étaient unis dans leur zèle pour la vérité. Il s'agissait de Francis Howgill et Edward Burrough. Tous deux venus du Yorkshire, et leur aspect simple ainsi que leur dialecte provincial ne firent d'abord pas grande impression sur les subtiles Londoniens. Toutefois, leur sagesse et leur zèle, produit un grand effet ; et, portés par une force non la leur, les fruits de leur ministère augmentait à un point tel qu'après trois mois de service plusieurs autres réunions furent établis, au côté des deux dans les maisons des frères Dring, et il était difficile d'avoir de la place à cause du nombre qui s'étaient assemblés.

Enfin un grand lieu de rencontre, connu sous le nom de Bull and Mouth, qui pouvait contenir mille personnes, fut obtenu. Ici, au milieu des querelles et des disputes, certains vantent les Quakers et d'autres les accusent d'hérésie, Edward Burrough, le plus jeune des deux évangélistes, pouvait prendre position debout sur le banc, avec une Bible dans sa main, et parler à la tumultueuse assemblée devant lui, avec tellement de puissance que tous devenaient calmes et attentifs. Tous les deux Francis Howgill et Edward Burrough ont donné leur vie pour leur religion, le dernier dans la prison de d'Appleby, où il fut emprisonné à vie ; Edward Burrough à Newgate. Après dix années de succès dans son ministère ce jeune Boanerges, comme il était appelé, fut enfermé avec une centaine d'autres dans des quartiers si étroits que plusieurs moururent de la fièvre des geôles ; l'un d'entre eux fut cet évangéliste zélé, à l'âge de vingt-huit ans.

Après m'avoir installé à l'auberge de la Sirène, le Capitaine Drury m'y laissa et alla chez le Protecteur pour lui rendre compte de ce qui me concernait. {J'écrivis un papier et lui demandai de le porter à Oliver, qui est ici comme suit :

À Oliver Cromwell par George Fox vers 1654

Cher Ami

Soyez tranquille, et tenez-vous dans le conseil de Dieu, et cela vous donnera la sagesse de sorte que vous pourrez contrecarrer les intentions des hommes [desseins égoïstes] ; et calmer les esprits des hommes ; et faire crouler les hommes sous [gouverner avec une autorité qui fait céder les hommes] ; et lever dans la puissance du Seigneur Dieu et l'autorité de l'agneau. N'ayez pas crainte de la face d'un homme, mais la crainte et la peur du Seigneur Dieu. Ainsi vous aurez Sa présence, sa sagesse, et son conseil pour jeter les ordures [la confusion] et réprimer tous les mauvais esprits sous votre domination. Craignez ceux qui vous entourent [prenez garde aux délateurs de la court]. Vivez dans la puissance et la vie du Seigneur, et alors il vous donnera la sagesse ; vous viendrez dans le sentiments de ce qui est pur, par lequel l'âme est rafraîchie. Ce sera votre délice de faire la volonté de Dieu, et ce sera votre repas et votre breuvage [nourriture et breuvage spirituel qui rassasie], alors que vous demeurez dans la pure et éternelle puissance, conseil, volonté, et sagesse de Dieu. Toutes choses seront clairs à vous, pour vous, et à vous venant du Seigneur Dieu. Dans ce que vous faites pour le Seigneur Dieu, vous aurez la paix (et la bénédiction) ; et en faisant ainsi, tous les gens sobres, sincères seront un avec vous dans tous vos travaux, vos peines, et douleurs dans le sentiment. En cela, une bénédiction venant du Seigneur viendra sur vous en grande mesure, et vous protégera alors que vous vous vivez et que vous êtes gardés par la puissance et la crainte du Seigneur Dieu des Cieux et de la Terre. Ici la sagesse ne fait pas défaut et la paix n'est pas manquante, mais la paix est appréciée, et le conseil et l'instruction du Seigneur est donné. Vous sentirez le bras d’aide et la main qui est tendu sur toutes les nations du monde. Avec cela vous arriverez à briser tous les desseins des hommes [leurs buts égoïstes], qu'ils ont pour eux-mêmes, et briser les adorations que les hommes inventent et les images qu'ils ont mis en place. Car le bras du Seigneur aide le juste ; par sa main Il porte ses agneaux ; son bras qui st tourné contre les méchants et étiré sur ses agneaux. La main du Seigneur est contre ceux qui font le mal ; sa main dans laquelle se trouve l'âme, et cette main qui apporte la paix à l'âme.

Par conséquent, vivez dans la puissance du Seigneur Dieu, et sentez sa main qui s'étire sur les nations ; car le Seigneur a une oeuvre puissante à faire dans les autres nations. Leur secousse et leurs tremblements ne font que commencer. Aussi ceci est la parole du Seigneur pour vous, et une charge pour vous de la part du Seigneur Dieu en la présence du Seigneur Dieu : vivez dans la présence du Seigneur Dieu du ciel et de la terre, qui fera trembler et secouer toutes les nations. Pour ceux qui sont hors de sa puissance et de son conseil. Et soyez fidèle à Dieu seul, sans égard pour personne, mais de l'égard pour le Seigneur et son oeuvre ; et soyez obéissant à sa volonté seulement sans poursuivre vos propre désirs. En vivant dans les pures sagesse, conseil, et instruction venant de Dieu, vous verrez les ennemis de Dieu, qui aiment hors de Sa sagesse, de sa puissance, et de son conseil ; ceux-là tombent dans leurs fosses, se piègent eux-mêmes, et craignent là où il n'y a pas de crainte, se tuent eux-mêmes avec leurs envies. La puissance du Seigneur gardera tous les méchants loin de vous, alors que vous vivez dans la puissance et que vous êtes gardés en elle. Ceci est la parole du Seigneur pour vous. Vivez dans la sagesse et dans la vie de Dieu, de sorte qu'avec elle, vous puissiez être ordonnés pour sa gloire. Soyez tranquilles et faites taire votre propre sagesse, savoir, ruse, subtilité, ou politiques qui peut s'élever en vous ; mais vous demeurez seul devant le Seigneur sans aucun dessein pour vous-mêmes. Ainsi Dieu vous bénira et vous fera prospérer dans ses voies. Vous sentirez sa bénédiction dans votre génération. Avec votre pensée demeurée sur le Seigneur, vous serez gardés dans une paix parfaite, sans aucune intention pour vous-mêmes, pour la gloire de Dieu. Là vous ne ressentirez aucun besoin, ni même un défaut, ou un abandon ; seul la présence du Dieu de vie avec vous. Car maintenant dans cet âge présent se trouve que le Seigneur amène son peuple dans la vie, de laquelle les Écritures sont issues ; dans laquelle le peuple viendra pour avoir l'unité avec Dieu, avec les Écritures, et les uns avec les autres pour l'établissement de la droiture, de la vérité, et de la paix— dans lesquels se trouve le Royaume de Dieu.

De la part d'un amoureux de votre âme et bien être éternel
George Fox }

Après m'avoir installé à l'auberge de la Sirène, le Capitaine Drury m'y laissa et alla chez le Protecteur pour lui rendre compte de ce qui me concernait. Quand il revint, il me dit que le Protecteur me demandait de prendre l'engagement de ne pas me servir d'une épée ni d'aucune autre arme charnelle contre lui ou contre le Gouvernement. Je devais formuler une déclaration par écrit en me servant des termes que je jugerais convenables. Je ne répondis pas grand chose au Capitaine Drury. Mais le lendemain, le Seigneur m'inspira d'écrire une lettre au Protecteur ayant nom Olivier Cromwell, dans laquelle je déclarais, en présence de l'Éternel Dieu que « je répudiais le port et l'usage d'une épée ou de toute autre arme matérielle, et que je ne m'en servirais jamais contre lui ni contre aucun homme. Que j'avais été envoyé par Dieu comme un témoin pour protester contre toute violence et oeuvres des ténèbres, pour faire passer les hommes des ténèbres à la lumière, d'un état de guerre et de combat à l'évangile de paix, afin qu'ils cessent d'être des malfaiteurs vivant dans la terreur des juges. » Quand j'eus achevé d'écrire ce que le Seigneur m'avait dicté, je signai mon nom et je remis le document au Capitaine Drury pour qu'il le fit parvenir à Olivier Cromwell. {Le cinquième jour du premier mois, George Fox fut mû par le Seigneur à donner ses paroles qui suivent, qui furent données à Oliver Cromwell ; et George Fox fut ensuite présenté devant lui par le Capitaine Drury.

George Fox à Oliver Cromwell 1654

Moi, qui de par le monde suit appelé George Fox, refuse de porter ou de brandir une épée charnelle contre toute personne, ou contre vous, Oliver Cromwell, ou contre tout homme ; en présence du Seigneur Dieu je le déclare (Dieu est mon témoin, par qui je suis mû de présenter ceci pour la cause de la vérité, de la part de celui que le monde appelle George Fox, qui est le fils de Dieu), qui est envoyé au monde pour être un témoin contre toute violence et contre tous les oeuvres des ténèbres ; et pour tourner le peuple des ténèbres à la lumière ; et afin de les amener de l'occasion de guerre, et de occasion de l'épée du Magistrat ; qui est une terreur pour les malfaisants, qui agissent contraire à la lumière du Seigneur Jésus Christ. Qui [ l'épée du Magistrat] est une louange pour ceux qui font le bien et qui est une protection pour ceux qui font le bien, mais pas pour ceux qui font le mal. Les soldats qui servent en tant que Magistrat ne doivent pas être de faux accusateurs, ne faire aucune violence, mais se contenter de leur salaire. Et que ce Magistrat ne porte pas son épée en vain. C'est loin de cette épée je cherche à amener mon peuple. Mes armes ne sont pas charnelles, mais spirituelles. Et mon royaume n'est pas de ce monde, [le Royaume de Christ, dans lequel Fox étant, n'est pas de ce monde]. C'est pourquoi je ne combat pas avec des armes charnelles, mais je suis mort à de telles choses par celui qui n'est pas de ce monde [Christ] ; appelé du monde par le nom de George Fox [tous dans le royaume ont un nouveau nom, qui leur est donné par Christ]. Je suis prêt à sceller ceci de mon sang, et je suis mû à écrire ceci pour la cause de la vérité. Moi, qui suis un témoin, me tient contre toute injustice et contre toute impiété ; Moi, qui est un supporter de la cause pour la semence de la droiture, attendant pour la rédemption de la semence. Moi, qui ne cherche pas une couronne qui est mortelle et ne dure pas, mais je demeure dans la lumière, qui comprend cette couronne [mortelle, qui se termine], cette lumière en est sa condamnation [aux couronnes]. Dans cette lumière je témoigne de cette couronne qui est immortelle, qui n'a pas de fin. [La lumière] de la part de celui qui est l'ami de toutes vos âmes, et [la lumière] est pour l'établissement de la droiture, et pour nettoyer le pays des malfaisants ; et elle [la lumière] est un témoin contre toutes les mauvaises inventions [les plans inventés] des hommes et des complots meurtriers. La lumière dans toutes vos consciences répond [vous dit la vérité de ces paroles écrites ] ; cette lumière ne fait aucune alliance avec la mort. À la lumière en vous tous, je m'adresse et suis clair.

George Fox
qui est du monde appelé George Fox
qui a un nom nouveau, que le monde ne connaît pas.

Nous sommes témoin de ce témoignage, nous dont les noms dans la chair * sommes appelés :
Thomas Aldam, Robert Craven}

*Ils étaient eux aussi dans le Royaume avec des noms nouveaux, non pas dans la chair, qui leur furent donnés.

Commentaires du Rédacteur de ce Site : Fox faisant référence à lui-même en tant que « le fils de Dieu » fut plus tard l'objet de controverse : mais ceci est seulement la manière dont la Bible réfère aussi. ( Rom 8:14, 1 Jean 3:2, et Phil 2:15). Si je suis l'un des cinq enfants de John Smith, et que je me décris moi-même « le fils de John Smith », ma description ne dit pas que je suis le fils exclusif de John Smith une telle logique fautive étant utilisée par les critiques de George Fox. Cromwell était un grand étudiant de la Bible ; avait-il trouvé une quelconque objection dans la déclaration de Fox ci-dessus, aurait été vraiment critique ; au lieu de cela, Cromwell eux des louanges pour la lettre de George Fox ci-dessus.

Après quelques temps le Capitaine Drury m'amena devant le Protecteur lui-même à Whitehall. C'était le matin, il n'était pas encore habillé ; un nommé Harvey, qui avait été attiré par les Amis mais qui n'était pas resté fidèle, le servait. Je fus poussé à dire en entrant : « La paix soit sur cette maison. » Je lui recommandai de demeurer dans la crainte de Dieu, afin qu'il puisse recevoir de Lui la sagesse qui le rendrait capable de gouverner pour la gloire de Dieu. Je lui parlai beaucoup de la Vérité et nous eûmes un long entretien sur la religion ; il fit preuve d'une grande modération. Il dit pourtant que nous nous querellions avec les prêtres (qu'il appelait des ministres). Je lui répondis que je ne me querellais pas avec eux, mais que c'étaient eux qui se querellaient avec moi et avec mes amis. Mais, continuai-je, si nous nous réclamons des prophètes, de Christ et des apôtres, nous ne pouvons pas soutenir des docteurs, des prophètes et des bergers semblables à ceux qui ont été dénoncés par les prophètes, et par Christ et par les apôtres ; nous devons les dénoncer à notre tour par le même Esprit et fa même puissance qui animaient Christ et ses apôtres. »Puis je lui montrai, comment les prophètes, Christ et les apôtres, avaient prêché gratuitement et qu'ils se déclaraient contre ceux qui ne prêchaient pas gratuitement ; ceux qui prêchent pour un gain honteux, prophétisent pour de l'argent, et qui prêchent pour un salaire, et qui étaient cupide et avides, comme les chiens sourds qui en ont jamais assez ; et que ceux, qui ont le même esprit que le Christ, les prophètes, et les apôtres avaient, ne pouvaient pas faire autrement que de se déclarer contre ces pratiques, comme eux alors le faisaient.

Tandis que je parlais, Cromwell dit à plusieurs reprises que cela était très bien, et que c'était la vérité.
et je lui ai dit que toute la chrétienté, (appelée ainsi), possèdent les Écritures, il leur manque la puissance et l'Esprit dont procèdent ces Écritures : voilà pourquoi ils ne sont en communion avec le Fils, ni avec le Père, ni avec les Écritures, ni les uns avec les autres. Nous échangeâmes encore bien des paroles, mais, comme des gens entraient, je me retirai un peu en arrière. Il me prit alors la main et me dit, les larmes aux yeux : « Reviens me voir chez moi, car, si toi et moi nous passions seulement une heure par jour ensemble, nous nous rapprocherions l'un de l'autre. » Il ajouta qu'il ne me voulait pas plus de mal qu'à sa propre âme. Je lui dis que s'il n'écoutait pas la voix de Dieu, et s'il ne collaborait pas avec Lui, son cœur s'endurcirait. Il reconnut que c'était vrai. Alors je sortis, et, quand le Capitaine Drury me rejoignit, il me dit que le Lord Protecteur avait déclaré que j'étais libre et pouvais aller où bon me semblait. « Et, ajouta-t-il, Monseigneur dit que vous n'êtes pas un sot, et qu'il n'a jamais de sa vie lu un message semblable à celui que vous lui avez envoyé. »

Alors on m'amena dans une grande salle où allaient dîner les gentilshommes de la garde du Protecteur. Je demandai pourquoi on m'avait amené là. On me répondit que le Protecteur avait donné l'ordre de me faire dîner avec eux. Je les priai de faire savoir au Protecteur que je n'accepterais pas un morceau de pain ni une goutte d'eau de chez lui. Quand Cromwell entendit cela, il déclara « Je vois maintenant qu'il s'est élevé un peuple que je ne pourrai pas me concilier par des présents, des honneurs, des places ou des situations, comme je puis le faire avec les représentants de toutes les sectes et de tous les partis. » À quoi on lui répondit que nous avions renoncé à tout, et qu'il n'était pas probable que nous cherchions à obtenir de lui des faveurs.

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